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Nejib Chebbi: Le temps nous est compté
Publié dans Leaders le 21 - 01 - 2016

Les Tunisiens se sentent floués, trahis par les politiques. Ils n'ont plus confiance en personne. Pis encore, ils ont perdu confiance jusqu'en en eux-mêmes. Où va leur pays ? Un redressement est-il encore possible ? Par où va-t-il arriver ? Ils n'en savent pas trop!
A la crise économique, aux tensions sociales et aux défis sécuritaires s'ajoute aujourd'hui une crise politique d'envergure qui désorganise le paysage politique, fragilise le pouvoir et ajoute aux causes du désenchantement et du désarroi général.
On ne peut baisser les bras devant une situation aussi dangereuse et qui peut ouvrir, si elle n'est traitée à temps, sur les pires scénarios.
Pour tenter de répondre aux interrogations et aux questionnements du public, il nous faudrait commencer par un rappel des grands traits qui caractérisent et encadrent la situation politique dans notre pays.
Quatre grandes données encadrent cette situation.
1/ Des réalités politiques incontournables sont nées des élections de 2014. Un Président élu au suffrage universel et un parlement tout aussi librement élu. Ils sont là pour une législature de cinq ans. Le Président ne peut être démis de ses fonctions que par le Parlement et dans le cas extrême de haute trahison. De son côté le Parlement ne peut être dissout que par le Président et dans le seul cas où il ne parviendrait pas dans un délai de quatre mois à voter un gouvernement. Ce sont donc deux institutions intangibles et toute tentative d'y porter atteinte menacerait tout l'édifice constitutionnel d'effondrement et ouvrirait la voie à toutes les aventures.
2/ Concomitamment, le nouveau régime fait preuve d'un échec politique patent. L'An I de la deuxième république a enregistré les pires performances des cinq années de transition. Pour la première fois de son existence, le pays s'enfonce dans la récession et enregistre une croissance économique nulle. Et malgré les efforts et les sacrifices consentis, le danger terroriste se fait plus menaçant et n'aide en rien le retour des investissements et la reprise économique. Sur fond de marasme économiques et de grèves sociales récurrentes, le gouvernement peine à envoyer des messages d'espoir aux jeunes et aux régions qui manifestent des signes d'impatience. A tout cela s'ajoute la crise politique née de la déconfiture du premier parti gouvernemental : An-Nida
3/ la troisième grande donnée consiste dans le vide politique créé par l'alliance au pouvoir des deux grands partis électoraux : An-Nida et An-Nahdha. Un gouvernement de coalition était prévisible, tous les sondages le laissaient prévoir et il ne fallait pas attendre les résultats des élections pour en découvrir la nécessité. A vrai dire, on le savait et on le préparait en secret. On ne voulait pas l'avouer aux électeurs pour capitaliser au mieux « le vote sanction » et le « vote utile ». Une cohabitation aurait été aisément acceptée si elle était basée sur un programme de salut national pour la réalisation des attentes sociales de la Révolution. Mais l'alliance s'est faite sur la base d'intérêts partisans réciproques : je vous offre une majorité confortable et un blanc seing pour gouverner, en échange de quoi vous m'accordez la protection contre toute tentative de persécution ou d'éradication à l'égyptienne. Certes les deux grands partis ont trouvé leur compte dans ce marchandage mais point le pays qui s'est trouvé privé des contrepoids nécessaires à une vie démocratique et qui a vu ses élus s'éloigner de plus en plus des préoccupations citoyennes.
Ce vide politique a été accru par défaite des partis socio-démocrates broyés qu'ils furent par le prétendu « vote utile » et il en est résulté un état d'abattement dans la société civile qui s'est sentie flouée et abandonnée.
4/ la quatrième grande caractéristique concerne le facteur temps. La Tunisie n'est pas encore une démocratie stable où le temps coule lentement et laisse aux élus une marge appréciable de manoeuvre. Si nous avons traversé avec succès la phase de transition et mérité pour cela le Prix Nobel de la Paix, nous ne sommes par pour autant à l'abri de retournements qui pèsent sur tous nos acquis démocratiques. Ces menaces proviennent précisément de nos échecs en matière de développement économique et social et qui font le lit du terrorisme. Car, le terrorisme est chez nous un facteur endogène qui s'alimente de la fracture sociale et des frustrations et désespoirs qu'elle engendre chez les jeunes, particulièrement à l'intérieur du pays et dans les ceintures rouges des grandes cités du littoral. Ce fléau connaît une progression exponentielle : il s'étend à une vitesse vertigineuse et atteint nos frontières où il se constitue des bases arrières où les tunisiens forment le premier contingent de combattants étrangers. C'est dire que nous n'avons pas droit à l'échec et que le temps perdu est gagné et mis à profit par l'adversaire. Un adversaire qui ne demande pas l'adhésion des populations mais leur soumission par la terreur et la barbarie.
Pour résumer donc, nous pouvons dire que nous vivons dans le cadre d'une légitimité d'institutions sorties des urnes, que le régime qui en est issu peine à donner des signes de succès et qu'à trop chercher à se prémunir de l'instabilité parlementaire, il a organisé le vide politique et suscité l'abattement dans la société civile. Tout cela à un moment où le temps nous est compté.
Le redressement auquel aspirent les citoyens ne peut donc se faire qu'à travers les institutions élues où seul le gouvernement constitue une donnée variable. Car il est non élu directement par le peuple et répond de ses actes devant les représentants du peuple. En dehors d'une pression citoyenne, nous l'avons constaté à nos dépens, le système ne peut donner que ce qu'il a, c'est à dire un gouvernement Essid II, sans vision ni programme ni leadership. Mais d'où viendrait cette pression citoyenne dans les conditions du désenchantement général et d'un vide politique effrayant.
La crise d'An-Nida n'en ajoute que d'avantage de confusion à ce tableau. Il serait hasardeux de se lancer en conjectures à son propos, tous les retournements sont encore possibles car elle ne semble obéir à aucune loi. Mais si nous nous en tenons aux faits actuels nous pouvons constater d'ores et déjà que:
* An-Nida n'est plus le premier parti à l'Assemblée
* Que son gouvernement est fragilisé et devient encore plus dépendant de son allié An-Nahdha, propulsé ainsi premier parti à l'Assemblée et exerçant à ce titre une tutelle politique sur les instances du pouvoir
* Que le camp démocratique n'est plus uni comme il semblait l'être avant cette crise. Il est représenté par plusieurs groupes à l'Assemblée (dont le groupe Al Horra, né de la scission d'An-Nida), par une nébuleuse de petits partis et une masse de personnalités indépendantes
Le redressement souhaité et confusément attendu passe donc nécessairement par un rééquilibrage des forces, notamment la fédération du camp démocratique. Le leader charismatique de ce camp ne peut plus assurer ce rôle puisqu'il est le Président de tous les tunisiens. De plus, l'expérience nous a appris que cette fédération pour être durable doit être fondée sur une stratégie claire, donc une vision, un programme, des moyens et des étapes bien définies et clairement annoncées. On ne peut plus mentir aux électeurs ni fuir les ententes de principes qui respectent et gèrent la diversité. Et à ce titre, nul parti ne peut prétendre détenir la clé de la crise. Le temps des divisions cellulaires est bel et bien révolu et le temps nous est compté.
Le temps d'une nouvelle initiative est venu, elle doit être fédérative sans être l'addition arithmétique des groupes existants. Elle doit venir d'un groupe de personnalités crédibles, diverses et ouvertes à tous et à toutes.
Le temps nous est compté!


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