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Les faiseurs de légitimité et de paix
«Immigration illégale»
Publié dans La Presse de Tunisie le 18 - 05 - 2015

L'indolence et la cruauté de l'Union européenne n'ont pas d'égales dans l'histoire du monde civilisé. Ni la mort de centaines de personnes, dont des enfants et des femmes, ni le calvaire de celles qui ont «réussi» la première épreuve de cette aventure mortifère et qui sont placées dans les CRA (centres de rétention administrative), assimilables aux prisons des pays qu'elles ont fuis, n'ont infléchi la rigidité de cet Occident qui prétend être l'oasis des libertés et le sanctuaire de la justice et des droits de l'homme. Alors jusqu'à quand va-t-on se contenter de contempler le spectacle tragique que nous offre la Méditerranée et de compter le nombre des naufragés?
Intervention militaire préméditée
Après les mesures d'urgence prises au Sommet extraordinaire de l'UE, qui s'est tenue à la suite du naufrage du chalutier, au large des côtes libyennes, ayant fait huit cents morts parmi les migrants, la Commission européenne vient de rendre public son plan de réforme du système migratoire qui se décompose en quatre parties: «la prévention de la traversée illégale des frontières de l'UE, le sauvetage des naufragés en Méditerranée, le perfectionnement de la politique pour l'intégration des immigrés légaux et la réforme du système pour la mise à disposition d'un asile». C'est-à-dire plus de sécurité, rien que la sécurité. Concernant ce dernier point, l'UE prône une répartition des demandeurs d'asile, en application du prinicipe des quotas pour mieux répartir les immigrés entre ses pays membres et alléger le fardeau de ceux confrontés à une forte affluence de migrants comme l'Italie, la Grèce et Chypre. Outre cette question d'organisation et de fonctionnement interne, l'Union européenne a demandé au Conseil de sécurité de l'ONU, par la voix de sa haute représentante pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Federica Mogherini, de lui accorder un cadre légal pour agir contre les passeurs organisant le transport des migrants à partir de la Libye. Donc, elle envisage d'intervenir militairement contre les trafiquants non seulement en haute mer, mais également dans les eaux libyennes et éventuellement sur le littoral. «L'Union européenne est finalement prête à (...) traiter les causes profondes et démanteler les organisations criminelles...», a fait savoir la chef de la diplomatie européenne. D'après elle, le maintien de la paix et de la sécurité internationales ainsi que le traitement des causes premières de ce phénomène résident dans des opérations militaires dont on commence à voir les manifestations, bien avant la résolution attendue de l'organisation onusienne, l'outil juridique de l'Occident qui en use au nom de la «communauté internationale» pour donner un «fondement légitime» aux actions qu'il entreprend à travers l'armada de navires de guerre repérée à quelques miles des eaux territoriales tunisiennes au large de Mahdia. Et selon «The Guardian», l'UE pourrait même lancer une opération terrestre en Libye. L'Otan a d'ores et déjà apporté son soutien à l'UE bien avant que les modalités d'une opération militaire ne soient encore discutées par les ministres européens de la Défense et des Affaires étrangères. Une décision qui serait déjà prise depuis quelques mois, et la délégation de quatorze journalistes tunisiens qui s'est rendue, au mois de décembre dernier à Bruxelles, sur invitation de l'Alliance atlantique, en sait quelque chose.
