Hausse des prix de l'alimentation animale : les rentiers rejettent toute responsabilité    Kaïs Saïed : On ne laissera pas la Tunisie en proie aux bêtes sauvages et aux hyènes    Tunisie-Ben Guerdane [PHOTOS] : La Garde Maritime a secouru 461 immigrants clandestins issus de 17 pays africains    Environnement : Comment réduire les émissions de carbone de l'industrie en Tunisie    La situation reste compliquée pour les entreprises malgré un prudent optimisme    En vidéo : Les Tunisiens crient Victoire après avoir tiré sur le terroriste    Encore une fois, une compétence Tunisienne s'affirme à l'étranger    The Washington Post évoque la Tunisie    En vidéo : ''Un centre d'esthétique en Tunisie a fait des ravages sur les gens'', selon une influenceuse internationale    Des recommandations fortes du CIJM au Comité d'Organisation des Jeux Méditerranéens 'Oran 2022 '    Tunisie : La STEG ouvre ses guichets les samedis    Tunisie : Un décès suspect dans une caserne de la Garde nationale    Bourse de Tunis : L'action Amen Bank réalise la meilleure performance de la semaine    Kaïs Saïed s'entretient avec Najla Bouden à propos de sa visite en Algérie    Tunisie – Mise à jour : Samir Bettaïeb maintenu en prison    Coronavirus - Un nouveau variant «avec une constellation de mutations» inquiète l'OMS    NBA : Le programme TV de la nuit de vendredi    Affaire Chokri Belaïd : Rassemblement de protestation devant le palais de Justice à Tunis    Tentative d'agression d'un agent près du siège du ministère de l'Intérieur    Ennahdha appelle à organiser des élections anticipées    La banque allemande KfW débloque 18,5 M€ en faveur de la protection du littoral tunisien    Tunisie-Ligue 1 : la phase aller en chiffres    DAVIS CUP : Tunisie 2-0 Zimbabwe, grâce à Aziz Dougaz    La Tunisie reçoit 400 mille doses du vaccin anti-Covid19    Mouvement Ennahdha: Kais Saied a échoué    L'affaire de Faten Ben Slama reportée au 1er décembre 2021    Sousse: Arrestation d'un ancien gouverneur pour homicide involontaire    Tunisie: Une élévation de la mer de 50 cm pourrait entraîner de grosses pertes !    Ouverture du 8ème Festival de la création de l'UGTT en présence de Taboubi et de Guettat    Prix FABA de littérature : Remise des prix de la 1ère édition le 4 décembre 2021    Migration clandestine : Un oubli regrettable !    Le gouvernement de Chahed est à l'origine de la crise économique, selon Ben Kaddour    Foot Européen : Programme TV des matches de vendredi    Tennis | Coupe Davis – Tunisie-Zimbabwe (aujourd'hui et demain au TCT) : Encore un effort !    L'USBG se rebiffe : Maintenant le play -off    Express    487 migrants irréguliers secourus au large de Kerkennah    Ils ont dit    La patience a ses limites    Dialogues éphémères | Le chant de la «voix endeuillée»    «Focus Japon» du 26 au 28 novembre à la Cité de la Culture : La culture nipponne à l'honneur    Conférence de presse de la 22e édition des Journées Théâtrales de Carthage (JTC) : Le théâtre célébré dans toute sa splendeur    Coronavirus : Zéro décès et 159 nouvelles contaminations recensées le 24 novembre 2021    Monde- Daily brief du 25 novembre 2021: L'UE approuve le vaccin Pfizer pour les enfants de 5 à 11 ans    Festival du film maghrébin d'Oujda : La Tunisie rafle 3 prix    Chronique d'une catastrophe annoncée au Musée du Bardo    Fini le combat entre Frères musulmans et Wahhabites : les Emirats investissent 10 milliards $ en Turquie    Disparition de Mohamed Bouamoud, adieu l'ami !    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Digne d'un thriller
La mystérieuse histoire du Coran Bleu
Publié dans La Presse de Tunisie le 15 - 04 - 2012


• Vente à Christie's d'un feuillet, le 24 avril
C'est une réelle épopée dont l'origine est millénaire, et dont les échos continuent de résonner par-delà les siècles et les frontières. C'était à Kairouan, capitale lumineuse d'un Islam éclairé, au IXe, ou peut-être au Xe siècle de notre ère. La Grande Mosquée rayonnait dans le monde, ses érudits et sa bibliothèque faisaient autorité dans l'univers civilisé. Un Coran exceptionnel y fut réalisé, en calligraphie koufie, sur parchemin teint à l'indigo, que les historiens, plus tard, appelèrent «kohli», et que l'on dit avoir voulu rivaliser avec les manuscrits pourpres de Byzance. Le Coran Bleu, devenu une légende, fut conservé durant des siècles dans la Bibliothèque de la Grande Mosquée. Son origine a toujours intrigué les chercheurs. Un document d'archive, datant du XIIIe siècle, y fait référence et impute son appartenance aux Habous. Bien plus tard, un chercheur anglais, au début du XXe siècle, suppose qu'il fut commandé par le calife abasside Al Mamoun, pour le mausolée de son père Haroun Al Rashid, et que cette couleur bleue était associée au deuil. La plus fiable des thèses est celle qui affirme, cependant, qu'il a été réalisé pour la bibliothèque de la Grande Mosquée de Kairouan.
