Samsung Zero Trust : Leader dans le domaine de la sécurité mobile pour les entreprises    Hyundai Tunisie organise la troisième édition de l'initiative solidaire 'Couffin du Ramadan'    Ministère de la Santé : le vaccin dTCa devient obligatoire pour les femmes enceintes    Un photographe suspecté d'agression sur un enfant dans un jardin d'enfants    Météo en Tunisie : temps partiellement nuageux sur l'ensemble du pays    Logement social : quand pourra-t-on s'inscrire au programme «Location-Vente» ?    Perturbations climatiques : le Ramadan pourrait ramener vents et pluies fortes    La Douane tunisienne lance un nouveau système d'information d'ici fin 2026    Tunisie en liesse à Dubaï : nos héros paralympiques enchaînent l'or et l'argent    La pratique enseignante pour l'éducation scientifique et le paradoxe de «l'innovation sans changement»    Moez Echargui brille à Pau et vise les demi-finales !    Epson Atmix annonce une nouvelle unité de production de poudres d'alliages amorphes    Casa Tarab, les Nuits musicales du Ramadan 2026, reviennent dans une 5ème édition au Théâtre Cléopâtre à Gammarth    Offre Saint-Valentin: 40 % de réduction sur vos vols nouvelair    Inflation de 4.8%, déficit courant de de -4.350 MDT et taux directeur de la Banque Centrale de Tunisie inchangé à 7,00%    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    Météo Tunisie : vents violents jusqu'à 100 km/h et pluies orageuses    Tunisie lance un appel d'offres international pour 50 000 tonnes d'orge    Du donnant-donnant en milieu académique: entre coopération éthique et dérive clientéliste    Fierté tunisienne : Ridha Mami ouvre un département arabe et islamique au Mexique    Décès de Boubaker Ben Jerad, une figure majeure du football tunisien    Le diplomate tunisien Mohamed Ben Youssef nommé à la tête de l'Institut culturel Afro-arabe    Raoua Tlili et Yassine Gharbi remportent 2 médailles d'argent aux Championnats internationaux de Fazza de para-athlétisme 2026    La danse contemporaine à l'honneur au Festival des Premières Chorégraphiques à Tunis et Sfax (Programme))    Météo en Tunisie : temps nuageux, chutes de pluies éparses    Elyes Ghariani - La doctrine Donroe: le retour brutal de l'hégémonie américaine    Changement à la tête de l'ITES : Kaïs Saïed démet le directeur général    Sous la surface: un voyage dans les abysses, royaume de la pression    L'ambassadeur Mondher Mami est décédé    La Galerie Saladin propose l'exposition Les 12 Art'pôtres de Carthage    Les taekwondoistes tunisiens dominent le classement de la Coupe arabe juniors avec 8 médailles    Décès du Dr Badri Mimouna après une répétition théâtrale    Magna Mater: La Grande Déesse de retour à Zama (Album photos)    L'Université de Tunis El Manar et l'Université japonaise d'Hiroshima signent un accord de coopération    Mondher Msakni: L'orfèvre    Israël intensifie sa politique d'annexion et de colonisation en Cisjordanie    Un pays arabe bloque Roblox pour protéger les enfants    Le pamplemousse ou pomélo en Tunisie : un trésor nutritionnel et culinaire souvent ignoré    La Tunisie à Ajaccio et à Bordeaux    Salon national des arts plastiques: des talents à promouvoir (Album photos)    Etude de cas - Venezuela: Anatomie d'une opération spéciale, l«Absolute resolve»    Ramadan 1447 en Arabie Saoudite : voici quand débutera le jeûne et l'Aïd al-Fitr    Le Conseil européen de la fatwa fixe la date du début du Ramadan    Nizar Chakroun fait rayonner la littérature tunisienne avec le Prix Naguib Mahfouz    Trump 2.0: l'avènement de l'Etat-entreprise et la recomposition de l'ordre mondial    Sidi Bou Saïd menacée par les glissements : comment protéger la colline ?    ATMEDIA lance la première session de formation sur l'intelligence artificielle pour les journalistes    Secousse tellurique en Tunisie, au nord de Béja ressentie par les habitants    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Parole de sceptiques
Contrepoint
Publié dans La Presse de Tunisie le 29 - 11 - 2011


Par Khaled TEBOURBI
«Vous soulevez des montagnes d'un rien, et vous répandez le pessimisme dans le pays…». Celui qui parle est un jeune cadre d'Ennahdha. C'était l'autre soir sur «Hannibal TV». Le «vous» ciblait les médias. Ceux de «l'ancien système», a-t-il été précisé.
Pour vive, trop vive, la réaction se comprend. On en a peut-être un peu rajouté, ces derniers temps, à l'encontre du parti de M. Rached Ghannouchi. Les vainqueurs de la Constituante «donnent envie», c'est vrai.
Reste qu'il y a réponse à cela.
