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Lettre ouverte au président américain Barack Obama
Opinions
Publié dans La Presse de Tunisie le 21 - 03 - 2012


Par Riadh JEMAA(*)
Monsieur le Président,
C'est en écoutant votre discours devant l'American Israel Public Affairs Committee (Aipac), le principal lobby pro-Israël aux Etats-Unis et vos menaces contre la République Islamique d'Iran que j'ai décidé de vous écrire ce courrier en espérant qu'il vous sera communiqué par les services de presse de l'ambassade américaine à Tunis.
Le jour de votre élection le 4 novembre 2008, le monde entier, y compris le monde arabe, a applaudi et a espéré une nouvelle politique de la part des Etats-Unis basée sur l'intérêt mutuel, le respect des droits de l'Homme et la liberté des nations. Ces espérances ont été renforcées par vos discours en Turquie, en Egypte et en Indonésie adressés au monde musulman. Malheureusement, beaucoup de vos promesses n'ont pas été tenues et, plus grave encore, vous avez continué à agir dans la même voie que vos prédécesseurs concernant le conflit israélo-arabe, par le soutien militaire sans limite à Israël, malgré sa politique de colonisation, de confiscation des territoires palestiniens, de judaïsation d'Al Qods occupée, d'assassinats ciblés de Palestiniens (le dernier en date étant celui de Zouheir al-Qaïssi le 9 mars 2012, que votre ministre des Affaires étrangères Hillary Clinton n'a pas condamné contrairement au tir de roquettes sur Israël).
A cela, il faut aussi ajouter le blocus de la bande de Gaza qui dure depuis des années. Le montant de l'aide militaire américaine à Israël cette année s'élève à 3,1 milliards de dollars dont le but, si l'on se réfère au discours de votre ministre de la Défense devant l'Aipac, est d'assurer et de maintenir la supériorité militaire d' Israël sur tous les pays de la région c'est-à-dire les pays arabes dont vous prétendez être l'ami, notamment de l'Egypte et des pays du Golfe. Ce soutien militaire inconditionnel, conjugué au veto des Etats-Unis à l'ONU contre la demande de l'Autorité palestinienne de la reconnaissance d'un Etat palestinien contredit vos paroles au Caire à l'adresse du monde musulman : «Cela dit, il est également indéniable que le peuple palestinien, qui regroupe des musulmans et des chrétiens, a souffert en quête d'un territoire. Depuis plus de soixante ans, il connaît la douleur de la dislocation. Beaucoup attendent dans des camps de réfugiés en Cisjordanie, à Gaza et dans des terres voisines de connaître une vie de paix et de sécurité à laquelle ils n'ont jamais eu le droit de goûter. Ils subissent au quotidien les humiliations – grandes et petites – qui accompagnent l'occupation. Il n'est pas permis d'en douter : la situation du peuple palestinien est intolérable. L'Amérique ne tournera pas le dos à l'aspiration légitime du peuple palestinien à la dignité, aux chances de réussir et à un Etat à lui», et ne fait qu'encourager Israël dans sa politique agressive et coloniale à l'encontre des Palestiniens rendant impossible la création d'un Etat palestinien et le retour d'Israël aux frontières de 1967.
Concernant le nucléaire iranien, pourriez-vous m'indiquer de quel droit et sur quel fondement juridique vous vous référez, pour vouloir interdire à un autre pays le droit d'accéder aux moyens de se défendre? Vous savez très bien, Monsieur le président, que détenir la bombe atomique ne veut pas dire l'utiliser; mais seulement contribuer à maintenir l'équilibre stratégique, et dissuader tout agresseur potentiel afin que le scénario irakien et libyen ne se reproduise plus. L'Iran est encerclé, les Etats-Unis maintiennent des bases militaires dans toutes les monarchies du Golfe, sans fondement.
