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L'Irak ou la machine à remonter le temps
Chronique du temps qui passe
Publié dans La Presse de Tunisie le 08 - 04 - 2010


Par Hmida Ben Romdhane En observant la situation en Irak, on a l'impression d'avoir emprunté une machine à remonter le temps et de s'être retrouvé en 2005. A l'époque, des élections législatives avaient eu lieu, Bush & Co. avaient applaudi «la victoire de la démocratie», et, petit à petit, l'Irak avait sombré dans une orgie de violence insensée qui, dans les années 2006 et 2007, les plus sanglantes de l'histoire moderne du pays, faisait jusqu'à trois mille morts par mois. L'an 2010 s'avèrera-t-il le sosie sanglant de 2005? Les signes qui le confirment sont nettement plus évidents que ceux qui l'infirment. Aujourd'hui, comme il y a cinq ans, les Irakiens ont voté, mais le scrutin a causé plus de problèmes qu'il n'en a résolu. Aujourd'hui, comme il y a cinq ans, les politiciens s'entredéchirent pour s'emparer du pouvoir. Aujourd'hui, comme il y a cinq ans, les insurgés s'engouffrent dans le vide politique causé par les chamailleries politiciennes. Aujourd'hui, comme il y a cinq ans, l'après-scrutin s'avère particulièrement sanglant et ce sont toujours les civils qui payent le prix fort. Au lendemain des élections de 2005, les insurgés avaient réussi à déclencher une guerre ethnique en s'attaquant aux lieux saints des Irakiens chiites pour amener ceux-ci à réagir contre leurs concitoyens sunnites, et leur projet de dérailler le processus politique avait réussi dans une très large mesure. Après les élections du 7 mars dernier, le processus politique est de nouveau sur les rails et les mêmes forces qui l'avaient déraillé il y a cinq ans s'appliquent à le dérailler encore une fois aujourd'hui. Aujourd'hui, les insurgés sont en train de franchir un nouveau pas, un pas qualitatif, si l'on peut dire, dans l'horreur. Ils viennent d'inventer un nouveau procédé par lequel ils portent la terreur dans l'unique endroit où le citoyen irakien se sentait en sécurité: son domicile. Ce procédé inédit consiste à louer un appartement dans un immeuble, le bourrer d'explosifs et faire sauter toute la bâtisse sur la tête de ses habitants. C'est ce qui s'est passé le mardi 6 avril dans une série de quartiers de Bagdad où des dizaines de citoyens se sont soudainement trouvés sous les décombres de l'appartement qu'ils occupaient quelques secondes plus tôt. Quelques jours plus tôt, des terroristes, déguisés en uniformes irakiens et américains, avaient attaqué des domiciles d'Irakiens, massacrant hommes, femmes et enfants. Bien qu'il n'y ait aucune revendication ni preuve formelle sur l'identité des criminels, tout porte à croire que la signature est celle d'Al Qaïda. Etouffée financièrement, traquée militairement dans le monde entier, cette organisation qui semble prise de folie meurtrière est la seule qui n'éprouve absolument aucun scrupule à s'en prendre aux civils innocents et à leur porter la mort et la terreur jusqu'à chez eux ou à l'endroit de leur travail. Quand, le 11 septembre 2001, cette organisation a tué 3.000 personnes en quelques minutes, son chef Ousama Ben Laden avait déclaré l'attaque «licite» et cette mort massive «justifiée» par le fait que les victimes avaient participé à l'élection du gouvernement américain et payaient les impôts qui finançaient l'action de ce gouvernement… C'est sans doute la même logique et le même raisonnement qui déterminent l'action d'Al Qaïda en Irak et ses attaques insensées contre les civils irakiens. Ceux-ci abhorrent cette organisation qui n'a rien d'autre à proposer que la destruction, la mort et la terreur. La dernière preuve du mépris dans lequel les Irakiens tiennent cette organisation terroriste est visible dans la participation aux élections du 7 mars dernier, en dépit des menaces des terroristes de tuer quiconque s'approcherait d'un bureau de vote. Ici, le contraste est clair entre le sens de responsabilité des citoyens irakiens qui, le 7 mars dernier, ont donné un coup dur aux terroristes d'Al Qaïda en se rendant aux urnes au prix de leur vie, et l'irresponsabilité de leur classe politique qui, en mettant en avant l'intérêt personnel avant celui du pays, en bloquant la formation d'un gouvernement d'union, mettent en danger la vie de leurs citoyens. Car, ceux qui ne se contentent plus de faire exploser les voitures piégées dans les rues de l'Irak, mais de détruire les maisons sur la tête de leurs habitants, sont en train de s'engouffrer chaque jour un peu plus dans le vide politique tragique engendré par les chamailleries politiciennes des chefs de file des courants politiques irakiens. Il est pour le moins étrange que, après sept ans d'horreur, de mort et de destruction, les politiciens irakiens n'arrivent toujours pas à intérioriser l'idée que la stabilité de l'Irak et la sécurité des ses citoyens passent avant les ambitions personnelles d'un Nouri Al-Maliki ou d'un Iyad Allaoui, pour ne citer que ces deux principaux prétendants au pouvoir. Certes, les interférences étrangères n'arrangent pas les choses, mais un sursaut nationaliste de la part de la classe politique à Bagdad pourrait ouvrir de nouveaux horizons pour le pays et réengager le processus de prise de décision dans un cadre irako-irakien. Surtout que ceux par qui tout ce malheur est arrivé ne demandent plus qu'une chose: quitter au plus vite l'Irak. Le départ des troupes de combat américaines, prévu le 31 août prochain, sera un grand pas dans le sens de l'appropriation par les Irakiens du processus de prise de décision. Encore faut-il qu'Al Qaïda, qui se verra dépouiller du principal élément sur lequel elle a bâti sa propagande et justifié son activisme, ne remette pas en cause ce départ en semant l'anarchie à travers des actions terroristes d'envergure. Mais les politiciens irakiens absorbés par leurs querelles et consumés par leurs ambitions personnelles sont-ils conscients de ce danger?

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