Ce que l'on sait de la secousse sismique enregistrée à Gafsa    Travailler après la retraite en Tunisie : ce que la loi autorise réellement    Retrait des nouveaux passeports : Avis aux Tunisiens résidant au Qatar    Réunion de la commission régionale de prévention des catastrophes : Priorité à Kobbet el Haoua    Souad Guellouz: Née pour être écrivaine, romancière et poétesse    Aux Tunisiens résidant à l'étranger : Nouvelles mesures pour faciliter l'obtention des permis de construire et l'immatriculation des véhicules !    La date de Aid Al Fitr 2026 fixée selon les calculs des experts de la Cité des sciences à Tunis    «Vente Flash» nouvelair: La France, l'Italie, l'Espagne, la Turquie et le Maroc à -30%    Apple lance son nouveau MacBook Air : découvrez les nouveautés du MacBook Air M5    Mattel, filiale de Tunisie Telecom, remporte le prix du Meilleur réseau mobile en Mauritanie, lors du Mobile World Congress    La Nuit des musées tunisiens : 18 musées publics ouverts la nuit, vendredi 13 mars    Météo en Tunisie : vent fort près des côtes et phénomènes de sable au sud    Pour les Tunisiens Résidents à l'Etranger dans les pays du Golfe et Iran : liste d'adresses et numéros utiles    Samira Guiza prend ses nouvelles fonctions de première présidente du Tribunal administratif    Visas suspendus pour 4 pays... La Grande-Bretagne passe à l'action    Taoufik Hachicha: La radio régionale en temps d'exception (Album photos)    Les universités privées tunisiennes à la conquête de l'Afrique centrale via le Forum tuniso-congolais 2026    Le programme TACIR et FOCUS Gabès, lancent un appel à candidatures pour la résidence co-créative "Immersia'Fen 26′′    Tunisiens dans les pays du Golfe et du Moyen-Orient : une cellule de crise 24H, deux numéros d'urgence et des consignes de sécurité    Hadj Béchir Akremi est décédé : Un pionnier des Tunisiens en France    Les soldes d'hiver prolongées ? Les commerçants réclament une décision    Météo en Tunisie : temps nuageux, pluies éparses sur le nord-ouest    Alerte aux Tunisiens à Dubaï : Le Consulat ordonne un recensement immédiat face à la situation régionale !    Comment payer la taxe de circulation en ligne ? Guide pratique    Kaïs Saïed sonne l'alarme: réformes structurelles imminentes pour les caisses sociales    Edito: Réinjecter l'expertise des retraités    Le VAR se réinvente... Les grandes nouveautés pour le Mondial 2026    Abdelmajid Chaar : Le papier et l'encre, notre trésor!    Les Nuits ramadanesques du Bardo 2026, du 6 au 15 mars dans plusieurs espaces    Monopole de la farine : 24 ans de prison pour Mohamed Bouanane    L'envoi vers les zones de conflit » : jugements sévères en appel, jusqu'à 24 ans de prison    Elyes Ghariani - De la retenue à la puissance: le tournant stratégique allemand    Secousse tellurique en Tunisie, au gouvernorat de Gabès ressentie par les habitants    Espérance : qui manquera face à Métlaoui ?    Régime 100 % végétarien (végétalien): avantages, limites et comment le faire correctement    L'avocat Ahmed Souab libre, après plusieurs mois de détention provisoire    Le Stade Tunisien demande les enregistrements du VAR    Leila Shahid: une vie à raconter la Palestine au monde    De Tunis aux plus hautes sphères : le parcours exceptionnel de Rachid Azizi dans son livre « Un sur un million »    Ahmed Jaouadi et Ahmed Hafnaoui brillent aux Championnats SEC : la natation tunisienne au sommet aux USA    Iran : Guerre probable, versus, paix improbable ?    Festival Gabès Cinéma : Afef Ben Mahmoud à la direction    La sélection tunisienne de judo senior remporte 11 médailles au tournoi international Tunis African Open    Le tennisman tunisien Moez Echargui se qualifie pour les quarts de finale du Challenger de Pau    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    L'Université de Tunis El Manar et l'Université japonaise d'Hiroshima signent un accord de coopération    Mondher Msakni: L'orfèvre    Secousse tellurique en Tunisie, au nord de Béja ressentie par les habitants    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Politique et action culturelle
Publié dans La Presse de Tunisie le 21 - 12 - 2014


Par Mohamed KOUKA