Je constate l'existence du nucléaire israélien, sans que cela ne surprenne ni n'indigne personne, ce qui me paraît représenter une menace, non seulement pour l'Iran, mais également pour l'ensemble du monde arabe. Qui peut garantir à l'Iran et aux pays arabes, dans ces conditions, l'assurance de leur sécurité ? Tout le monde se souvient de l'Irak; dans un enchaînement hallucinant d'invraisemblances, en usant de toutes les ficelles du mensonge et de la propagande, le discours de Colin Powell le 5 février 2003 à l'ONU a fait date dans l'histoire de la désinformation et de la manipulation d'Etat; les Etats-Unis, à la tête d'une coalition de 48 pays attaquèrent en mars 2003 l'Irak de Saddam Hussein, accusé de détenir un arsenal terrifiant d'armes de destruction massive et d'être un des protecteurs d'Al Qaïda. Cette guerre, déclenchée après l'embargo imposé en 1991 et qui avait déjà mis le pays à genoux en plongeant la population civile dans la misère, a provoqué non pas la mort de 3.000 civils mais des centaines de milliers de civils et laissé, après son occupation, un pays ravagé et atomisé en communautés irréconciliables. Pillé, plongé dans le chaos et la misère, il est aujourd'hui livré en pâture au terrorisme et à la corruption. La sinistre promesse faite par James Baker, secrétaire américain à Tarek Aziz, ministre des Affaires étrangères irakien en 1991, de «renvoyer l'Irak à l'âge de la pierre» a bien été respectée. La suite des évènements prouvera jusqu'au pathétique, l'inanité des raisons pourtant invoquées pour déclencher cette guerre, malgré des efforts désespérés — et pour justifier, a posteriori leur guerre préventive, les Etats-Unis et leurs alliés ne trouveront pas la moindre trace des fameuses armes de destruction massive. Cette guerre fut donc menée sans motifs réels et en violation de toutes les règles du droit international suite à la décision du président Bush qui s'est cru investi d'une force divine. De plus, le retrait des troupes américaines décidé par votre administration durant l'année 2012 n'est pas réel puisque 10.000 soldats «conseillers» vont rester en place pour maintenir une mainmise économique, politique et militaire des USA sur ce pays. Je peux citer également l'exemple récent de la Libye où l'Otan, les Etats-Unis à sa tête, sous prétexte de protéger les civils sont intervenus pour supprimer Kadhafi, avoir la mainmise sur le pétrole libyen et établir des bases militaires. Cette intervention a coûté la vie à plusieurs milliers de civils libyens .
Monsieur le président, lors de votre rencontre avec Benyamin Nétanyahou, le Premier ministre israélien, vous avez affirmé que les Etats-Unis envisageaient «toutes les options» face à l'Iran, n'excluant pas ainsi la solution militaire. «Nous ne voulons pas assister à une course aux armements nucléaires dans la région la plus instable du monde». Je peux vous affirmer que ce n'est pas l'armement nucléaire iranien supposé, mais plutôt le nucléaire israélien qui, lui, existe bien et que votre administration et les pays occidentaux font semblant d'ignorer, qui sera à l'origine de cette course. Les pays arabes et en particulier les monarchies du Golfe sont actuellement dirigés par des marionnettes qui ont toujours comploté contre la cause palestinienne et contre l'intérêt de leurs peuples. Mais après le Printemps arabe, la situation géopolitique évolue fortement et les Arabes n'accepteront jamais de vivre sous la menace nucléaire israélienne. Si vous souhaitez empêcher cette course à l'armement nucléaire et faire du Proche-Orient une région dénucléarisée, il faut œuvrer à l'élimination de l'arsenal israélien plutôt que de songer à attaquer l'Iran. Sinon, votre politique sera toujours considérée comme une injustice contre l'ensemble des pays arabes et provoquera l'instabilité permanente au Proche-Orient.
Je ne doute pas un seul instant que vous serez attentif à cette lettre qui, comme vous le savez sans doute, n'est que le reflet d'une opinion très fortement partagée dans le monde arabe.
Je vous prie de croire, Monsieur le président, en l'assurance de mon profond respect pour le rôle primordial que vous pourriez exercer pour contribuer à apporter une paix juste et équilibrée dans cette zone très sensible du Proche-Orient où trop d'humiliations et de souffrances ont été subies par le monde arabe.
*(Professeur universitaire)


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