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"La Fédération doit servir de locomotive du foot"
Entretien avec Tarak Dhiab, candidat à la présidence de la FTF
Publié dans La Presse de Tunisie le 26 - 09 - 2011

Tarak Dhiab part à l'assaut de la présidence de la Fédération tunisienne de football (FTF). Le seul joueur tunisien à avoir remporté le fameux Ballon d'Or africain, en 1977, veut communiquer un projet qui s'appuie sur la primauté de la loi dans les rapports entre les clubs, la priorité au travail chez les jeunes et la relève, mais aussi un coup de neuf à donner à l'infrastructure, obsolète et anachronique.
Vous briguez la présidence de la Fédération tunisienne de football.Qu'est-ce qui a motivé votre décision? Et pourquoi maintenant?
Une telle décision ne peut être que l'aboutissement de mon long parcours : AS Ariana, Espérance ST et Equipe de Tunisie. Après la révolution, d'ailleurs, toutes les conditions étaient réunies pour un tel aboutissement. Rappelez-vous : il n' y a pas longtemps,un président fédéral était avalisé par n'importe qui. La compétence et la transparence n'étaient pas des critères fondamentaux. Il devait répondre au profil de quelqu'un d'obéissant, docile et qui s'accommode fort bien que l'on pense pour lui. Franchement, ces conditions-là, je ne les remplissais pas. Fort heureusement d'ailleurs car je serais devenu malheureux dans un tel contexte. Je sais dire non lorsqu'il faut, refuser des conditions avilissantes.Le diktat. La tutelle. Je n'ai pas le profil de leur compromis.
Justement, que comptez-vous changer et quels sont les axes de votre stratégie de travail?
Les erreurs du passé —et elles étaient nombreuses— ne doivent plus se répéter. Jadis, un ministre n'avait pas les pleins pouvoirs: il était le prisonnier de plus fort que lui. Alors, que dire du président de la fédération? Maintenant, on peut travailler en toute indépendance sur un projet cohérent , selon les moyens offerts bien entendu. La FTF doit devenir la locomotive du foot national. Elle doit être replacée au centre du débat en regagnant sa crédibilité par le seul moyen de l'application rigoureuse des lois. Chaque club doit y trouver son compte sans diktat venant de quiconque.
Améliorer la qualité de l'arbitrage, une Direction technique nationale forte, de nouvelles sources de financement à trouver et, surtout, améliorer l'infrastructure sportive partant du constat que celle-ci représente le plus gros handicap. Nous comptons tout juste deux ou trois stades valables répondant aux standards internationaux. C'est trop peu. Nous ferons le tour de Tunisie pour dresser l'état des lieux, notamment dans les petits clubs.
Il faut améliorer les conditions de travail des jeunes. Ceux-ci constitueront mon cheval de bataille.Il est inadmissible qu'ils continuent de travailler sur une moitié ou même un quart de terrain dans des conditions lamentables. Les recettes du Promosport peuvent ainsi aider à trouver une solution au problème de l'infrastructure. Les clubs formateurs auront la priorité. Il faut vraiment ouvrir le débat sur l'infrastructure, sur ces stades dotés de ce qui ressemble à du gazon. Il faut aller filmer les jeunes s'entraîner dans des conditions caricaturales. Pour saisir les tenants et aboutissants de l'énorme retard qu'accuse notre football,il faut récupérer l'argent du Promosport détourné au bénéfice du Palais. Il faut également concevoir des idées neuves pour drainer de l'argent. Les droits TV, vous ne pouvez peut-être pas tirer de meilleures recettes compte tenu du produit proposé, de qualité médiocre. Quinze ans de professionnalisme , il faut en établir sérieusement le bilan. Je suis de ceux qui pensent que l'instauration de ce régime a été hâtive, prématurée, précipitée. Un système bâtard tel un gosse qui ignore qui sont ses parents.
Ma responsabilité en tant que président fédéral m'impose de ne pas laisser des clubs sans le sou. Voyez les tracas auxquels est confronté El Gaouafel de Gafsa chaque année.
