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Choix hasardeux
Tej al Anbiya de Houcine Amer (El Ifrit) à Carthage
Publié dans La Presse de Tunisie le 31 - 07 - 2012


• El Ifrit avait son public, Amer n'en a pas
Tout le monde le connaissait sous le nom de Houcine Amer, alias El Ifrit, chanteur de charme, tantôt crooner, tantôt populaire, qui savait créer de l'ambiance festive dans les galas, les sorties culturelles et les fêtes de mariage. Converti au chant soufi avec un premier album Nouraniyet, il était, dimanche dernier, sur la scène du Festival international de Carthage avec un concert du même genre intitulé Tej al anbiya (La couronne des prophètes), titre de son dernier album.
Le public n'était, hélas, pas au rendez-vous. A peine quelques poignées de personnes occupaient les gradins et les chaises, à la grande déception du chanteur qui, à l'évidence, a mis tant d'efforts pour monter ce concert et séduire de potentiels férus de musique et de chant soufis : un très bon grand orchestre qui a alterné des airs mystiques et des arrangements modernes avec piano, batterie et synthé, sonorité de qualité, chorale d'enfants, et des «Guests» comme Mohamed Jebali, pour une variation/improvisation sur thème... Mais pourquoi le concert de Houcine Amer a-t-il été un flop dimanche soir à Carthage, malgré la campagne de promotion qui a été mené depuis deux semaines au moins ? Réfléchissons un peu sur les raisons de cet échec et sur l'absence de public.
Quand Houcine Amer était encore Houcine El Ifrit, il arrivait à remplir davantage les gradins, dont ceux de l'amphithéâtre de Carthage, et ce, quelques mois avant la révolution, lors d'un gala au profit d'une œuvre caritative, chapeautée par l'Association mondiale des mères (MMM). En ces temps-là, Houcine El Ifrit créait l'ambiance avec ses chants populaires, ses tubes et ses danses qui charmaient l'assistance. Aussi, nous risquerions-nous à avancer que le public de Houcine El Ifrit n'apprécie pas ce que propose, aujourd'hui, Houcine Amer.
Du populaire et de la variété vers le chant liturgique, cet artiste a effectué un revirement de 180 degrés auquel le public n'était pas préparé et qu'il n'a forcément pas apprécié. Et l'on se demande, en plus, pourquoi il a choisi d'abandonner son nom de scène emprunté à un des maîtres de notre musique tunisienne des années 1930 Cheikh El Ifrit ( lui-même un surnom) , un nom qui faisait son identité artistique à travers le patrimoine tunisien et même judéo-tunisien, ce même répertoire que le chanteur revendiquait, jusqu'à il n'y a pas longtemps, s'en inspirant pour sortir un album intitulé ifritiyat. Serait-ce une manière de tourner le dos à une période qu'il considère révolue, «négative», comme l'a fait son collègue Faouzi Ben Gamra? En tout cas, s'il l'a fait à cause du nom, qu'il sache qu'en Tunisie, nous avons une grande famille arabe et musulmane.
Toujours est-il que, dans l'esprit des gens, trop de changements en même temps suggèrent souvent une certaine forme d'opportunisme politico-artistique— même s'il s'est essayé, sans s'y consacrer totalement, au chant soufi avant l'avènement d'Ennahdha au pouvoir — et l'on se demande si ce n'est pas là, l'une des raisons de l'absence du public.
Pour en revenir à la proposition artistique de Houcine Amer de dimanche dernier à Carthage, disons que mis à part l'excellent orchestre et les moyens investis dans Tej al anbiya, le spectacle a été en-deçà des attentes des amateurs du genre qui exigent une certaine maîtrise et un esprit qui va avec. Il ne suffit pas de chanter les louanges du Prophète et évoquer la grâce divine dans les textes pour prétendre chanter du soufi. La musique et les arrangements, jugés trop audacieux, nous ont sortis du répertoire et on s'est retrouvé dans le pop, plutôt que dans le liturgique.
Nous savons tous que la musique mystique et le chant soufi ne sont pas qu'une décision, un choix et des orientations, ils sont une aptitude et des exigences auxquelles Houcine Amer ne s'y prêtait pas. Du moins pas encore...et le public l'a bien senti. Pourquoi s'y est-il aventuré alors ?
Cela viendrait peut-être d'une envie personnelle de vouloir tenter une expérience nouvelle, explorer les voies impénétrables de la musique mystique, résultat d'un cheminement personnel et spirituel que l'artiste a vécu. Ou, peut-être, est-ce un désir de séduire un public différent de celui qu'il faisait danser auparavant et de se refaire, selon lui, une nouvelle «virginité» artistique. D'ailleurs, qui a dit que la mélodie, le tarab ou le chant d'amour étaient en opposition avec le religieux ?
Ce qui est certain, c'est que Houcine Amer de dimanche dernier, sur les planches de Carthage, a perdu son public d'il y a quelques années et n'a pas encore trouvé preneur à sa nouvelle vocation.


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