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Faut-il revoir le système de compensation ?
Pouvoir d'achat
Publié dans La Presse de Tunisie le 17 - 03 - 2013

La révision indispensable des prix à la consommation et son corollaire, la limitation drastique de la contrebande ainsi que l'assainissement et la réorganisation des circuits de distribution se présentent, avec la sécurité nationale, comme les premières priorités du mandat de neuf mois, en principe, du gouvernement de M. Ali Laârayedh. Après un an et demi des élections du 23 octobre 2011, l'échelle des priorités nationales, même si elle reste globalement la même que celle de l'après-14 janvier 2011 en termes d'emploi et de libertés, s'est creusée pour introduire de nouvelles urgences inhérentes à la conjoncture économique, sociale, sécuritaire et politique des plus difficiles.
Ainsi, à présent que le nouveau gouvernement a été, finalement, composé, adopté et installé, il faut passer aux choses sérieuses et urgentes comme l'examen des moyens et des procédures pour rééquilibrer le pouvoir d'achat des Tunisiens et rétablir la confiance dans les institutions publiques et les dirigeants politiques quelle que soit leur appartenance. Mais comment ?
Depuis quelque temps, experts, analystes et même l'actuel ministre des Finances parlent de plus en plus de l'inévitable révision du système de compensation des produits de base et de la méthode d'intervention de ladite Caisse générale de compensation, créée au début des années 70.
Budget de l'Etat réservé à la consommation multiplié par 3 depuis 2010
Aborder le problème de la détérioration du pouvoir d'achat sous l'angle du réexamen de la compensation n'est certes pas approuvé par certaines parties dont l'ODC par souci de préservation de ce soutien financier indispensable aux familles pauvres. Or, les études et enquêtes d'évaluation de la Caisse générale de compensation ont démontré que les familles pauvres ne représentent que 12% des bénéficiaires de ce système qui coûte à l'Etat la bagatelle de 4.200 MD. A noter que ce dernier chiffre est avancé avec réserve en raison de la multiplicité des sources d'information et celle des données. Cela dit, il n'empêche que le budget de l'Etat réservé à la consommation a triplé en trois ans, entre 2010 et 2012, malgré les augmentations décidées en vue d'alléger la charge de l'Etat. Parallèlement, l'ODC avance une augmentation de 33% du coût du couffin de la ménagère.
Cette situation de mécontentement général, un directeur à la BCT, M. Mohamed Mouha, l'explique par le fait que la plus forte augmentation des prix, soit 7%, a concerné les produits qui tombent sous la coupe de la libéralisation des prix, alors que l'augmentation ne dépasse pas 3% pour les produits compensés. «Les seuls ajustements apportés par l'Etat depuis 2010 sur les produits énergétiques n'ont touché que l'électricité (septembre 2012, ndlr) et les carburants; les autres produits comme le gaz GPL et le pétrole bleu n'ont pas été touchés; en période difficile de post-révolution, c'est le rôle de l'Etat d'assumer une grande partie des charges», affirme M. Elyès Fakhfakh, ministre des Finances, sur les ondes d'une radio privée. A noter que la dernière augmentation à la pompe de 100 millimes sur le litre d'essence devrait rapporter à l'Etat 330 MD. Une goutte dans l'océan des dépenses publiques : «Le budget réservé à la compensation et aux salaires (employés de l'Etat) absorbe 70% des ressources de l'Etat», indique encore le banquier. Ce qui explique sans doute que «le tiers des crédits contractés par la Tunisie sous forme d'appui budgétaire à l'Etat participe dans le financement de la consommation interne et des salaires», selon le ministre des Finances.
La flambée des prix est, selon l'ODC notamment, due aussi et surtout à l'ascension dangereuse de la contrebande qui a connu une augmentation de 300%. Et pour compliquer davantage la situation, qui a été marquée par des pénuries longues et successives, 50% de ces produits acheminés par les réseaux de contrebande vers les frontières sud et ouest sont des produits compensés par l'Etat comme le lait, la semoule, le sucre, l'huile, le concentré de tomate. Il serait erroné de croire que l'issue, si elle existe, qui mènera à la maîtrise des prix ou à leur rééquilibrage ne passera pas par la lutte contre la contrebande. Certes, les forces de l'ordre sont sur le qui-vive et des coups de filet ont pu être menés à bien sur les routes et aux abords des frontières tunisiennes, mais en l'absence d'une stratégie claire d'envergure de lutte contre les contrebandiers et le trafic des marchandises, les efforts des forces de l'ordre seront vains et la contrebande continuera de prendre de l'ampleur.
D'autres réajustements des prix sont envisageables
A quoi faut-il s'attendre dans les prochains jours ? Selon le ministre des Finances, dans le cas où les indices annonciateurs d'une possible baisse du cours du baril de pétrole, actuellement à 110 dollars, se confirment, il n' y aura pas d'autres augmentations, mais dans le cas contraire : «Il faudra procéder au réajustement de la compensation», assure-t-il. Autrement dit, il faudra s'attendre à ce que la deuxième tranche de l'augmentation sur les carburants (100 millimes) soit appliquée. Il est à rappeler que la loi de finances 2013 a prévu une augmentation de 200 millimes en tout sur le litre d'essence. D'autres augmentations sur d'autres produits ne sont pas à écarter non plus au risque d'augmenter davantage le taux moyen d'inflation, actuellement à 6% officiellement.
Dans tous les cas de figure, le ministre des Finances a annoncé la création prochaine d'une commission au sein de son département, chargée de faire le diagnostic de la compensation en général, de réfléchir sur une redistribution de ses attributions et de suggérer des idées de solution. «Nous espérons avoir ces solutions au moment de la préparation de la prochaine loi de finances de 2014». En attendant, des partenaires, comme l'ODC et l'Utap, proposent des solutions plus urgentes de dimension sociale comme le gel provisoire des prix, l'annulation de la dernière augmentation sur le prix des carburants — un sit-in devant l'ANC a été organisé à cet effet par l'ODC vendredi dernier — ainsi que la création de centrales de vente de produits compensés exclusivement pour les familles qui répondent aux critères de la compensation.
Ce qui stipule la mise en place d'un système d'attribution de ces «aides» à partir d'une base de données bien établie. Ce qui est sûr, c'est que le réexamen du système de compensation n'est pas une mince affaire et si le gouvernement actuel n'aura pas le temps nécessaire pour mener à terme ce projet, il faut espérer que la machine économique se remette bien en marche, que le secteur du tourisme reprenne des forces, que l'extraction du phosphate ne soit pas de nouveau stoppée, pour que l'on n'ait pas recours à d'autres augmentations. Les Tunisiens ne sauraient supporter une détérioration plus grande de leur pouvoir d'achat. Déjà, des voix s'élèvent pour dire que l'augmentation du nombre de suicides par le feu, mort symbolique, est due à un ras-le-bol, une déprime généréale.


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