La question culturelle demeure la grande absente du débat politique actuel. Les politiques n'accordent pas un réel intérêt à la culture. Pas seulement par paresse d'esprit, mais par ignorance sûrement. Ils ne semblent pas aptes à en mesurer les véritables enjeux. S'ils daignent accorder un quelconque intérêt à la question, c'est, surtout, sous l'angle du divertissement et de la récréation qu'ils voient les choses. Ils croient que l'action culturelle se limite à l'animation spectaculaire. Un glissement consistant à considérer les formes du divertissement comme culture va de soi. On en vient à identifier divertissement et culture; situation aggravée par les différents médias, dont la fonction n'est pas de se consacrer à un rôle d'éducation et de culture mais, du matin au soir, à fournir du divertissement donnant un écho tonitruant à une forme de sous-culture. C'est la production d'illusions, du spectaculaire de l'émotionnel et de l'immédiat. La foule n'aime que le faire-valoir, le paraître, le simulacre, l'imitation et l'apparence. Bref, aucun souci de l'être ou de la réalité. Elle baigne dans la représentation. Les politiques lui emboîtent la pente, sans omettre de la savonner davantage. Ludwig Feuerbach, le philosophe allemand, a ce mot étonnant d'actualité «sans doute notre temps... préfère l'image à la chose, la copie à l'original, la représentation à la réalité, l'apparence à l'être... Ce qui est sacré pour lui ce n'est que l'illusion, mais ce qui est profane, c'est la vérité. Mieux, le sacré grandit à ses yeux à mesure que décroît la vérité et que l'illusion croît, si bien que le comble de l'illusion est aussi pour lui "le comble du sacré"».
Dans son sens le plus large, le plus fondamental, qu'on pourra dire ontologique, la culture recouvre tout ce par quoi l'existence humaine apparaît comme s'élevant au-dessus de la simple animalité, et plus généralement, à travers elle, au-dessus de la simple nature. On ne naît pas homme on le devient. Avec son «mythe de Protagoras», Platon ouvre une tradition anthropologique importante qui, déniant toute naturalité à l'homme, le présente dans un état initial de détresse et associe son devenir à la culture, tradition qui se poursuit dans la perspective humaniste d'un homme conçu comme «œuvre de type indéfini», l'affirmation nietzschéenne qui caractérise l'homme comme «l'animal dont le caractère propre n'est pas encore fixé, l'exception rarissime» ou dans la théorie rousseauiste de la perfectibilité.
Pourquoi une action culturelle ? Car il s'agit pour nous de pratiquer le monde, d'inventer une socialité nouvelle. C'est de culture vivante qu'il s'agit ici : c'est-à-dire de l'effort des hommes pour donner sens à ce qu'ils font dans quelques circonstances que ce soit. Et ce n'est qu'en rapport avec cette culture en actes que notre patrimoine culturel a la chance de nous concerner vraiment, de nous apporter sur nous-mêmes et sur le monde quelque éclairage significatif. La culture est une entreprise permanente de suscitation, de médiation et de catalyse sociale, l'action culturelle suppose évidemment des activités culturelles de tous ordres, dont chacune donne lieu à une multiplicité d'actes culturels particuliers : mais la seule chance qu'elle ait de remplir un tant soit peu la fonction qu'elle s'attribue c'est d'articuler ces actes et ces activités selon une politique globale, qui leur permette d'interférer entre eux sous les formes les plus fructueuses possibles pour tous. Faire vivre la démocratie, en aidant les hommes à prendre les moyens de comprendre et d'agir, de sorte qu'il y ait le plus possible de citoyens égaux devant l'idée et réels. La culture vivante ne se conçoit pas comme le monopole de l'élite détentrice exclusive du savoir, non plus comme l'apanage de l'intello coupé du monde. La culture vivante ne se conçoit qu'en termes de rapports humains et de vie quotidienne au sein de nos cités. Il s'agit de favoriser l'accès de chacun à une plus effective citoyenneté, c'est encore une fois la rencontre entre les hommes qui devient le problème crucial. Plus précisément, favoriser la rencontre de ceux qui savent avec le simple citoyen ; rendre la lecture et le livre populaires. Il s'agit de fournir aux hommes le maximum de moyens d'inventer ensemble leur propre fin. La culture exprime ce simple fait qu'un contenu porte le sceau de l'universalité. L'homme cultivé est celui qui sait imprimer à toutes ses actions le sceau de l'universalité, qui a renoncé à sa particularité, qui agit selon des principes universels, qui sait lier perfection et raison... C'est une idée neuve ici et maintenant.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.