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L'Etat-parti de retour ?
Désignation de coordinateurs nidaistes membres du gouvernement
Publié dans La Presse de Tunisie le 20 - 01 - 2018

Nida Tounès revient aux anciennes pratiques du RCD dissous. Certains de ses ministres ou secrétaires d'Etat superviseront les préparatifs des municipales 2018 et continueront à siéger au Palais de La Kasbah
Chassez le naturel, il revient au galop. Les vieilles pratiques sont faciles à réveiller, est-on tenté de dire face à la polémique survenue ces derniers jours à la suite de la décision de Nida Tounès de nommer certains membres du gouvernement en tant que coordinateurs régionaux du parti chargés de préparer les élections municipales prévues le 6 mai prochain.
En plus clair, comme à l'époque de Ben Ali, certains ministres, secrétaires d'Etat et conseillers du président de la République en exercice auront la tâche de superviser, chacun dans une région, toutes les étapes présidant à l'opération des municipales aux plans du choix des listes, de l'organisation de la campagne électorale dans les régions et aussi de la sensibilisation des électeurs afin qu'ils votent pour les listes nidaistes.
Encore plus clair, les 29 coordinateurs régionaux dont l'identité a été révélée le 8 janvier par Nida Tounès et parmi lesquels on cite notamment Hatem Ben Salem, ministre de l'Education et l'un des derniers adhérents au parti, Chokri Ben Hassine, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Environnement et des Collectivités locales, et Saïda Garrache, porte-parole officiel du président de la République, assureront le suivi des préparatifs des municipales au niveau du parti, tout en continuant à assurer leurs fonctions à la tête des départements ministériels qu'ils dirigent à l'heure actuelle.
Est-on revenu aux pratiques auxquelles recourait le RCD dissous quand il désignait des ministres membres de son bureau politique à la tête des commissions préparatoires de son congrès national et des élections législatives et présidentielle. Aussi quand ces mêmes ministres mobilisaient les moyens matériels et humains mis à la disposition de leurs ministères au profit de leurs activités partisanes ? L'on se rappelle également que toutes les potentialités des régions étaient consacrées aux campagnes électorales des listes rcdistes et que les gouverneurs, les délégués et tous les responsables régionaux se pliaient en quatre pour satisfaire les exigences des ministres lors des meetings électoraux du RCD.
Aujourd'hui, sept ans après la révolution, on croyait que l'Etat-parti a vécu et que désormais un ministre doit quitter le gouvernement quand il est désigné responsable partisan à l'occasion d'une élection quelconque, comme c'est le cas dans les pays démocratiques où on fait la part des choses et les ministres candidats ou responsables de l'opération électorale au niveau de leurs partis quittent leurs postes gouvernementaux et se consacrent uniquement aux élections.
Du côté de Nida Tounès, on perçoit les choses autrement et on va jusqu'à théoriser pour justifier les décisions du parti relatives à la nomination de coordinateurs régionaux parmi les ministres et secrétaires d'Etat en exercice.
Saïda Garrache, elle aussi nommée coordinatrice régionale à Ben Arous, considère qu'il «n'existe pas de contradiction entre activités partisanes et activités gouvernementales. Un ministre nidaiste a le droit de s'activer au sein de son parti et de lui offrir son expérience et son expertise à l'occasion des élections municipales ou législatives mais à condition de ne pas exploiter les moyens de son ministère dans ses activités partisanes et d'éviter d'exercer une pression quelconque sur les responsables régionaux pour les amener à influencer eux aussi leurs subordonnés au profit des listes qu'ils défendent».
Elle ajoute : «Il est vrai qu'à l'époque du RCD, les structures étatiques étaient à la disposition du Rassemblement dans la région et la confusion Etat-parti régnait parmi les responsables régionaux qui ne refusaient aucun caprice aux ministres rcdistes».
Selon elle, «cette fois, les choses se passeront autrement et les ministres ou secrétaires d'Etat nidaistes ne commettront pas les erreurs du passé dans le sens qu'ils maintiendront leurs départements et les cadres qui y exercent à l'écart de l'opération électorale. Autrement dit, les coordinateurs nidaistes régionaux enlèveront leur casquette gouvernementale quand ils se déplaceront dans les régions pour assurer le suivi des préparatifs du parti aux municipales».
Une crédibilité écorchée
L'approche développée par Saïda Garrache n'est pas partagée par plusieurs partis politiques et aussi par beaucoup de coordinations régionales de Nida Tounès qui refusent qu'on leur impose des coordinateurs qui n‘appartiennent même pas aux régions où ils sont désignés et que les militants de base ne connaissent pas ou encore, plus significatif, «des délégués qui n'ont pas une année d'adhésion au parti».
Comme prévu, la polémique a éclaté : Nida Tounès a-t-il transgressé la loi en procédant à ces nominations et comment peut-on l'obliger à annuler ces désignations ?
«Il est difficile de répondre à cette question puisque la loi électorale ne spécifie pas qu'un ministre en exercice n'a pas le droit d'exercer une activité partisane. Il n'y a pas également de clause l'obligeant à démissionner. Sauf que pour éviter les erreurs du passé, il est préférable de ne pas occuper à la fois un poste de responsabilité partisane et de responsabilité administrative».
D'ailleurs, l'Instance supérieure indépendante des élections (Isie) s'est trouvée dans l'impossibilité de fournir une réponse claire aux partis (Al Joumhouri, Echaâb et Bani Watani) qui l'ont interpellée, lui demandant de réagir à la décision nidaiste de nommer des coordinateurs régionaux dont des ministres en exercice.
Hier, Anis Jarbouii, membre du conseil de l'Isie, a déclaré : «La loi n'interdit à aucun membre du gouvernement de participer aux activités de son parti en rapport avec les prochaines élections municipales».
Cette déclaration montre qu'il existe bel et bien un vide juridique qui n'a été comblé ni par la loi électorale ni par la loi portant création de l'Isie elle-même.
Mais comme le vide constaté autorise toutes les interprétations possibles, l'Isie s'autorise de souffler le chaud et le froid en annonçant que son conseil de direction se réunira la semaine prochaine pour examiner la question et répondre aux plaintes que lui ont adressées Al Joumhouri, Echaâb et Bani Watani.
On se demande sur quelle base vont s'appuyer les membres de l'Isie pour rendre un avis au profit de Nida Tounès ou une décision l'obligeant à revoir la liste de ses coordinateurs régionaux.


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