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Tunisie: Le retour à un régime autocratique est-il envisageable?
Publié dans Leaders le 18 - 11 - 2021

Par Riadh Zghal - Lorsqu'on observe le retour des réflexes collectifs du culte de la personnalité dans les manifestations répétitives ces derniers temps, que l'on note la tendance générale dans les posts de nos compatriotes sur les réseaux sociaux, il y a comme un appel à l'autorité au sommet de l'Etat. Le scepticisme, voire la méfiance, à l'égard de la démocratie s'est installé après dix années de crises tous azimuts. Politiquement, le flou règne quant aux choix fondamentaux destinés au redressement de la situation. Un président à qui beaucoup sont reconnaissants d'avoir stoppé net les stratégies nocives d'Ennahdha et consorts, mais s'impose comme l'unique détenteur de tous les pouvoirs. Tout cela s'avère comme des signes annonciateurs du retour au pouvoir centralisé et autoritaire.
On ne peut pas s'attendre à ce que toutes les révolutions soient identiques et que les périodes transitoires qui leur succèdent suivent la même trajectoire. Cependant, il est utile de se rappeler que les révolutions qui ont produit les grandes démocraties actuelles avaient abouti à des régimes dictatoriaux plus ou moins prolongés dans le temps depuis Cromwell jusqu'à Staline en passant par Napoléon Bonaparte et la restauration de la royauté en France. N'oublions pas non plus que les révolutions contre la colonisation dans presque tous les pays anciennement sous la botte de puissances étrangères n'ont pas généré des régimes démocratiques mais, au contraire, des régimes autoritaires dont la plupart sévissent encore de nos jours.
Le risque d'un retour à l'autoritarisme demeure patent, car il y a une convergence entre les dispositions prises par le président de la République et une remise en question de l'utilité de la démocratie répandue dans la société. Une société qui, depuis que le modèle branlant de démocratie s'est installé dans le pays, n'en finit pas de vivre la dégradation incessante des conditions de vie.
Un autre facteur menaçant pour la démocratie réside dans l'orientation culturelle en matière de leadership. Elle réside dans l'attrait du paternalisme, une attitude qui, en échange de sa loyauté, la personne s'attend à ce que le leader prenne en charge ou, du moins, intervienne dans la résolution de ses propres problèmes. Un leader «paternel» est supposé être compétent, bienveillant, compréhensif et empathique dans ses rapports avec ses collaborateurs. Or si cela peut aider à souder les équipes de travail autour d'un projet à réaliser, en politique cela maintient les citoyens en situation de dépendance, peu enclins à la responsabilité et à l'initiative. Ce qui témoigne de cette orientation, c'est la crainte de la démocratie participative. On craint la participation de la base aux décisions politiques parce que l'imaginaire populaire y voit le spectre redoutable du régionalisme et du tribalisme. Parallèlement, on perd de vue le fait que si certaines régions du pays ont été marginalisées ou dont l'élan de développement a été étouffé, c'est justement parce que les décisions politiques étaient centralisées et soumises aux rapports de force en présence au sommet de l'Etat.
Cette peur de la base se trouve renforcée par le message aux contours très vagues émanant du Président et son entourage qui prône le dialogue avec «les jeunes», une catégorie mal définie, les élections législatives d'individus représentant des localités pour former le parlement, la référence au «peuple qui veut» comme si ce peuple constituait une entité homogène. Ce discours paradoxal marqué, d'une part, par le déni de la diversité sociale et de la nécessité de structures intermédiaires qui expriment les visions différentes des catégories sociales et, d'autre part, par une valorisation de la catégorie des jeunes et des particularités locales que justifierait la représentation de chaque unité territoriale par un individu élu par la population locale. Pourtant la diversité est aussi présente parmi les habitants d'une même localité !
Faut-il voir dans ce contexte si brouillon un terrain favorable à l'érection d'une nouvelle dictature habillée d'un prétendu nouveau modèle démocratique ?
On serait tenté de répondre par l'affirmative si la société civile n'avait pas fait montre de vivacité et de résilience. Elle en avait donné la preuve en 2013 lorsque le statut de la femme était menacé par le courant islamiste nahdhaoui, dominant l'Assemblée constituante. Elle avait, le 25 juillet, poussé le président de la République à geler un parlement qui menait le pays à la dérive.
Et depuis que le Président a déclaré l'état d'exception, même si une majorité l'a soutenu, la vigilance est restée en alerte. Des voix s'élèvent à chaque menace constatée dans les agissements du pouvoir pour la liberté d'expression ou les droits de l'homme. Mais la partie est loin d'être gagnée quand on pense à la grave crise économique que traverse actuellement le pays.
Derrière un mouvement social, une révolution, il n'y a pas que de bonnes intentions. Les mauvaises intentions peuvent remuer des forces qui mènent au pire. Toutefois, l'espoir est pour le moment placé dans le nouveau gouvernement et dans les perspectives d'un dialogue social annoncé qui pourra éventuellement baliser les voies de sortie de crise sans céder sur le processus démocratique. Personne n'attend des solutions à court terme mais chacun aspire à l'ouverture de voies qui mènent à la sortie de la crise où le pays s'est engouffré. Comme l'avait écrit Saint-Exupéry : «Dans la vie il n'y a pas de solutions ; il y a des forces en marche : il faut les créer et les solutions suivent.»


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