Tunisie | Covid-19 : 77 décès et 3890 nouvelles contaminations recensés en 24 heures    Le Ministère de l'Interieur dément les rumeurs sur le décès d'un individu lors des troubles    Deux policiers et un citoyen tués dans une fusillade à Riyad    Au moins deux morts dans une forte explosion d'un immeuble au centre de Madrid    La présidence de la République dément les déclarations mensongères attribuées à Kais Saied au sujet des juifs    Par Jawhar Chatty : Kais Saïd est juif, un juif progressiste    Ali Kooli : Le système de compensation, la masse salariale et les entreprises publiques, les chantiers de 2021    Tunisie – Ali Kooli : Le gouvernement n'a pas de baguette magique !    Dans une capitale sous haute surveillance, le nouveau président des Etats Unis Joe Biden prête sement    Le président algérien s'est fait opéré en Allemagne    Dépréciation du dinar face aux principales devises étrangères    AL Watad annonce son soutien inconditionnel aux manifestants    Tunisie: En images, marche dénonçant la dégradation de situation sociale à Sousse    L'Ordre des avocats dénonce l'usage ''excessif de la force'' lors des manifestations pacifiques    L'un des plus grands constructeurs de produits électroniques UMIDIGI arrive en Tunisie    The Voice Belgique: le chanteur Tunisien Youssef Ben Soltan impressionne le jury (vidéo)    Hand – Mondial 2021 : Mohamed Amine Darmoul 3e meilleur buteur du premier tour    Tunisie [Vidéo]: Reprise des entraînements de l'Olympique de Béja en préparation de la rencontre contre l'US Monastir    Foot – Marché des transferts : une baisse historique en 2020 (Fifa)    UE : le taux d'inflation annuel s'est établi à 0,3% (décembre 2020)    UTAP : Les agriculteurs menacés par la faillite et le pays par la famine    Le coordonnateur-résident de l'ONU en Tunisie suggère un partenariat avec les médias    Quand le swag de K2rym triomphe du sérieux de Mechichi    Afrique : Le Sénégal, foyer de mégaprojets gaziers ouest-africains, accueille un événement majeur sur la transition énergétique    Une manifestation contre le pouvoir à Sousse    Ce n'est pas une révolution    Spectacle Felliniana hommage au grand réalisateur Federico Fellini en streaming gratuit    BTE : Un PNB de 50,298 millions de dinars    Le point sur l'épidémie du coronavirus dans les pays arabes : Mise à jour Du 20 Janvier 2021 à 11H00    Les films tunisiens "Un Fils" et "L'Homme qui a vendu sa peau" primés au festival des Lumières de la Presse Internationale    En direct et live streaming, chaîne tv : Juventus Turin – Naples, Super Coupe d'Italie, Finale    Foot-Europe: le programme du jour    REMERCIEMENTS ET FARK: M'Hamed Ben ALYA    Biens et avoirs détournés: Un fiasco d'Etat ?    La crise accélératrice de changements : Les enseignements qui peuvent guider les orientations futures    NEWS: Le Sahel SC engage Hichem Dali    Programmes confinés: Savoir adapter le vivant au numérique    Tunisie-Ligue 1 : programme de la 9e journée    Sonia Ben Cheikh rassure les Tunisiens    USA: Le message d'adieu de Melania Trump    Météo: Prévisions pour mercredi 20 janvier 2021    L'efficacité du 2ème vaccin russe anti-Covid est de 100%    Le ''patient zéro'' de l'épidémie pourrait ne jamais être retrouvé    Le comité directeur du Festival de la chanson tunisienne dévoile les grandes lignes de l'édition 2021    Anissa ben Hassine, universitaire, auteure de « C'était un 14 janvier 2011 à Tunis », paru chez Leaders à La Presse: «On ne met pas sa propre vie de côté quand on vit une révolution»    Quid de la culture    Contrepoint | Populisme, trumpisme : nul génie qui vaille...    Tunisie : Nouvelle session du programme "Octopus" de la FKL    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Être ou paraître...telle est la question!
Première de Shakespeare?! Ech jébou lina de Moncef Souissi et Mohamed Kouka
Publié dans La Presse de Tunisie le 21 - 05 - 2013

Dans le cadre du cycle de «Tunis fait sa comédie», au Théâtre Municipal, on a assisté, le 16 mai, à la première de la pièce de théâtre Shakespeare?! Ech jébou lina de Moncef Souissi et Mohamed Kouka. D'emblée, le titre parait provocateur et nous introduit dans un face-à-face équivoque avec l'auteur, dramaturge et poète anglais William Shakespeare.
Nature humaine...quand tu nous tiens!
On ne peut nier l'influence éminente et imposante du grand maître de la poésie, du théâtre et de la littérature qui est W. Shakespeare. Ses célèbres pièces de théâtre jouées partout dans le monde et dans plusieurs langues ont atteint le dialecte tunisien et captivé la langue arabe. Et particulièrement, au cours de cette année, on soupçonne bien que c'est la mode. Pourquoi précisément Shakespeare? La réponse est simple et plus qu'évidente : les pièces shakespeariennes qui focalisent sur le pouvoir absolu (Hamlet, Richard II, III, Othello, Le Roi Lear, Macbeth...) et la volonté de puissance dont parlait Nietzsche ne peuvent qu'inspirer les dramaturges et les auteurs tunisiens. Ceux-ci veulent montrer au peuple et au public cette soif insatiable de pouvoir qui corrompt l'être. C'est ainsi qu'ils ont eu recours à la critique directe de l'ancien régime comme de l'actuel, en mettant en garde le spectateur contre toute forme de tyrannie et de césarisme. A travers les écrits comiques et tragiques de Shakespeare, on a pu aussi amorcer tous les revers de la médaille. Ainsi, le pouvoir des mots et de l'art est la meilleure conspiration contre l'absolutisme, et comme le confirme un slogan de mai 68 : c'est l'imagination qui prend le pouvoir!