Les causes du départ
Alors, il faut imaginer les retombées insécuritaires sur la Tunisie si jamais un tel scénario prenait forme. Mme Mogherini voit dans cette opération militaire un «devoir moral». C'est conformément au même devoir que l'Occident est en train de détruire la Syrie, l'Irak et plusieurs autres pays. Leur morale on la connaît parfaitement bien, elle est pernicieuse et leurs actions « humanitaires» sont pires que les invasions tartares. Cet Occident qui est la cause directe de l'émergence des zones de conflits refuse d'accueillir les réfugiés qui veulent fuir la terreur et la mort qu'il a lui-même semées sur leur propre sol. En les encerclant de la sorte, il fait preuve d'un incroyable sadisme. Au lieu d'amplifier outre mesure le phénomène de la migration dite illégale, d'intensifier le drame et d'aggraver la situation, l'UE ne ferait-t-elle pas mieux de partager équitablement, avec la communauté internationale, la vraie, le fardeau des réfugiés? Une telle option serait beacoup plus salutaire et beaucoup plus honorable d'autant plus que le nombre des refugiés accueillis par elle est dérisoire, comparé à celui qu'on trouve dans des pays comme la Jordanie ou le Liban qui accueillent à eux deux près de 1,8 million de réfugiés syriens. En effet, le nombre de demandeurs d'asile dans l'ensemble des Etats membres de l'Union européenne a atteint le chiffre «record» de 625 000 personnes, d'après le rapport de l'Eurostat, publié au mois de mars dernier. Et pourtant, ils parlent d'«explosion du nombre de demandes», tout en sachant qu'un bon nombre de ces demandes d'asile ne sera pas satisfait. Certains pays de l'UE se cachent derrière la politique migratoire européenne discriminatoire pour faire pire. C'est le cas, par exemple, de la France. Et quand c'est l'UE, l'artisan de cette politique, qui l'appelle à respecter le droit d'asile, on peut se représenter les atrocités du système français en la matière. «L'accueil des demandeurs d'asile dans ce pays fait l'objet d' "insuffisances graves et chroniques» et les règles en matière d'asile et d'immigration en vigueur «posent de sérieuses questions de compatibilité avec les engagements internationaux de la France», souligne le commissaire aux droits de l'Homme du Conseil européen qui appelle les autorités françaises non seulement «à maintenir leur engagement d'accueillir 500 réfugiés syriens», mais les «exhorte à en accueillir davantage et à lever tous les obstacles» qui «compromettent» leur accès à l'asile, rapporte le quotidien français «Libération». Avant de s'intertoger sur ces arrivées «massives» et tout ce qu'elles impliquent, il importe à l'UE de se poser la question relative aux raisons de leur départ. Il est évident que par les guerres qu'elle provoque, essentiellement au Moyen-Orient et en Afrique et la politique commerciale agressive qu'elle mène dans ces régions, l'Union européenne est la principale cause de ces migrations et la seule responsable de ce désastre qu'on voit au quotidien.
Le mur de séparation
Donc, au lieu de pourchasser ces malheureux immigrés, il vaudrait mieux arrêter ces politiques catastrophiques qu'elle applique depuis des années, en exigeant des Etats africains qu'ils se convertissent au libre-échange total, avec tout ce que cela engendre comme fin des barrières douanières, quotas, droits de douane, libéralisation de l'agriculture et de l'industrie, ce qui a empêché ces pays de connaître un développement économique et poussé des milliers de gens à l'exode rural, puis à l'immigration. N'est-il pas temps pour les pays du Sud, dont la Tunisie, de rendre la pareille aux Européens en leur imposant le visa? Il y va de leur dignité. On se demande, en ce qui nous concerne, pourquoi les autorités tunisiennes qui se sont succédé depuis le 14 Janvier n'ont pas appliqué le principe diplomatique élémentaire de la réciprocité. D'ailleurs, le procédé ne leur est pas étranger, puisqu'il est en vigueur chez notre voisin de l'Ouest, l'Algérie, où il était établi par l'ex-président Haouari Boumédiène. Elles n'ont qu'à s'en inspirer. Mais malheureusement, nos autorités ont une autre conception de la dignité nationale, puisqu'elles permettent toujours aux ressortissants français, italiens, belges, suisses, allemands et hollandais d'entrer sur le territoire tunisien à l'appui de cartes d'identité, dans le cadre de voyages organisés. Et il faut savoir qu'ils sont également considérés comme tels, c'est-à-dire des touristes, même s'ils décident de s'installer chez nous pour y travailler, y monter un projet ou bien y passer leur retraite, parce que le coût de la vie est relativement très bas et qu'ils ne payent pas d'impôts sur le revenu. Pendant qu'on leur facilite l'accès à notre territoire, eux, ils nous ferment au nez le leur par la création de cet espace Schengen, qui est semblable au mur de Berlin ou bien encore à celui érigé par Israël pour couper les zones palestiniennes. Pire, ils font de leur système de visas un commerce très lucratif, vu qu'en plus des tarifs exorbitants, même les rendez-vous pour le dépôt de demande de visas sont payants. Et l'argent n'est pas remboursé, y compris dans le cas de refus du visa. Devant ce double blocus, qu'est-ce qui reste pour ceux qui voient leurs demandes rejetées ou bien ceux qui n'en ont pas les moyens, sinon se jeter dans les barques de la mort? Au vu de toutes ces considérations, n'est-il pas logique d'imputer l'entière responsabilité des calamités subies par les migrants à l'UE?


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