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Le journalisme: profession ou/et mission
Publié dans Leaders le 26 - 04 - 2023

«On naît journaliste, on ne le devient pas», suis-je tenté d'affirmer, n'eut été mon inclination au rejet de toute généralisation abusive. Mon esprit abhorre cette sentence sans nuances mais un élan du cœur me pousse à y adhérer.
Emporté par la passion? Voire…
Si l'exercice judicieux du métier de journaliste nécessite l'acquisition de quelque formation technique, il n'en demeure pas moins qu'il exige au préalable l'émergence d'une vocation. D'ailleurs, il ne s'agit pas tant d'un métier que d'une mission dont se sentent investis des hommes voués au service d'autrui.
Abnégation, humilité et honnêteté: telles sont les qualités morales et intellectuelles qui sont requises pour postuler au statut de journaliste.
Alors, un homme saint? Non, mais plutôt un esprit sain. Un homme ou une femme, dont la règle de vie est la recherche de la vérité, rien que la vérité.
Curieux de tout, le journaliste ne doit pas se suffire d'accompagner les inaugurations de chrysanthèmes en hiver ni de voler au ras de pâquerettes au printemps. Etre dithyrambique n'est pas pour lui une fatalité. Je me suis toujours remémoré, parmi les devises qui n'ont guère perdu leur cours, deux qui se rapportent à notre propos. La première, qui est devenue le leitmotiv d'un quotidien de langue française: «sans la liberté de blâmer il n'est pas d'éloge flatteur ». La seconde, c'est un journal satirique qui l'énonce: «la liberté de la presse ne s'use que si l'on ne s'en sert pas». Toutefois, la liberté, si elle constitue un droit, elle n'en implique pas moins des obligations. Car il s'agit d'abord pour le journaliste de bien maitriser le sujet de message qu'il entend transmettre. Ensuite, il lui faut assumer pleinement les conséquences des propos ainsi véhiculés.
Enfin, il se doit de persévérer dans la conquête d'un espace toujours plus large de cette même liberté. Michel Foucault (1926-1984) ne disait-il pas dans un cours donné au collège de France le 24 janvier1979 que «la liberté, ce n'est pas une donnée ; c'est quelque chose qui se fabrique à chaque instant».
Certains auteurs prétendent que le journalisme constitue de nos jours un quatrième pouvoir qui s'additionne aux trois autres répertoriés depuis 1748 par Montesquieu (1689-1755). Un pouvoir ou bien un contre-pouvoir ? That is the question. Dans les deux cas un journaliste, respectueux de ses lecteurs, veillera jalousement à son indépendance vis-à-vis des interférences de toute origine et repoussera les accointances de tout acabit. C'est à ce prix qu'il pourra mériter de la communauté des hommes qui lui attribuent souvent les qualités d'un parangon de vertu.
Au demeurant, dans cette profession à haut risque, les gens du métier doivent se prémunir contre les deux périls qui ne manquent pas de les guetter: l'obséquiosité d'une part, l'outrecuidance de l'autre. L'affirmation de soi n'exclut pas la pondération. Les meilleures idées peuvent être altérées par un langage abscons. Le mot juste et le ton serein soutiennent toujours une pensée claire. Comme pour la musique, le style harmonieux adoucit les mœurs. A contrario, un langage trivial les pervertit. Ce n'est pas fortuit si des expressions telles que «propos blessants» et «phrases assassines» ne sont pas une simple clause de style mais traduisent fort bien la réaction du lectorat vis-à-vis de certains textes écrits au vitriol.
Forts de ses préceptes, des journalistes peuvent accéder, une plume au poing, aux avant-postes de la marche de la société vers les virages de la plénitude. Certains d'entre eux acquièrent même une stature charismatique. Ils sont élevés sur un piédestal pour avoir été, des éclaireurs avisés. On en compte même des visionnaires. Oyez donc : Albert Londres (1884-1932), qui, dans un reportage sur les Balkans en l931, écrit dans le petit Parisien : «il y a un tonneau de poudre dans cette région». On sait ce qu'il y advint depuis lors. Le 20ème siècle a bel et bien commencé à Sarajevo et s'est achevé au Kosovo. Pierre Viansson-Ponté (1920-1979) qui dans le journal le Monde, signe à la veille de mai 68, un article prémonitoire «la France s'ennuie» annonçant la bourrasque qui ébranlera la France de Gaulle. Des journalistes de cette trempe sont légion. Mais l'histoire a cette particularité qu'elle ne retint souvent que la mémoire de ceux qui l'a ont pressentie. La postérité rend ainsi hommage à leur perspicacité.
La Tunisie, pays de longue tradition journalistique compta, au cours du siècle dernier, diverses figures élevées au rang d'icônes: Hédi Laabidi (1926-2018), un fin lettré, Mohamed Galbi (1940-2010) à l'humour caustique, Mohamed Ben Smaïl à la plume chatoyante sans oublier bien sûr notre ainé bien aimé Béchir Ben Yahmed (1928-2021).
Ils ont, en un mot comme en cent, réussi à forger un sort… prédestiné.
Aissa Baccouche


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