Allitération et altération
Sur la scène nue, l'homérique devient banalisé et l'imagination perd toutes ses armes. Les personnages shakespeariens sont «caricaturisés ». C'est un choix dira-t-on, mais on ne discerne aucune esthétique, aucune forme, aucune typologie. On sait que derrière le caricatural se révèle une charge satirique, on sait aussi que c'est un art, un art qui ne sur-joue pas, un art sincère dans la dérision. Dans cette pièce qui veut s'inscrire différemment dans l'engagement, on a pu saisir une dimension « marchandesque » et non clownesque puisqu'on sent qu'on cherche la facilité et non le labeur.
Les personnages shakespeariens sont en nous, nous murent, nous murmurent, nous rongent, nous habitent et nous prouvent que la nature humaine est universelle. Toutefois, comment mettre à nu des personnages réels et les exhiber sur scène sans laisser au spectateur la chance de s'introduire dans le processus de l'identification? Il est vrai que le caractère populaire est une partie prenante du théâtre mais aller jusqu'à infiltrer le président de la République et le présenter avec des clichés «overdosés» juste pour provoquer le rire (le fameux burnous par exemple), le message devient vidé de tout sens, de signification et de verve. A-t-on vraiment besoin de voir sur scène le biscuit « chocotom »? Ce déjà vu, connu et copié fait perdre les notions de signes, de codes et de références théâtraux et artistiques...
Dans la cité, le théâtre est plus noble que la marchandise qu'offre la société du spectacle. Forcer la dimension spectaculaire du discours a pour conséquence un effet de fausse note; en d'autres termes le champ des mots usés, pratiqués, dits et redits, clamés et déclamés, mâchés et hachés entre comme par désenchantement.
Moralités mortelles...
«Tout pouvoir sans contrôle rend fou » disait Alain. La démesure pourrait être un comportement, une attitude, une réaction et donc esquissée dans la construction d'un personnage. Entre en scène le dramaturge et comédien Moncef Souissi. C'est lui le metteur en scène dans la pièce. Il est aussi l'homme pléthorique qui n'arrive pas à contrôler ses comédiens. Mais il se livre le pouvoir d'alerter et d'avertir. D'abord, il commence par donner des cours et des leçons de théâtre en parlant du fameux mentir vrai, de la sincérité dans l'art du comédien...enfin, il récite les règles du jeu théâtral. C'est en effet le profil du maître, du patron, du chef qui monte à la surface. Le personnage du metteur en scène feint la folie comme Hamlet afin d'être épargné de tout jugement. Les lumières se projettent sur le public et ce personnage l'interroge et veut interagir avec lui en criant les slogans : « non au terrorisme, non à la violence! » Bientôt les salles de théâtre deviendront alors des lieux de manifestations...
Néanmoins, on n'a pas senti la colère, la fureur, mais plutôt un désir d'être un porte-parole qui cache un être timoré. Mais porte-parole de qui monsieur le maître? On ne se contente pas de dire aux autres ce qu'ils doivent faire ou penser, on ne présente ni une thèse, ni une antithèse ni une synthèse, car on est justement dans l'art de suggérer et non dans l'art d'exagérer. On veut faire du théâtre didactique, oui, pourquoi pas, mais ce même théâtre doit inciter le spectateur à réfléchir seul sur son sort, son destin, sur le Hamlet qui se cache en lui, sur le Roméo qui souffre d'un amour impossible.
Provoquer le rire et l'émoi n'est pas une chose facile, on doit les sentir, les travailler et les accoucher. Le jeu de mots fortuit est récusable au théâtre, car la valeur d'institution culturelle et morale du théâtre est hautement noble.
Notre public est plus averti qu'on ne le croit. Dans le théâtre prononcé et énoncé, les mots doivent dénoncer et non parler pour parer... pour paraître!
Limiter le théâtre aux évènements banals du quotidien tue le pouvoir magique du théâtre qui bouscule les malheurs et les misères du monde et qui bombarde le terrorisme et ses procédés.
De plus, le manque d'habileté est perceptible dans cette manière de récolter les textes du grand maître et de les transcrire dans la réalité tunisienne sans recherche et sans créativité.
Et la fable? On préfère alors la trouver sur la grande scène : celle de la rue et des trottoirs qui longent les salles de théâtre et de cinéma : son esthétique dépasse et surpasse tous les clichés possibles et imaginables.
Enfin, Victor Hugo disait:" Shakespeare pense, Shakespeare songe, Shakespeare doute. Il y a en lui de ce Montaigne qu'il aimait. Le To be or not to be sort du que sais-je?" N'est-ce pas suffisant?
Auteur : Moncef Souissi et Mohamed Kouka. Mise en scène : Mohamed Kouka. Dramaturgie : Moncef Souissi et Moez Hamza. Comédiens: Mohamed Kouka, Moncef Souissi, Narimane Horchani, Moez Hamza, Ameur Mathlouthi.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.