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Les « déceptions » sportives entre la morale des devoirs et celle des intérêts
A l'encre vive
Publié dans La Presse de Tunisie le 16 - 09 - 2010


Par Mustapha ATTIA
Est-ce que notre football a du plomb à l'aile ? On le croit, on le craint !
Et voilà qu'un débat incongru souligne une fois encore la grande pitié de tout le sport, surtout que nous avons pris l'habitude de pallier nos «échecs» sportifs de manière plutôt tendue, embourbée dans les méandres des réactions émotives, loin, très loin de l'objectivité et de la rationalité. Voici donc qu'une frénésie s'installe : on ne veut plus de «déception» sans cause punissable. Tandis que s'efface l'acceptation de «destins contraires», se répand une recherche éperdue du coupable. Et d'un excès à l'autre, l'irrationnel conduit toujours le bal.
Il est vrai que le fait de concéder les défaites devant des équipes aux moyens physiques, tactiques et techniques modestes peut être considéré comme une offense. Il est vrai aussi que certains joueurs n'ont pas rempli leurs engagements sportifs et moraux. Il n'y a pas de doute non plus que l'entraîneur national s'est laissé guider encore une fois par ses méthodes surannées et stéréotypées, ses choix techniques et humains ayant été très hésitants. Certes, une partie du public a dépassé les limites de la discipline et est allée au-delà de l'encouragement de leur équipe, ce qui a contribué à désarçonner les joueurs.
Tout cela est vrai et attesté et mérite toutes sortes de critiques, mais le fait de nous y tenir, c'est-à-dire de rester au niveau des cris, des pleurs et des accusations, signifie que la question exige autre chose, contrairement à ce que nous avions pris l'habitude de faire, surtout que le football, et le sport en général, donne à voir un monde humainement pensable, y compris quand le succès n'est pas au rendez-vous.
Entre les extrêmes, entre l'outrecuidance de «l'ambition» et l'inhibition des angoisses, il appartient aux sages d'ouvrir des voies nouvelles, d'installer raison et réflexion dans le pandémonium des foucades d'opinion chauffées à blanc par quelques médias.
Qu'on se demande, loin des considérations objectives et non objectives, pourquoi nous faisons endosser la responsabilité de ces échecs à notre bureau fédéral, à l'entraîneur national, à certains joueurs et à une partie du public ! Etaient-ils vraiment la cause du rendement lamentable de notre sélection ?
Pourquoi ne pas inverser la vapeur de notre réponse en reconnaissant que cette «piètre» prestation de notre équipe nationale, et ce qui s'en est suivi en termes de défaites et de nuls, est le reflet direct de l'état du football dans notre pays, après des années de désordre, d'arbitraire dans la direction, de mainmise de certains lobbys de l'ombre, de déchéance du dispositif de formation, de déviation du processus sportif qui s'éloigne de ses objectifs moraux et éducatifs ?
Notre championnat professionnel n'est-il pas faible et désappointé, soumis au pouvoir sans fin de quelques équipes «riches» et influentes ? Comment alors espérer produire une équipe nationale forte, disciplinée, respectable et respectée ? Dans notre football, comme dans «la ferme des animaux» de George Orwell, certains sont plus égaux que les autres, et au sein de notre championnat, dit professionnel, les budgets des clubs varient de un à sept, voire à dix. Il est vrai que l'égalité des chances fait partie de cet imaginaire démocratique du sport, mais il n'est que trop évident que cette belle utopie se trouve démentie par la réalité de notre football sur bien des points.
En plus, avons-nous parmi nos joueurs actuels quelques-uns en mesure de combler nos rêves et nos aspirations ?
Une lecture attentive du niveau des joueurs tunisiens confirmera sans ambiguïté le fait que notre football vit une crise de «virtuosité», car notre championnat actuel n'a produit finalement que des joueurs «médiocres» techniquement et mentalement, dont les aspirations maximales sont de jouer dans le championnat soudanais ou dans certains pays du Golf ! Même ceux que le destin a embarqué dans les petites équipes européennes, en Autriche, en Suisse ou en Turquie, en sont revenus gros Jean comme devant, chargés de défaites. Certains n'ont même pas retrouvé leur place dans le championnat national !
Pourquoi ne pas s'être arrêté à cette vérité en tant qu'indice du niveau réel du joueur tunisien?
C'est que l'équipe nationale n'est que le reflet du stock disponible dans notre championnat. C'est-à-dire peu de chose, qu'on le veuille ou non, et ce n'est pas avec cela qu'on pourra former une grande équipe nationale capable de disputer les premières places ou de se qualifier aux derniers tours des éliminatoires des coupes continentales ou mondiales, même si on lui donne le plus grand des entraîneurs du monde !
Soyons un brin réalistes et débarrassons-nous des sentiments qui nous ligotent et nous empêchent de voir la réalité en face ! Cessons de «prêcher la morale des intérêts en contradiction avec celle des devoirs», comme le disait Chateaubriand, car c'est de la lucidité que nous avons besoin et de rien d'autre.
N'oublions pas non plus que le football africain a beaucoup évolué, sans qu'on y prenne garde. Ainsi les équipes, qui étaient catégorisées par le passé comme «petites», ne le sont plus à présent et sont en passe de disputer leurs places aux grandes équipes traditionnelles. A l'évidence, nous vivons dans une bulle, comme si nous sommes seuls dans l'univers, sans partenaires ni concurrents. Nous n'avons dans ce cas qu'à nous débarrasser de nos anciens préjugés.
Notre football fait face actuellement à un grand défi et il est nécessaire de diagnostiquer correctement le mal afin de relever ces défis dans les plus brefs délais. Cela se rapporte essentiellement à la formation, au dépistage des joueurs doués et à leur suivi, d'un côté, et à revoir le déroulement des compétitions en les soumettant à la stricte réglementation de la concurrence loyale, loin de la loi des doubles mesures qui ont légiféré l'hégémonie de certaines équipes «riches» et a ouvert la voie à des pratiques qui dépassent le code usuel, d'un autre côté.
Il est vraiment regrettable, voire inquiétant, que notre football soit en reste dans le grand processus d'évolution que connaît notre pays dans tous les domaines. Mais il ne faut pas que le plaisir de «tirer» l'emporte grandement sur l'utilité de viser juste.


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