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La page noire de l'Inquisition
Lu pour vous La prostituée de Babylone de M'hamed Dallagi

Philippe III, vrai catholique, roi des Espagnes, dirige le royaume ; les musulmans qui avaient apostasié sont accusés de crime contre la République, ils furent transférés dans les provinces d'Afrique, de France et d'Italie. Cette mémorable expulsion se fit entre le mois d'octobre de l'an 1609 et le mois de septembre 1610, les expulsés sont au nombre d'environ cinq cent mille…  Le pays est habité par des Chrétiens, une minorité de marranes ou Juifs convertis, de Morisques, accusés de gangréner la société vieille-chrétienne, l'Etat et même l'Eglise, et de gitans, race accusée de tous les vices et victimes expiatoires.
Beaucoup de romans, d'essais ont eu pour cadre cette noire période de l'Inquisition; M'hamed Dallagi, auteur du roman La prostituée de Babylone, campe ses personnages dans ce siècle mouvementé, dans ce pays où la religion catholique est commandée par des petits seigneurs avides de richesse, des religieux franciscains ou dominicains et les inquisiteurs arracheurs d'aveux.
Le décor est planté, le ton du roman est donné, sentencieux, fouillé, foisonnant d'intrigues, de personnages hauts en couleur et de situations étranges; les rues sont dangereuses, les tavernes malfamées, les buveurs bagarreurs, des soldats avec mousquets. L'Edit d'expulsion des Morisques (1609) promulgué, les capitaines et leurs soldats commencent par Valence, ville qui comptait une importante communauté, suivie de Taffas. On brûle sur la place publique, les personnages défilent, on rencontre dans une librairie Miguel Cervantès qui est à la littérature ce que Platon est à la philosophie, Phidias à la sculpture et Euclide à la géométrie, un maître, un génie, un démiurge, on le perd pour le retrouver plus tard à Avila, armé d'une sarbacane munie de fléchettes empoisonnées destinée à Juan Blanco, l'Inquisiteur qui va brûler Préciosa, une gitane habitée par le diable, et les dates authentiques. On plonge dans l'aventure, non sans plaisir.
Andalousie, hiver 1605,  Serra Calderona, ainsi commence l'aventure de Rodrigo, issu d'une famille de lettrés, promis à un brillant avenir. L'épidémie de la peste emporta sa famille, et l'orphelin, contrarié par les vicissitudes de la vie, devint hère errant, écrivaillon plagiaire du second tome de Don Quichotte de la Mancha de Cervantès. Il a pour compagnon Ramon, né dans une roulotte d'une mère adultère et d'un gitan aux cheveux blonds. A deux, ils forment un couple uni contre les fréquents dangers, partageant la nourriture, l'alcool et les femmes, ils sont transporteurs de livres pour le compte d'un libraire et traversent le roman de bout en bout. Ce qui nous vaut un voyage hallucinant qui s'étale sur XXVII chapitres palpitants où s'éploie l'imagination de l'auteur, avec des détails précis, des descriptions géographiques des villes. De Séville à Madrid ou de Cordoue à Jerez, on découvre des églises, des clochers, des quartiers où sévit le monde infâme de la sorcellerie, des tavernes miteuses , des boissons de l'époque, l'atrocité de l'Inquisition avec les détails qu'il faut, les livres secrets, une copie du Jugement dernier de Michel Ange commentée, des embrouilles dans des maisons populaires, des intrigues dans les églises, la délation et les interrogatoires, la potence en place publique, les bourreaux et les victimes accusées d'hérésie.
On lit, on prend la route des villages, on apprécie les paysages et les mœurs de l'époque, les descriptions de M'Hamed Dallagi sont illustrées, quasi cinématographiques. Grand-père bibliothécaire à la Grande Mosquée Zitouna et père directeur des Archives nationales, il est bien documenté, il sait tout de cette période, dates, devises, citations latines , vision du monde, dialogues, il nous rapporte les faits et gestes avec les détails qu'il faut. Un premier roman historique captivant, à l'écriture qui glisse, un brin grandiloquente, des adjectifs en grappe assomment par moments, exemple : page 15, la Gitane est exceptionnelle, la jupe bariolée, la croupe arrogante, débordante, les formes exubérantes, le galbe ravissant et délicat, etc. Rappelons le point de vue de Paul Claudel : «La crainte de l'adjectif est le commencement du style». Dallagi y va généreusement pour enrichir ses situations, embaumer ses personnages, on lui pardonne, le genre attire les adjectifs. Les substantifs jouent des coudes aussi, les «subitement, résolument, exceptionnellement, etc» sont légion. Enrichissent-ils le roman ? On attend le prochain roman avec curiosité.


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