Entre la BN et le musée de Rakkada
En 1967, sur décret présidentiel, le Coran Bleu est déplacé à la Bibliothèque Nationale de Tunis. Avant qu'un second décret présidentiel, en 1983 cette fois-ci, ne vienne stipuler que les collections de l'ancienne bibliothèque de la Grande mosquée de Kairouan doivent être conservées au Musée de la Civilisation et des Arts islamiques de Rakkada
Entre-temps, l'Histoire du Coran Bleu est devenue un véritable thriller. Des pages de ce fameux manuscrit ont commencé à apparaître dans différentes collections et musées internationaux. On en a vu quelques-unes se négocier à prix d'or dans les ventes aux enchères les plus prestigieuses. A Tunis, une rumeur courait, revenant comme l'histoire du monstre du Lochness, sous plusieurs versions : le véhicule transportant le fameux manuscrit aurait été détourné, ne serait jamais arrivé, aurait été attaqué...
Le fait est que l'on dénombre aujourd'hui une cinquantaine de pages de ce Coran inestimable en dehors de la Tunisie : le Metropolitan Museum de New York en possède, de même que l'Agha Khan, le musée Tarak Rjab au Koweït et la collection Nasser Khalili...
La semaine prochaine, la célèbre maison de ventes Christie's met en vente une page de ce Coran, estimée entre 150.000 et 250.000 Livres, soit entre 350.000 et 600.000 dinars. Alors nous avons voulu savoir ce qu'il en était, et ce qui restait de ce fameux Coran Bleu.
Au musée du Bardo, on retrouve trois feuillets et une double page du manuscrit sans que rien, dans les archives, ne signale quand et comment elles y sont arrivées. Peu importe, elles y sont bien protégées.
Le reste, c'est-à-dire très exactement 59 feuillets, demi-feuillets, et fragments, hélas pas les plus beaux, est aujourd'hui à Rakkada, au musée de Civilisation et d'Art Islamiques. Dès son entrée dans ce musée, le Coran Bleu, ou du moins ce qui en restait, a été répertorié, photographié, mis sur fiches et préservé, de même que les 70.000 feuillets de parchemin qui constituent la collection de Rakkada. Il n'en a plus bougé et le vol, qui a eu lieu en 2009, concernait des pièces plus précieuses encore puisqu'il s'agissait des manuscrits du IIème siècle de l'hégire, mais pas le Coran Bleu. Comment expliquer donc ces apparitions sporadiques de ce manuscrit mythique au fil du temps?
Mourad Ramah, conservateur de Kairouan, dont les avatars du Coran Bleu constituent le principal tourment, explique. Dès la période du protectorat, des feuillets de ce Coran ont été dérobés et mis en vente. Plus tard, au milieu du siècle dernier, il y a eu de nouvelles fuites. Les propriétaires de ces feuillets les remettent de temps en temps sur le marché, ce qui explique ces apparitions qui lui ôtent chaque fois le sommeil. Car chaque fois renaît l'histoire, et la légende des fameux feuillets volés.
Mais on pourrait se demander pourquoi l'on ne fait rien pour récupérer ce manuscrit dont tout le monde sait qu'il appartient à Kairouan. Pourquoi le gouvernement tunisien, le ministère de la Culture, l'Institut du Patrimoine ou notre ambassade à Londres n'essaient-ils pas d'arrêter cette vente prévue pour le 24 avril prochain à Londres, comme on a vu la Turquie arrêter une vente de l'héritage d'un sultan ottoman, à Drouot, à Paris.
La réponse désespère Mourad Ramah, et nous avec lui. «Le vol n'a pas été signalé à Interpol lorsqu'il a eu lieu, ni durant les vingt années qui ont suivi. Or, la loi anglaise —et c'est à Londres que se négocient ces ventes— est rigoureuse sur les délais de déclaration du vol, et c'est aujourd'hui trop tard pour le faire», regrette-t-il.
Peut-être, mais les temps changent, le droit des peuples à récupérer leur patrimoine devient inaltérable, et l'on a vu quelquefois l'inespéré se réaliser. Et puis, qui ne tente rien... N'est-ce pas?


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.