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Printemps arabe! Automne des femmes?
Opinions
Publié dans La Presse de Tunisie le 18 - 05 - 2013


Par Rym ATTIA GHACHEM*
Nous vivons certainement une période historique avec toute la mouvance que vit notre pays depuis les évènements du 14 janvier 2011. Mais qui paie le prix ?
En tant que psychiatres, nous avons constaté un changement au niveau du profil des patients qui consultent à notre hôpital. En effet, l'année 2013 a été marquée par une inversion du sexe ratio 0.87 versus 1.23, en 2011, le nombre de femme à notre consultation a nettement augmenté.
Le statut professionnel a aussi évolué : il y a plus de fonctionnaires et surtout d'enseignants et de soignants.
La pathologie aussi a changé : beaucoup de dépression et d'anxiété. Une nouvelle catégorie de patients est apparue : les détenus. En effet, depuis le mois de novembre 2011, les détenus amenés aux urgences et à la consultation sont dix fois plus nombreux qu'avant. Leur souffrance est aujourd'hui entendue mais est-elle écoutée?
Le mode des tentatives de suicide a aussi changé; l'immolation est devenue le second moyen de tentative de suicide. Doit-on se taire devant cette triste évolution ? Même si elle ne semble pas inquiétante, elle doit être bien étudiée et analysée.
Les femmes sont menacées dans ce qui est le plus cher à leur santé mentale, à savoir leur liberté! Liberté de mettre ses bambins dans une garderie ou jardin d'enfants, liberté d'accéder à un travail ou une source de revenu, liberté de penser, liberté d'espérer pour elle-même et pour ses enfants, liberté d'être!
Oui, ce paravent que longtemps on a exhibé comme étant un modèle parmi les pays arabes est en train de prendre l'eau et de se noyer.
La mère a peur pour l'avenir de sa fille quel que soit son milieu; beaucoup n'osent plus sortir seules! On perçoit des regards haineux dans la rue. Les commentaires désagréables et insultants deviennent monnaie courante et se banalisent.
Pourquoi cette haine entre homme et femme, pourquoi cette rancœur entre citoyens tunisiens, sans parler des autres clivages nés depuis 2011.
Et enfin pourquoi cette incertitude par rapport à l'avenir qui normalement, fait partie du cortège des symptômes dépressifs mais qui devient chez nous un sentiment normal! Oui, quoi de plus normal que d'être inquiet quand nous n'avons jusqu'à aujourd'hui aucune feuille de route, aucune date avancée quant aux futures élections présidentielle ou législatives!!! Oui inquiet quand la seule personne qui, à ce jour, a déclaré son désir de se présenter comme candidat aux élections à 86 ans, malgré la vivacité de son esprit.
Avec tout le respect que j'ai pour cet homme charismatique, généreux et malin, il ne faut pas oublier que le 14 Janvier a été fait par des jeunes !Où sont ils ? On ne les voit ni sur les écrans de TV, ni sur les tribunes des partis! On les entend rarement sur les ondes radio.
Néanmoins, cet homme aura l'avantage de nous protéger nous femmes contre tout dictat relatif à la dimension genre. Les valeurs républicaines, les valeurs universelles et l'entité tunisienne qu'il vénère sont des normes qui favorisent la sauvegarde des acquis.
Les médias et les plateaux de télévision sont devenus anxiogènes. Ils ne sont fait que pour guérir les frustrations d'un silence coupable de 23 ans.
Arrêter de nous souler avec vos analyses interminables et vos délires de persécution et mettez-vous à table et donnez-nous une Constitution digne du pays de Bourguiba, de Farhat Hached, de Tahar Haddad ...
La femme tunisienne a eu— c'est vrai— son autonomie sur un plateau offert par Bourguiba mais au jour d'aujourd'hui, chaque matin est pour elle un véritable combat, qu'elle soit jeune, vieille, mariée, célibataire, étudiante ou femme de ménage.
Elle doit se battre, elle travaille avec toute son âme et tout son corps. Elle est présente à toutes les manifestations; elle parle, elle crie fortement qu'elle aime son pays, son drapeau. Oui, elle aime son pays d'un amour qui lui fait mal. Elle se voit haïe dans la rue et constamment jugée quoi qu'elle fasse ! Non, elle n'est pas paranoïaque mais elle est déprimée par la médiocrité et la bêtise criardes des uns et le silence complice ou cupide des autres.
Cette dépression est vitale et c'est cette dépression qui sauvera la femme tunisienne car elle ne cédera pas sur sa liberté, elle se battra et je terminerai par ce titre de Dalila Ben Mbarek : oui, elle «prendra les armes s'il le faut» pour que vive notre Tunisie.
*(Psychiatre)


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