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Quand on sème des milices on récolte des petits tyrans
Opinions
Publié dans La Presse de Tunisie le 28 - 07 - 2013


Par Khemais FRINI*
Lorsque j'avais posté un article intitulé «Le despotisme : une malédiction ou une destinée», j'avais au fond la réponse. Aujourd'hui, les Tunisiens le confirment : le despotisme est certes une malédiction mais ce ne sera jamais leur destinée
Quand, en l'espace de six mois, trois assassinats politiques ont lieu et restent impunis, il y a problème dans la gouvernance du pays. Le premier, celui de Lotfi Nagth, était l'œuvre des ligues de protection de la révolution créées et agréées par Ennahdha et le CPR. Annonçant déjà l'émergence du fascisme en Tunisie. Le second, celui de Chokri Belaïd, était carrément un crime d'Etat. Quant au troisième, c'est clair, c'est un crime de non-Etat, c'est-à-dire d'un Etat de non-droit .
La classe politique doit saisir une fois pour toutes l'influence et l'ampleur des déclarations publiques sur le citoyen. Les appels au meurtre et au lynchage énoncés avec insistance et clarté ne tombent jamais dans l'oreille d'un sourd. Surtout quand cela vient de la part de hauts responsables des partis. Les fanatiques n'attendent qu'un signal, même au second degré, pour passer à l'acte et concrétiser les directives de leurs dirigeants. Un politicien doit tourner la langue avant de haranguer les foules. A moins qu'il n'ait bien conçu ce qu'il dit et cela est une autre paire de manches. Seule la Justice républicaine tranchera dans ce cas.
Les ennemis de la République sont ceux-là mêmes qui rêvent de califat, de chaos et de guerre civile. Ce sont aussi ceux qui avaient piétiné le drapeau national et l'ont remplacé par une bannière internationale islamiste. Les ennemis de la République sont ceux qui tuent des élus du peuple. C'est également ceux qui, une fois élus, se retournent contre leurs électeurs. Les menacent de lynchage et de mort au cas où ils seraient tentés de changer d'avis.
Ceux qui profèrent ces menaces conçoivent très bien ce qu'ils disent.
Car, en général, ils refusent de se rétracter ou de s'excuser parce que, en réalité, ils ne font qu'annoncer à ceux qui les contrarient ce dont ils sont capables. Cela s'appelle de l'intimidation et parfois une anticipation sur ce qu'ils craignent comme réaction populaire.
Dans un précédent article que j'avais intitulé «La légimité ne résiste pas à la responsabilité régalienne de l'Etat», je rappelais que tout gouvernement incapable d'assurer la sécurité du territoire et des citoyens perd automatiquement sa légitimité.
Les actes sanguinaires que nous vivons en ce moment, outre qu'ils endeuillent les familles des martyrs, constituent un acte de guerre à la patrie et au peuple. D'autant plus que dans le cas du martyr Brahmi, il s'agit d'un député de la nation.
Sans aller chercher les responsabilités par-ci et par-là, le gouvernement de Ali Laârayedh est incontestablement responsable pour non-assistance à citoyens en danger. Ces évènements imposent donc la démission immédiate de son gouvernement.
Cette exigence qui émanait des partis politiques est aujourd'hui relayée par le peuple avec une seule voix. Elle est donc incontournable.
Ceci étant, il reste le cas de la Constituante et de sa légitimité. La légitimité appartient a l'électeur et non aux élus. Une assemblée est légitime tant que les électeurs n'en auront pas décidé autrement. S'il y a une constitution, les électeurs s'exprimeront par les urnes dans des élections anticipées. Dans le cas de la Constituante et comme il n'y a pas encore de constitution, on ne peut que se référer à l'éthique et à la morale des élus pour s'acquitter de leur mission dans les délais impartis. Si les élus venaient à manquer d'éthique, ils en rendront compte au peuple.
Seul le peuple détenteur de souveraineté pourra en finir avec ses élus.
En résumé, dans le cas de la Constituante et en cas de manque de respect de leurs engagements par les élus, ceux-ci auront justifié le recours des électeurs à la rue. Dieu seul sait ce qui se passera dans ce cas.
Mais, ce que l'on sait, c'est que la classe politique et surtout la Troïka ne peut plus tempérer les ardeurs populaires par des gymnastiques à la manière de celle qui nous a été gratifiée par Hamadi Jebali le 6 février, pas plus d'ailleurs que les milices de voyous.
Propositions de sortie de crise
Mais le devoir national et l'intérêt suprême de la nation nous obligent de proposer l'alternative démocratique et populaire qui peut encore sauver ce qui reste de la république :
- Un comité constitutionnel de sept membres sera chargé de parfaire la constitution dans un délai de 15 jours.
- Un directoire exécutif ou gouvernement de salut public de 12 membres devra voir le jour. Il sera chargé de diriger le pays et organiser dans un délai de 60 jours des élections sous contrôle des Nations unies.
L'un et l'autre devront être le fruit d'un consensus général entre tous les partis politiques, de droite comme de gauche, la société civile et les organisations interprofessionnelles (Ugtt, Utica, Utap). Ce consensus portera sur la mouture finale du texte de la constitution et s'imposera à la Constituante. Celle-ci devra dans une dernière plénière entériner ces deux institutions qui deviendront dès lors légitimes et démocratiques. L' assemblée doit également amender en conséquence l'Organisation provisoire des pouvoirs publics. Après quoi, la Constituante se séparera d'elle-même et déclarera solennellement son autodissolution. Si la Troïka tergiverse encore ou refuse de se mettre au service de la patrie, son destin sera scellé.
*(Ingénieur)


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