Votre liste électorale a-t-elle été arrêtée?
Cela se fait progressivement. Ces jours-ci, par exemple, j'ai des contacts avec Zoubeïr Beya pour l'inviter à nous rejoindre. Notre équipe se compose déjà de Tarak Hammami, l'ancienne cheville ouvrière de la Ligue nationale professionnelle (Lnfp), Habib Ben Aïssa, l'ancien président de la Commission d'appel de la FTF, Faouzi Gtari, ancien président d'El Gaouafel Gafsa, Mokhtar Nefzi, ancien président de l'Olympique de Béja, Khaled Bouzgarrou, ancien vice-président de l'Union Sportive Monastirienne, Mehdi Miled, ancien vice-président du Club Africain chargé du football. Ce dernier, j'en suis convaincu,sera un jour un grand dirigeant. Toutes les régions doivent être représentées. Mais surtout la primauté doit être donnée à la loi. Il faut transcender les rivalités et les intérêts. Grands ou petits, tous les clubs seront traités sur un pied d'égalité.
Au moment de la répartition des tâches, il vous faudra mettre l'homme qu'il faut à la place qu'il faut...
Oui, nous avons un excellent juriste (Habib Ben Aïssa), un bon gestionnaire qui vient du Kef, Lotfi Khemiri pour l'arbitrage où il possède une belle expérience. Mrad Mahjoub sera le Directeur technique national. Quelqu'un d'expérience et qui a beaucoup donné au football tunisien.Il y aura deux anciens internationaux, Radhi Jaidi et Jawhar Mnari, pour encadrer et accompagner la sélection Nationale A.
Votre modèle de patron fédéral?
Incontestablement, feu Abdelhamid Echeikh. Un dirigeant de grande probité morale et de poigne.Il a également eu la chance de travailler avec des dirigeants de grande carrure.
Comptez-vous garder le sélectionneur actuel, Sami Trabelsi?
Il restera dans la direction nationale technique.Mais pour ce qui est du poste de sélectionneur, j'envisage d'engager un technicien étranger. Je n'ai aucun a priori sur ce sujet. Il nous faut un sélectionneur d'envergure, quitte à y mettre le prix. Ce qui ne signifie guère que Trabelsi ne fait pas du bon travail. Il est jeune et a tout le temps pour progresser et apprendre.
La fédération a longtemps été l'otage des clubs, surtout les grands. Vous sentez-vous capable de changer le cours des événements?
La fédération est une locomotive. Et à ce titre, elle doit trouver et créer le consensus entre les grands clubs. Une fédération forte est capable de rapprocher les clubs les uns des autres, de leur rappeler que leur rivalité, cela ne doit pas aller au-delà des 90 minutes de jeu. L'Amicale des présidents des clubs doit jouer pleinement son rôle. Elle ne doit pas se contenter de se réunir uniquement pour résoudre les problèmes en suspens.
Il faut réhabiliter l'esprit fraternel d'antan. Pourquoi l'Espérance ne jouerait-elle pas en amical contre l'Etoile? Pourquoi ne pas rallumer la flamme du tournoi maghrébin La Presse qui réunissait chaque avant-saison le Club Africain et l'Espérance?
Vous êtes consultant à Al Jazeera, et cela n'est pas sans vous prendre un temps fou. Comment allez-vous pouvoir vous en tirer, surtout les week-ends lorsque vous partez commenter le championnat d'Espagne?
Je vais continuer à exercer mes fonctions de consultant d'Al Jazeera. Cela ne peut point gêner mon exercice fédéral. D'abord, un président fédéral ne prend jamais la décision tout seul. Ensuite, je ne vois pas en quoi ma présence le week-end sera indispensable. Nous sommes douze à travailler au sein du Bureau. Les responsabilités seront partagées. Et les règlement rigoureusement appliqués. Malheureusement, cet élément a été instrumentalisé par certaines gens de mauvaise foi. Au final, je ne peux pas intervenir partout, pour tout et pour rien. Ce n'est en tout cas pas mon style.
