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Des familles sous pression et des élèves déprimés
Kairouan — éducation
Publié dans La Presse de Tunisie le 14 - 01 - 2019

La reprise des cours après les vacances d'hiver a été perturbée par les protestations presque quotidiennes des collégiens et des lycéens du gouvernorat de Kairouan qui refusent le boycott des examens et qui appellent à ce qu'une solution définitive soit trouvée pour résoudre la crise actuelle et le bras de fer entre le ministère de tutelle et le syndicat de l'enseignement secondaire qui campent sur leurs positions, ce qui met toutes les familles sous pression.
D'ailleurs, les cours ont été suspendus dans plusieurs délégations puisque les élèves ont refusé de rejoindre les bancs de leurs institutions éducatives et ont observé des marches de protestation en sillonnant les principales avenues.
Rym S., 17 ans, inscrite en 4e lettres au lycée de Haffouz, nous confie, dans ce contexte : «Nous sommes en plein désarroi face à la passivité, l'inertie et l'indifférence du gouvernement qui ne fait rien pour stopper l'escalade provoquée par des syndicalistes qui veulent tout ou rien. J'ai l'impression que c'est la loi de la jungle puisqu'on nous menace de refaire le scénario du premier trimestre et de boycotter les examens. Est-ce normal?» Sa copine, Amel Z., renchérit : «Après tout, leurs désaccords et leurs négociations interrompues ne nous concernent pas car nous ne sommes pas les décideurs. A quand un consensus définitif? Nous en avons franchement marre d'être tes otages de syndicalistes pour lesquels tous les moyens sont bons pour satisfaire leurs revendications.
Et puis, le ministère devrait être plus diplomatique et plus souple au cours des discussions avec la Fges. En fait, je me demande pourquoi du côté de la présidence de la République, du gouvernorat et de l'ARP, on n'essaye pas d'arranger les choses et de rapprocher les points de vue des uns et des autres. J'aimerais dire à tous les responsables que la plupart des élèves veulent préserver ce qu'il y a de plus estimable en eux, à savoir la volonté d'apprendre, de réussir leurs études et de rejoindre les bancs de l'université. On aimerait que nos rapports avec nos profs se situent dans une sphère claire où ne doit se produire aucun heurt, aucun conflit. Après tout, ce sont eux, après nos parents, qui veillent sur notre parcours et qui dirigent notre formation académique et morale».
La situation n'augure rien de bon
Dans la délégation de Chrarda, les parents et les élèves en ont ras-le-bol du fait que le syndicat continue de mettre la pression sur tout le monde, ce qui risque d'aboutir à une année blanche.
Cyrine, élève en 3e année mathématiques, se confie à nous : «Ces grèves et cette ambiance anxiogène vont me laisser au cœur un ressentiment et une déception qui ne se calmeront jamais tout à fait.
Nos profs jouissent à nos yeux d'un grand prestige mais aujourd'hui, quand on les voit obéir, sans réagir, aux directives de leur syndicat, je me sens révoltée surtout que les quelques enseignants, qui ont dit non à la partie syndicale et qui ont permis à leurs élèves de passer les examens, ont été humiliés par les syndicalistes…
Personnellement, je me sens mutilée face à tant d'injustices, je me sens incomprise, seule, ce qui m'oblige à réprimer mes élans de joie et à m'enfouir dans le silence d'amères déceptions. En fait, je ne sais plus comment me situer, ni ce que je suis venue faire sur terre. Je n'ai plus de repères puisque je risque de rater mon année scolaire».
Meriem, élève en 4e sciences, nous interpelle à son tour : «Nous n'avons qu'une vie à vivre et nous voulons la réussir, personne ne nous en empêchera. Or, depuis quelques années, on subit avec impatience et amertume les menaces des uns et des autres, tels que "Pas d'examens, pas de bulletins trimestriels, pas d'évaluation". Franchement, cette fois, c'en est trop! On nous fait violence et nous nous révoltons à travers ces marches de protestation. Sinon, comment lutter? Comment comprendre que des professeurs suivent le diktat de leur syndicat mais continuent d'assurer leurs cours particuliers dans des garages de fortune et de nous demander de l'argent. Ont-ils pensé à nos parents nécessiteux qui vendent leurs bijoux et leurs biens pour pouvoir nous éduquer?».
«Si j'étais riche, je l'inscrirais dans un lycée privé»
A El Ala, les familles qui affirment vivre dans l'ère des restrictions puisque tous les produits de consommation sont soit introuvables, soit de plus en plus chers, ne comprennent pas ce jusqu'au-boutisme de la Fges qui considère ses revendications comme non négociables et qui opte pour beaucoup d'escalade: «Savent-ils ces enseignants que nos enfants sont notre unique richesse?», s'indigne Belgacem, ouvrier journalier âgé de 58 ans. «Mon fils, inscrit en 4e année, a décidé d'interrompre ses études car il ne supporte plus ce chantage qu'on lui inflige au lycée, quant à son futur examen du bac. Est-ce que je vais le battre? Est-ce que je vais le renvoyer de la maison? Je me sens perdu face à la détresse psychologique de mon fils aîné. Si j'étais riche, je l'inscrirais dans un lycée privé. Mais nous, les gens du peuple, on doit souffrir en silence…»
Son fils, Faouzi, que nous avons trouvé assis, prostré sous un olivier, a eu du mal à cacher ses larmes : «Franchement, notre avenir est livré à l'inconnu, notre moral est au plus bas et le climat général n'est plus propice à un apprentissage serein. Tant qu'il n'y a pas d'examens et d'enjeu, on est démotivé et la situation n'augure rien de bon puisque la programmation des devoirs de contrôle et de synthèse va tomber à l'eau. Comment allons-nous travailler en sachant d'avance que nos efforts ne seront pas évalués ? Personnellement, je me sens de plus en plus déprimé et je n'ai plus aucun désir, aucune ambition. Moi qui étais parmi les premiers de la classe, mon esprit était toujours en alerte. J'ignorais les torpeurs, les somnolences, les fuites, les échecs, les fraudes. Mais aujourd'hui, je ressemble à un enfant qu'on aurait abandonné, seul, au milieu du désert...».
Quant à Ali, 50 ans, fellah à Chebika, père de 5 enfants, il exprime sa révolte en voulant que tous les responsables de cette escalade lui remboursent tous les frais occasionnés par la rentrée scolaire 2018-2019 pour subvenir à trois de ses enfants encore scolarisés: «Figurez-vous que j'ai dû vendre trois moutons et que j'ai dû aussi emprunter de l'argent pour pouvoir acheter les fournitures scolaires, les tabliers, les chaussures et les manuels à mes enfants. D'ailleurs, je dois encore de l'argent au libraire du centre-ville. Alors, Monsieur Yaâcoubi, allez payer mes créances, ou bien si vous voulez avoir un poste politique, quittez le syndicat et entrez dans l'opposition. Vous ne pouvez pas exercer deux pouvoirs, syndicaliste et militant politique à la fois ! C'est trop pour vous !».


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