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Bochra Belhaj Hmida : Inquiète et rassurée
Publié dans Leaders le 14 - 08 - 2012

«Mon sentiment quant à la situation de la femme en Tunisie au moment où nous célébrons le 13 août est mitigé. Je suis à la fois rassurée et inquiète », répond à Leaders Bochra Belhadj Hmida, avocate et militante de premier rang de la cause féminine. «Rassurée, poursuit-elle, en voyant que les femmes des zones les plus reculées du pays et des couches les plus défavorisées sont assez fortes. Elles ne sont pas dans la régression, mais dans la revendication, la contestation. J'ai rarement vu une femme remettre en cause ses acquis».
Et qu'est-ce qui l'inquiète alors ? «C'est la situation sociale et culturelle qui continue à régresser au lieu d'évoluer. J'ai toujours considéré que les pays où la situation de la femme a régressé sont ceux dans lesquels il existe un grand écart social. Le statut de la femme est en fait un baromètre de justice et d'équilibre social. A mesure que nous reculons sur le front des revenus des familles, de leurs conditions de vie et de leurs droits et libertés, l'injustice sociale s'accentue.
C'est pour Bochra Belhadj Hamida, l'enjeu central. «Le régime déchu, souligne-t-elle, avait fait du football et des questions de la femme un défouloir. Depuis le 14 janvier, le corps de la femme est devenu le centre des débats avec tout ce qui peut porter sur l'accoutrement et le comportement. De plus, le corps est utilisé par certains pour manipuler l'opinion publique et surtout l'éloigner de ses problèmes réels. Nous voyons émerger de vrais problèmes, mais nous ne sommes pas dans une guerre des sexes».
Que fait alors le ministère de la Femme, conduit désormais par Sihem Badi (CPR)? «Je n'ai rien vu venir, répond Bochra. Vous savez, j'avais toujours rêvé de voir un homme nommé à la tête de ce Département et lorsque j'ai appris que dans le cadre de la répartition des maroquins, le poste revenait au CPR, j'ai sincèrement souhaité qu'il soit confié à l'un des hauts dirigeants de ce parti. En vain !».
Quand on l'interroge sur le bilan du gouvernement de la Troïka et de celui qui l'avait précédé, Bochra répond «qu'on ne peut leur demander de résoudre tous les problèmes en 18 mois, mais au moins de nous dire où on va et dans quelles perspectives». Critique, elle ajoute : «Je ne vois rien de différent par rapport à l'ancien régime. Juste on reprend les projets bloqués souvent en raison de guerres de clans pour se les partager et on les relance. Pis encore, on encourage l'enrichissement massif, sans œuvrer pour la réduction des disparités et la mise en œuvre de réformes profondes. L'opulence agressive continue à être ostentatoirement affichée et les disparités sociales s'élargissent davantage».
Ce qui la chagrine le plus, «c'est d'entendre ce discours qui monte les uns contre les autres». «J'ai l'impression, souligne-t-elle, de voir émerger un état d'esprit très particulier qui considère l'élite comme une insulte alors qu'elle constitue pour notre pays une chance, une source de richesse. Le discours général est très violent. Je n'y trouve rien de rassurant, d'apaisant, d'incitant à la tolérance et au vivre-ensemble dans le respect de l'autre».
L'Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) qu'elle avait présidée deux fois, après avoir contribué à sa fondation, brille ces derniers temps par son silence? «Oui, acquiesce Bochra, non sans un fond d'amertume. Nous avons un problème de communication et nous ne parvenons pas encore, après la révolution, à faire connaître toutes nos activités pourtant très importantes. Nous sommes par exemple à ce jour l'unique association qui dispose d'un centre d'écoute pour les femmes victimes de violence et recevons des centaines de cas que nous prenons sérieusement en charge. Mais, qui le sait ?»
Comment poursuivra-t-elle son combat ? «D'abord, répond-elle, en mettant toutes mes énergies pour la réussite des prochaines élections dans la transparence la plus totale. Nous devons pousser toutes les forces démocratiques à s'unir et se lancer dans la bataille, en faisant triompher la transparence des urnes. Mon second combat, c'est la lutte contre la montée de la violence. C'est inouï ce qui se passe, dans le silence le plus absolu. Violence acharnée contre les personnes, les établissements publics, les institutions, agressivité sans limites et acharnement total. C'est pourquoi, nous venons de créer une association dédiée à la lutte contre la violence et comptons l'élargir le plus possible et lui donner les moyens d'agir».
Sera-t-elle candidate aux prochaines élections ? «Je n'y pense pas du tout, affirme-t-elle. Autant je ne regrette pas ma candidature en octobre 2011 où j'ai beaucoup appris sur le terrain, autant cela glisse aujourd'hui sur le mur de mon indifférence. Maintenant, s'il y a une femme candidate à la magistrature suprême, qu'elle soit assurée de mon soutien. D'ailleurs, nous devons imposer un scrutin à deux tours, ce qui nous donnera plus de chance».


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