Que vous a apporté votre exercice avec Al Jazeera?
Beaucoup de choses : la faculté de procéder à des analyses plus objectives, de ne pas se fier à la première impression, la possibilité de connaître des gens très intéressants, de comparer les championnats et les systèmes de jeu...
Les critiques fusent de partout. Tous les coups seraient-ils permis dans la course à la FTF?
Non, il faut respecter un certain code de conduite.Je n'ai personnellement aucun problème avec mes rivaux. Nous essayerons,mon équipe et moi, d'appliquer un projet pour notre football. Notre sport a besoin d'une révolution.Seul le secteur sportif n'a pas su se débarrasser des anachronismes. Il est confiné dans le carcan de la pensée unique. Je ne prétends pas pouvoir mener cette révolution du sport à moi tout seul. C'est toute la famille sportive qui s'y emploie.
Les gens qui pêchent dans des eaux troubles, je les avertis. Je n'ai jamais manqué de respect à quiconque. Ne soyons pas stupides dans une compétition qui doit rester sportive! J'ai toujours témoigné de respect envers les autres. Surtout les plus vieux. Vous savez, la première chose que je ferai en décembre prochain au cas où ma liste sera élue, c'est de réunir la grande famille du football pour honorer certaines figures marquantes (anciens dirigeants, entraîneurs, joueurs, journalistes...). Le premier d'entre toutes ces gens, ce sera Azouz Lasram, l'ancien président du Club Africain. Un grand Monsieur qui tant donné au sport.
La violence gagne du terrain. Quels remèdes pourriez-vous apporter dans la lutte contre ce fléau?
La majorité silencieuse doit se manifester et aider dans ce combat. Il faut se montrer ferme et mettre les parents devant leurs responsabilités. Souvent, ce sont des tout jeunes de moins de vingt ans qui se trouvent derrière ces dérives. Que leur équipe gagne ou perde comme cela a été démontré par les publics de l'EST et du CA en coupe d'Afrique.
Je ne suis pas insensible à cette grave menace. Si le football reprend sans public, à huis clos, je renoncerai à briguer la présidence fédérale.
Quel regard jetteriez-vous aujourd'hui sur l'Espérance de Tunis, le club où vous avez vécu vos moments de gloire?
Hamdi Meddeb s'est représenté. Maâloul assure son boulot correctement. On ne change pas une équipe qui gagne. Bien sûr, on peut toujours faire mieux.L'équipe aurait pu engranger 16 points en phase de poules et se qualifier beaucoup plus facilement.
Enfin des réponses en bref : votre joueur préféré en Tunisie et dans le monde?
Beaucoup de joueurs en Tunisie : Agrebi, Temime, Attouga, Chaibi...Cruyff et Maradona à l'étranger. Actuellement, incontestablement Messi.
Vos clubs préférés?
En Tunisie, l'Espérance. C'est du reste cet amour qui m'a empêché de faire carrière d'entraîneur car je ne me vois pas sur le banc d'un autre club que celui «sang et or». Pourtant, j'étais peut-être prédestiné à cette reconversion. Malgré tout, savez-vous que je suis stadiste avant tout. Mon oncle, stadiste pure souche, m'emmenait tout jeune suivre les exploits des Kerrit, Cherif, Abdallah...Et c'est comme cela que j'ai aimé au départ le club du Bardo.
Votre meilleur souvenir?
La victoire (3-1) contre le Mexique au Mondial mexicain. Ce succès a complètement changé le cours de l'histoire du foot arabe et africain.
Et le plus mauvais?
Il y en a beaucoup. Mais si je ne retiens aucun en particulier, c'est parce que je sais me relever et rebondir.
Le meilleur entraîneur?
Hmid Dhib et Anton Piechniczek, en Tunisie. Alex Ferguson à l'étranger. Si j'ai continué à jouer jusqu'à l'âge de 36 ans, c'est parce que Tony a su me maintenir en forme. Amarildo, lui, était un bon animateur de groupe.
Votre devise dans la vie?
La dignité avant toute chose.


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