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Quand on trouve chaussure à son pied...
Cinéma : Hoffili (Noces berbères) de Lotfi Mahfoudh
Publié dans La Presse de Tunisie le 10 - 03 - 2013

C'est une fleur que Lotfi Mahfoudh nous a offerte, en nous dévoilant, en exclusivité, son tout nouveau film, Hoffili (Noces berbères), qui sera présenté en avant-première, le 23 mars 2013 au cinéma le Mondial.
Après Ryeh (Vents), un court-métrage d'animation en 2D, couronné par le Prix Elyes-Zrelli du meilleur court-métrage, lors des Journée cinématographiques de Carthage en 2008 et le Prix du Public pour la même catégorie, au festival du Cinéma tunisien à Paris en 2009, Lotfi Mahfoudh nous présente son dernier opus Hoffili. Et c'est dans son studio Mille et une Images que nous avons visionné, en exclusivité, ce court-métrage d'animation de treize minutes à l'esthétique et à la technique on ne peut plus spéciales...
A dire vrai, l'idée de cette nouvelle production germait depuis longtemps dans la tête de cet artiste féru d'animation. «Aussitôt que j'ai terminé mes études à l'Ensad à Paris, je voulais tourner un film avec une caméra amateur. Et il n'y avait pas un sujet aussi propice que les fêtes de mariage ! J'avais quelques plans en tête, quelques personnages-clés...», se souvient-il. Le projet a, donc, eu le temps de mûrir, et c'est un microcosme de la société tunisienne que Lotfi transpose à sa manière, à travers le «cérémonial de la noce chez certains nantis, avec leur sens particulier de la fête, leur libéralité, leur opulence et leurs traditions...».
Une esthétique insolite...
Dans Hoffili, un titre déjà très révélateur de l'esprit général, ce sont essentiellement les personnages qui font ce film, réalisé comme une peinture criarde, haute en couleur et en mouvements et avec une richesse sur tous les plans. La tante hystérique, le coiffeur, les chanteurs, les serveurs, les mariés... autant de personnages anonymes, imaginaires, ou ayant vraiment existé, que nous retrouvons dans la plupart des mariages tunisiens. Mais cela n'a pas suffi à Lotfi Mahfoudh qui ne s'est pas privé de faire des clins d'œil à des artistes connus —voire emblématiques— et, même, à des hommes politiques! Toutefois, les péripéties hilarantes et les situations, pour le moins anecdotiques, ne sont pas du tout en reste.
Aussi, dans la création des protagonistes de ce nouveau court-métrage d'animation, Lotfi semble-t-il s'être, parfois, glissé dans la peau d'un Botero ou d'un Fellini : extravagance, formes généreuses, excentricité, amplification... Plus encore, à l'incroyable diversité des profils humains s'ajoute la profusion des couleurs! Les graphistes ont, en effet, donné libre cours à leur imagination et à leurs envies pour colorer les personnages : jaune, bleu, violet, vert... Tout est permis, mais loin d'être irréfléchi. Autre originalité : point de paroles, mais un dialogue constamment marmonné dont on ne décèle aucun sens, sinon celui suggéré par les expressions du visage et par les situations, souvent incongrues.
En réalité, les choix versent tous dans la même esthétique. Une esthétique personnelle, originale et singulière dans laquelle le kitsch prévaut et qui soutient, avec humour, une vision assez caricaturale, sans être dénuée de vérité, de certains aspects de la société tunisienne. «Pour moi, le kitsch est très présent, voire dominant, dans notre quotidien, mais ce n'est pas pour autant une critique que je présente. Au contraire, je l'exploite pour en faire un atout à travers les outils cinématographiques», précise Lotfi Mahfoudh, scénariste-réalisateur de Hoffili.
Un challenge technique...
Par ailleurs, l'originalité de ce court-métrage tient beaucoup aux techniques utilisées, lesquelles peuvent se confondre avec l'esthétique même. En effet, et contrairement à Ryeh, Noces berbères n'est pas un simple film d'animation en 2D.
Tout a été fait pour rendre le plus fidèlement, et avec le plus de fluidité, le principe de la caméra amateur : image tremblante, cadrage peu maîtrisé, en mouvement perpétuel et dans tous les sens, etc. La rotoscopie, une technique qui consiste à redessiner, image par image, sur une vidéo (système de calques), a ainsi été adoptée. Certains plans ont été récupérés de fêtes mariages réelles, mais la plupart des séquences ont été filmées, avec parfois la participation de 100 à 150 acteurs.
Hoffili a nécessité un vrai travail de fourmi et Lotfi n'a pas manqué d'«exploiter» tout son entourage! Sa mère, ses frères, son épouse, ses amis... tous s'y sont mis. Mais pas seulement. Des professionnels d'horizons divers ont, évidemment, concouru à l'élaboration de ce film expérimental de grande qualité, disons-le!
Le plus exceptionnel (côté technique) reste, à notre avis, la fabrication en maquette miniature et à l'échelle, des figurants, des costumes et du décor (la salle des fêtes), avec tous les détails. Après la mise en couleur et le compositing image par image (traitement des visages avec palette, rajout et adaptation des costumes aux mouvements des personnages), commence le tournage dans la maquette avec une petite caméra, puis l'enregistrement des voix-off. Toute la «matière», est par la suite intégrée pour obtenir le rendu final que le public verra sur le grand écran.
Si cette technique a déjà été utilisée en Tunisie par Nadia Errayes dans Lemrayet, (les lunettes), l'esthétique et le cachet —si nous osons dire— de Hoffili, restent particulièrement différents, à bien des égards.
Nous n'en dirons pas plus —il y a encore beaucoup à dire, surtout concernant le suspense— jusqu'au 23 mars courant à 11h00, où le film sera présenté, au Mondial, pour les journalistes, puis au grand public. Nous y reviendrons certainement...


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