Commençons par cette allusion à «l'ancien système». Nos médias, les publics en premier lieu, étaient bien «apparentés» au pouvoir sous Bourguiba et sous Ben Ali. A l'époque, toutefois, on les menait à la trique. Mais là, après un certain 14 janvier 2011, force est de reconnaître que le journalisme a largement pris ses distances. Le gros lot, maintenant, les centaines et centaines jadis réduits au silence font de leur mieux pour honorer la liberté retrouvée. Et même si de vieux réflexes persistent, même si des maladresses se constatent ici ou là, les intentions sont sincères et le ralliement à la révolution démocratique ne souffre plus d'équivoque.
Ce qu'il y a, et c'est ce qui incommode sans doute nos amis nahdhaouis, c'est que ces médias au long parcours et au background culturel différent, n'ont ni les mêmes idées ni les mêmes expériences qu'eux, et pas forcément la même vision de la politique et de la religion.
En fait, la Tunisie entière est taillée de la sorte. Les dernières élections l'ont clairement prouvé : elle a ses islamistes, ses gauchistes, elle a sa droite et son centre, son avant-garde militante et son arrière-garde nostalgique, sa jeunesse rebelle et sa majorité silencieuse ; elle a, immanquablement, ses médias «à l'ancienne» et son journalisme new-look.
Une mosaïque, nul n'y peut. Pas même une majorité élue. Et c'est, du reste, à l'avantage de tout le monde. Au lieu de se rejeter les torts et d'entretenir les suspicions, on devrait, au contraire, chercher à mettre à profit ce beau capital de diversité. Demain, peut-être, il y aura alternance, la majorité peut changer de camp. Ce qui paraît, pour l'heure, «polémique malveillante», critique injuste ou excessive, «acharnement partisan» peut s'avérer plus tard procédé de bonne guerre. Les mécontents d'aujourd'hui nous diront alors s'il leur déplaira toujours que l'on «soulève des montagnes d'un rien».
On répercute, c'est tout !
Nos médias abusent-ils, par ailleurs, de pessimisme?
Faux. Ils sont sceptiques, ni plus ni moins. E l'on doit leur concéder qu'ils ont de bonnes raisons de l'être.
Une toute première était que les 40% de suffrages pour un parti islamiste avaient agi comme une onde de choc. Inattendu malgré toutes les prévisions. Cela préfigurait du passage d'un modèle de société à un autre, peut-être même d'une culture à son opposée. Un basculement de l'ordre d'un demi-siècle. De vieux concepts ont ressurgi, d'autres valeurs sont mises en exergue. Au surplus, la population est partagée. Moment de doute, d'interrogation, de crainte face à l'inconnu. Les médias l'ont répercuté, c'est tout !
Il y a eu aussi des «effets d'annonce» pas spécialement heureux. Que fallait-il faire ? Passer outre ou avertir et prévenir ? Qu'aurait-on pensé de ces mêmes médias s'ils n'avaient ébruité les «dérives sémantiques» à propos de la femme, de la liberté d'expression… du «califat» ?
Il y a enfin la terrible actualité récente : Gabès, Kasserine, Gafsa, Oum Laraïess, Md'hilla. Alors que les élus du peuple se concertent sur l'organisation des pouvoirs et des ministères à pourvoir, le pays profond flambe et la contestation s'élève de toutes parts. Télés, journaux, radios sont, naturellement, à pied d'œuvre. Ils rapportent l'info telle qu'elle est, fût-elle cruelle. Rapporter l'info, est-ce souffler «un mauvais vent»? Est-ce répandre le pessimisme et la morosité dans le pays ?
Il faut savoir ce qu'on veut!
Dhikra, «in memoriam»
On était un grand cercle d'amis de Dhikra Mohamed, ce week-end, à commémorer sa douloureuse disparition voilà déjà huit longues années. C'était une fin de novembre 2003, exceptionnellement ensoleillée. La nouvelle avait tout assombri. Nous en portons le deuil à jamais. «Jamais» est le mot qui convient à la perte d'une artiste du talent et de la dimension de Dhikra. Plus que la personne, fidèle, généreuse, prodigue qui ne reconnaissait que le bonheur en toute chose, ce qui est irrémédiablement perdu pour nous tous, pour la musique et les publics arabes, c'est une voix à nulle autre pareille, toutes époques confondues, c'est un chant incomparable interrompu en pleine ascension, alors qu'il venait, à peine, de dévoiler l'étendue de son génie.
Le deuil qui ne décroche guère est tout entier dans ce manque qui ne sera plus comblé, plus remplacé.
On revient à chaque fois à ces propos de Warda, à laquelle on demandait un jour son avis sur la jeune chanteuse fraîchement émigrée en Egypte : «J'ai peut-être beaucoup à lui apprendre sur la vie — avait répondu la grande cantatrice—, mais dans l'art elle a déjà tout appris…»


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.