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A pour Affaires étrangères
Post-scriptum
Publié dans La Presse de Tunisie le 16 - 02 - 2012


Par Yassine Essid
On a tort de reprocher injustement au gouvernement son incompétence, ou d'ironiser sur ses hésitations en matière de politique économique et sociale, alors qu'existent bien des secteurs qui échappent à cette généralisation et dans lesquels il a su agir avec célérité et détermination. Tenez, prenons par exemple la décision, tout à fait spectaculaire, d'expulser l'ambassadeur de Syrie à Tunis. Il y aurait là quelques motifs d'absoudre le pouvoir de tout péché d'indolence et de se réjouir des changements importants qui se profilent ainsi dans la sphère des relations internationales. La décision prise par le président de la République, relayée par toutes les instances gouvernementales, annonce bien une rupture importante avec les fondamentaux de notre politique étrangère. Il y aurait donc là matière à réflexion quant à la nature de cette nouvelle diplomatie et les raisons d'une telle décision. Domaine réservé du chef de l'Etat, la politique étrangère tunisienne s'était inscrite dès le départ dans un modèle dénué de toute sophistication, tout en ne négligeant aucune occasion susceptible de nous faire accepter comme partenaire authentique et souverain dans le concert des nations. Elle fut pour cette raison marquée par une certaine retenue, qui est à la stricte mesure des nécessités et des faibles possibilités d'intervention du pays. Privilégiant la modernisation de la société par-dessus tous les projets utopiques et tous les mythes révolutionnaires qui agitaient alors la région, la Tunisie a réussi à poursuivre son bonhomme de chemin malgré les crises et les tensions. Sous Bourguiba, la diplomatie fut surtout habitée par le besoin de donner au monde une image aussi positive que possible, promotionnelle même du pays, ne consacrant, il faut le reconnaître, qu'une attention minime aux rares interférences de l'opinion publique. L'héritage laissé fut important. Toute une conception des relations étrangères est restée déterminée par la diplomatie bourguibienne. Les dérives antidémocratiques du régime de Ben Ali et de son parti, fortement discrédités sur le plan international, avaient transformé la représentation à l'étranger en une annexe de la sûreté de l'Etat, totalement vouée à la surveillance et au harcèlement des opposants. En prolongement du département des Affaires étrangères, des succursales de propagande s'étaient développées afin de briser la défiance des gouvernements étrangers et contrecarrer toutes les critiques ou dénonciations à travers de coûteuses campagnes de communication. Mais, dans ce cas comme dans l'autre, les relations internationales avaient conservé, malgré tout, une idée directrice en ce qui concerne les relations internationales, définie et instrumentée au sein de tous les organes de l'Etat, marquée par la non-ingérence et une forte aversion pour les décisions hâtives et irréfléchies. Tout le contraire de ce qui s'est produit le 4 février. Car, avant d'en venir à une résolution aussi grave, il aurait été plus avisé de gagner du temps, d'autant plus que les usages diplomatiques offrent à l'Etat accréditaire plusieurs catégories de démarches de protestation : celle par laquelle on demande à l'ambassadeur des éclaircissements, celle qui consiste à rappeler notre ambassadeur en consultation annoncée de façon solennelle et officielle, enfin celle qui consiste à réduire le nombre des diplomates accrédités. Toutes ces mesures ont été conçues afin de repousser le plus longtemps possible le recours à l'expulsion qui met de facto fin aux relations entre deux pays. La présence de l'ambassadeur permet en effet de saisir et d'exploiter toute occasion propice susceptible de favoriser la normalisation des relations diplomatiques entre les deux pays. En décidant tout de go d'expulser l'ambassadeur et de rompre les relations diplomatiques avec la Syrie en dehors des instances régionales ou internationales dont nous sommes membres, le gouvernement tunisien a fait preuve d'une impardonnable légèreté et d'une précipitation contraire à nos traditions, faisant fi de nos intérêts stratégiques, économiques et commerciaux et sans considération aucune pour la sécurité de nos ressortissants, oubliant au passage que nos relations amicales sont avec le peuple syrien et non avec un régime abject, appelé à disparaître tôt ou tard. Le gouvernement n'en est pas à son premier impair. Dans l'affaire de la visite du leader du Hamas et le camouflet reçu par la président Abbas, il a fait preuve du même activisme agité. Il faut, là aussi, y voir la marque de l'inconstance et de l'improvisation, la logique d'une idéologie, la poursuite d'un projet basé non pas sur les intérêts nationaux, mais sur un système d'idées et un ensemble de croyances. Le changement de régime aurait pu constituer une formidable opportunité pour la réorientation de notre diplomatie, en changeant les hommes d'abord, mais par n'importe lesquels, mais aussi pour une participation effective et plus efficace aux relations internationales, maintenant que le pays n'engendre plus aucune réticence de la part des pays démocratiques. Ce regain de respectabilité reconnue doit nous conduire inexorablement à des attitudes plus engagées et augmenter nos possibilités d'intervention dans le domaine des affaires étrangères. Cela ne signifie pas qu'il faille agir à sa guise et réagir avec ses émotions. La diplomatie est une institution fortement assise, ayant ses traditions bien définies, ses règles fixes et immuables. De pragmatique, traitant les problèmes au fur et à mesure qu'ils se posent, la diplomatie tunisienne serait-elle devenue idéologique, manipulant l'opinion publique, masquant les objectifs bien déterminés de la politique étrangère du régime ainsi que son instrumentation, de plus en plus concrète, par des pays étrangers, aux dépens de notre souveraineté? C'est malheureusement le cas. L'opinion publique craint que le nouveau style de notre diplomatie, tel qu'il est apparu à l'occasion des massacres de Syrie, ne se limite désormais à répondre aux exigences successives des Qataris, habitués à obtempérer aux injonctions américaines et qui, à leur tour, nous font prendre des décisions qu'ils n'oseraient pas engager eux-mêmes, nous transformant ainsi en Etat belligérant.
En voulant conserver son rôle d'avant-garde révolutionnaire du Printemps arabe, le gouvernement a été tenté de prendre une décision irraisonnée. En cela, il a cherché à participer seul, aux côtés des pays du Golfe, pour vaincre la résistance de la Russie et l'amener à approuver la résolution des Nations unies appelant le président syrien à céder le pouvoir. Cette décision constitue un virage qui renie les traditions diplomatiques de la Tunisie, qui n'est sûrement pas la manière la plus appropriée pour revendiquer une originalité et se forger une identité nouvelle en matière diplomatique, mais une initiative populiste destinée à détourner l'attention de l'opinion publique des vrais problèmes. Cette même opinion, choquée par la rupture des relations diplomatiques avec la Syrie, réclame que la Tunisie fasse valoir sa propre appréciation des événements et qu'elle prenne des initiatives diplomatiques autonomes qui contribuent à une consolidation de notre identité sur le plan international. En somme, à ne pas troquer la diplomatie de l'intérêt national pour la «diplomatie du chéquier»... en bois.


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