Par Jalel Mestiri On laisse entendre que la CAF a accepté ce changement sans prendre en considération les spécificités du football africain, encore moins les capacités des pays du continent à pouvoir accueillir une compétition qui durera plus longtemps. La phase finale de la Coupe d'Afrique des nations se déroulera désormais en fin de saison, vers les mois de mai ou juin avec 24 sélections au lieu de 16 comme c'est le cas actuellement. Cette décision aurait-elle été prise d'une manière hâtive et unilatérale ? L'absence d'un réel débat au sein de la CAF est-elle de nature à mettre en cause les nouvelles réformes engagées au nom de l'instance africaine prises lors du symposium organisé à Rabat au Maroc? Les rumeurs alimentent de plus les commentaires : ce sont les clubs européens qui auraient exigé que le calendrier de la CAN soit ainsi modifié. La phase finale de la CAN a toujours eu lieu au mois de janvier. Issa Hayatou, précédent président de la CAF (1988-2017), s'était toujours refusé à modifier le calendrier de la compétition, estimant qu'il faisait trop chaud en Afrique du Nord, trop humide en Afrique centrale et trop froid dans le sud. Cette période ne semble pas arranger les clubs européens qui se trouvent dans l'obligation de libérer leurs joueurs africains. On dit même qu'ils ont fait pression sur la FIFA et l'UEFA pour imposer ce choix à la CAF. La décision de cette dernière n'a pas tardé à se manifester: la prochaine CAN en 2019 au Cameroun aura lieu à la fin de la saison au lieu du mois de janvier. Les critiques vont encore plus loin et ont trait au nombre d'équipes qui a été revu à la hausse en passant de 16 à 24. On laisse entendre que la CAF a accepté ce changement sans prendre en considération les spécificités du football africain, encore moins les capacités des pays du continent à pouvoir accueillir une compétition qui durera plus longtemps.Les raisons qui ont motivé la prise de tels changements sont, selon les opposants à ces décisions, liées aux recettes publicitaires, générées notamment par une compétition plus longue. Cela pourrait se répercuter sur les droits de retransmission TV dans la mesure où les recettes augmenteront. Le paradoxe est pourtant là : lors de ce symposium dans lequel le patron de la chaîne qatarie BeIn Sport, Nasser Al-Khelaïfi, était présent, les droits de retransmission TV n'ont pas été évoqués notamment en ce qui concerne les dépassements de la chaîne en question qui prive les téléspectateurs de la région MENA des matches de la CAN et des compétitions interclubs. Lors de son élection-surprise à la tête de la CAF, en mars dernier, Ahmad Ahmad, le successeur de l'inamovible Issa Hayatou, s'était engagé à réformer le football continental. La réforme n'a pas attendu longtemps. Elle touche aux fondamentaux d'une compétition et d'une instance pratiquement usées par le temps. L'impératif de faire évoluer le football africain s'était, en effet, fait sentir depuis longtemps. Les dirigeants de la CAF et les têtes qui n'ont que très peu changé étaient déjà considérés comme des conservateurs en déphasage avec leur époque. Ahmad Ahmad a vite pris le contre-pied de ce qui existait déjà, de cette incapacité à évoluer. Peut-être bien à la lumière de ce qui s'était passé pour le Cameroun lors de la CAN 2017. En hiver dernier, six joueurs importants du futur champion d'Afrique avaient renoncé au tournoi, privilégiant justement leurs clubs. Le passage à 24 équipes pourrait avoir des conséquences positives quant aux pays capables d'accueillir l'épreuve. Cela impose six stades disponibles, contre quatre actuellement. La prochaine édition prévue au Cameroun va donc accueillir huit équipes de plus par rapport aux précédentes. Pour les compétitions interclubs, une retouche a été également constatée. Elle concerne le calendrier. Même s'il a été convenu de maintenir le format actuel, l'on procédera à l'avenir à un changement pour des compétitions qui devraient commencer à se dérouler d'août à mai. Autant de réformes qui sont susceptibles de conditionner l'avenir de tout le football africain...