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L'incroyable métamorphose d'Ennahdha !
Publié dans Leaders le 01 - 06 - 2016

«Il faut que tout change pour que rien ne change...»
Giuseppe Tomasi di Lampedusa
Il n'est plus possible de se taire. Il faut parler et dénoncer. Dix jours après le tant attendu Xème congrès d'Ennahdha, les sceptiques, les mal intentionnés, les négationnistes et autres gens de mauvaise foi continuent, qui dans des tribunes, qui sur les plateaux de TV ou sur les ondes, d'affirmer, et ce, malgrél'évidence, que le Parti du Cheikh Ghannouchi n'a rien changé et n'a en rien changé.
La probité et l'honnêtetéintellectuelle imposentde s'élever contre de telles inexactitudes, de dénoncer de telles outrances et de rétablir la vérité.
Avoir les moyens de sa politique
Personne ne peut nier le sens de l'hospitalité dont a témoigné le Parti islamiste (Oups, il ne faut plus dire « islamiste » puisqu'il paraît qu'il ne l'est plus. Et si cet adjectif n'est pas effacé, c'est uniquement par flemme de revenir en arrière). En tout cas, personne ne peut ignorer l'importance des moyens qu'il a mobilisés pour bien accueillir ses honorables invités. N'a-t-il pas dépensé selon les dires de ses dirigeants pas moins de 9 millions de dinars et tous ces dinars, selon les mêmes dires, n'ont-ils pas été rassemblés grâce à la générosité des militants et des sympathisants(heureux le parti dont les militants sont si riches etdont les sympathisants ne connaissent pas la crise!). En d'autres temps, la générosité des Nahdhaouisse limitait à leurs partisanset à leurs supplétifs et obligés comme M. Marzouki ou M. Ben Jaâfar, deux exemples pris au hasard parmi tant d'autres juste pour donner une idée du changement opéré!
Tout le monde a dûadmirer les magnifiques bouquets de lys blancs artistiquement disposés sur des supports couleur ivoire sur lesquels ont été savamment ouvragés de complexes arabesques. Les mauvaises langues ont dit que cela faisait très kitsch et d'ajouter méchamment que cela devient lassant de voir les mêmes bouquets de lys blancs partout : chez Samir el wafilors de ses fiançailles, au domicile de Ghannouchi à chacune de ses audiences et même au Palais de Carthagelors des réceptions de BCE. C'est à croire, toujours selon les mêmes langues, qu'ils se sont regroupés pour centraliser leurs achats et obtenir des rabais. Pourtant de la part d'un parti jusque-là sobre et obnubilé par la transcendance, se préoccuper des menus plaisirs des sens et de détails esthétiques, convenez-en, c'est un sacré changement!
Comme le diable, le changement est dans les détails
D'ailleurs, ce n'était pas le seul changement esthétique entreprislors de ce congrès. Après la diffusion de quelques sourates du Coran simultanément à la projection des imagesde quelques prestigieuses mosquéeset outrel'inévitable: «Au nom de Dieu, le Clément et le Miséricordieux» répété en préambule par chaque orateur(Référents islamiques obligent), les assistants ont eu droit à de la musique et à des chants, il est vrai quelque peu militants mais que les mauvais esprits ont trouvés un peu niais voire cucul… Pourtant, est-ce que vous mesurez l'étendue du changement? Non ! Eh bien sachez, donc, qu'alors que certains courants islamistes interdisent la musique et en détruisent les instruments, le jour de l'ouverture du Congrès d'Ennahdha, un chœur de jeunes filles et de surplus non voilées s'est produit au grand plaisir des assistants et à la grande surprise des observateurs et analystes. (Comme on est loin du wahhabisme pour qui tout chez une femme est «carwa» y compris sa voix!)
D'ailleurs tout le long du congrès une ambiancede fêtepopulaire et bonenfant a régné, ambiance qui ne se rencontreque lors des compétitions sportives ou lors de spectacles de cirque.En effet, les millions collectés, fruits de la charité des sympathisants(si! si! enfin, il paraît.) ont permis d'accueillir les militants, les congressistes, les sympathisants et surtout les invités qui ont convergé de partout vers la coupole de la salle omnisports de Radès. On a assisté à un spectacle des plus réjouissants qui a donné l'occasion aux Tunisiens de se rencontrer dans leur diversité et de rencontrer des étrangers tout aussi divers. Un brassage coloré et tolérant a réuni des Tunisiens, des étrangers, des barbus, des Occidentaux, des Orientaux, des cravatés, des laïcs, des glabres, des croyants, des athées, des croisés…c'est dire le degré d'ouverture d'esprit et la hauteur du respect de l'autre! Vous êtes d'accord qu'admettre une telle diversité est une preuve de modération et de « tawassoutya».
Ce brassage, cette mixité, cette… (j'ai failli écrire promiscuité, mais il ne faut pas pousser!) s'est opéréeaussi entre les genres: des hommes et des femmes; des femmes voilées en majorité et quelques-unes non-voilées, «nues», comme en dit par hyperbole en dialecte tunisien et tout ce monde a cohabité toute une longue journée et il n'y a eu ni harcèlement sexuel ni viol, n'en déplaise à Kamel Daoud. Après tout, on n'était ni à Cologne ni dans le bureau de vice-président vert du Senat français.
Démocratie et transparence numériques
Ennahdha comme il vient d'être mentionné a tenu, après l'avoir répété à satiété, à prouver sa modération et son ouverture consensuelle mais il s'est efforcé aussi à démontrer qu'il est transparent et qu'il ne pratique plus ni double langage ni Takiya. Pour ce, il a opté pour l'innovation et pour le modernisme. Grâce à une partie des neuf millions de dinars, qui du coup semblent inépuisables, il a offert une tablette à chacun des 1200 congressistes. Et n'en déplaise aux esprits chagrins qui se sont moqués en affirmant que la majorité des dits congressistes ignoraient l'usage des outils numériques, ces tablettes ont servi à désigner dans la transparence les différents responsables dans les différentes instances du Parti mais aussi à voter les différentes motions et notamment la séparation entre la politique et la prédication.
Séparation qui induit la spécialisation, un élément fondamental d'une stratégie beaucoup plus sophistiquée, une stratégie à plus longterme qui remonte au père fondateur Hassan Al Banna quil'a appelée «Tamkine» …
Kezako? Promis, ce sera l'objet d'une prochaine tribune.


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