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Quand l'art rend hommage à l'histoire nationale
Publié dans Le Temps le 12 - 11 - 2016

La visite du ministre des Affaires culturelles effectuée le 22 octobre dernier, a suscité beaucoup d'intérêt de la part des intellectuels et hommes de culture de la région.
Cette visite à Gafsa a été concomitante avec un autre événement, celui de la commémoration du centenaire de Ahmed Tlili, grand patriote et syndicaliste né à El Ksar de Gafsa, en 1916 et mort en 1967, à Paris.
Ahmed Tlili est décédé trop jeune, trop tôt pour réaliser son idéal démocratique dans un pays qui était encore sous la férule de la dictature et de culte de la personnalité de Bourguiba.
Il a fallu une longue période pour que la mémoire d'Ahmed Tlili soit réhabilitée et restaurée dans sa véritable envergure de grand homme de l'Histoire contemporaine de notre pays. L'image d'Ahmed Tlili, avant d'être enfin restituée convenablement, connut des tentatives de dénigrements politiciennes commises par des tenants du régime du pouvoir personnel mais aussi de l'exploitation éhontée et scandaleuse de la part des proches, de la mémoire de Ahmed Tlili, deux phénomènes qui ont chahuté sérieusement l'image de ce grand leader. Notre propos n'est pas de revenir, aujourd'hui, à l'examen de l'apport d'Ahmed Tlili, mais d'apprécier la célébration de son centenaire par l'UGTT à Gafsa.
Il nous semble que personne dorénavant ne peut amoindrir l'image d'Ahmed Tlili que ce soit au niveau de l'Histoire du mouvement national ou au niveau du syndicalisme tunisien, maghrébin, africain ou mondial. Les positions d'Ahmed Tlili en faveur de la démocratie sont aujourd'hui, relatées comme des positions d'avant-garde qui ont annoncé et confortent actuellement les acquis démocratiques atteints par notre pays.
La commémoration du centenaire d'Ahmed Tlili a été célébrée nationalement mais surtout à Gafsa, sa ville natale. L'hommage qui lui a été rendu n'est que justice. Il était temps de l'entreprendre.
La cérémonie présidée par le secrétaire général de l'UGTT, à travers un discours fleuve a retracé les grandes lignes de la vie et de l'œuvre de ce grand leader. Houcine Abassi a mis en exergue les grands apports d'Ahmed Tlili au niveau du politique, comme au niveau syndical sans réduire l'œuvre d'Ahmed Tlili à un seul aspect de ses luttes, plutôt riches et complexes.
Un séminaire scientifique organisé par l'Union régionale de l'UGTT est venu rehausser l'évaluation historique, sociale des apports d'Ahmed Tlili. Ce séminaire d'un grand niveau était l'occasion pour des universitaires et chercheurs de mettre en valeur les grandes réalisations d'Ahmed Tlili.
Des analyses pertinentes sur l'apport d'Ahmed Tlili par rapport aux luttes démocratiques, au rôle d'Ahmed Tlili dans la lutte de libération de la Tunisie et en Algérie et à sa conception de l'autonomie syndicale ont été développées très justement.
Tout s'est déroulé parfaitement jusqu'au moment où la célébration du centenaire d'Ahmed Tlili a buté sur une cérémonie de mémoration qui a raté le coche, surtout dans la partie commémorative artistique.
L'UGTT, les autorités régionales ont, dans leur volonté, de marquer physiquement l'espace de la ville de Gafsa, en érigeant symboliquement un monument à la mémoire d'Ahmed Tlili, un monument très dévalorisant par rapport à ce grand nom de l'Histoire de la Tunisie.
Le monument, une colonne surmontée d'une gravure très médiocre devant en principe représenter le portrait d'Ahmed Tlili, nous a semblé choquante pour la qualité du tracé de la gravure.
L'image produite est une calamité artistique. La gravure suit une ligne hésitante ignore la logique des clair-obscur ne restitue nullement le visage d'Ahmed Tlili et constitue une sorte de masque, une mascarade d'art en somme. Il fallait peut-être mieux éviter de montrer cette gravure et garder les bonnes impressions retenues par le discours de Houcine Abassi et les bonnes interventions du séminaire.
La réalisation de ce monument dans cette dimension minimale et cette qualité peu reluisante est une sorte de négligence envers le symbole qui est devenu Ahmed Tlili, symbole qui nous rappelle la personne d'Ahmed Tlili et son œuvre. Les discours sur Ahmed Tlili sont importants mais ils ne sont qu'éphémères, ce qui dure plus longtemps est l'image concrétisée, matérialisée dans une sculpture ou dans une gravure artistique. Le monument artistique est une trace de l'Histoire. Elle marque l'espace de la ville aussi.
Tout le monde n'est pas censé apprécier cela ainsi. L'art éternise les représentations. Nous aurions aimé que l'Union régionale de l'UGTT à Gafsa donne plus d'importance au choix de la place et de l'œuvre qui éterniseront la mémoire d'Ahmed Tlili. Il ne faudrait pas faire les choses à moitié comme cela a été fait.
Il nous semble qu'il est encore temps pour que la grande centrale syndicale, qu'est l'UGTT, rectifie le tir et lance un concours impliquant des sculpteurs tunisiens pour élaborer une sculpture digne d'Ahmed Tlili et de l'UGTT, aussi bien à Tunis qu'à Gafsa.
La Place Ahmed Tlili
Un jour après l'inauguration de la Place Ahmed Tlili dans l'aire des lycées, à Gafsa et suite à l'installation du monument médiocre et minimaliste érigé en hommage à ce leader, la place reçut une pléiade d'expositions montées par la délégation régionale de la culture pour illustrer la nouvelle approche des cités de l'art préconisée comme nouveau projet du ministère, pour affirmer la nécessaire décentralisation culturelle en faveur des régions, de toutes les régions de notre pays. L'intention est généreuse, courageuse.
Tout le monde y souscrit, sauf les sceptiques qui relèvent que cette action de créer des cités de l'art, ou que les villes de la Tunisie, deviennent des réceptacles de production artistique et de consommation-communication de l'art est utopique parce que cet art ne pourra être qu'éphémère, si les conditions de création ne sont pas réunies et si les infrastructures durables pour susciter et accueillir les productions artistiques ne sont pas réalisées régionalement. Déjà, la Cité nationale de la culture n'est pas au point... ou du moins, elle n'est pas prête à démarrer... Indépendamment de ces remarques sceptiques, nous pensons que les enjeux valent bien d'être tentés et être relevés. Optimisme oblige.
La visite du 22 octobre 2016 du ministre des Affaires culturelles commença en premier lieu, par la place Ahmed Tlili où les stands qui se sont rapidement montés, jaillirent pour recevoir des expositions d'art et d'artisanat d'El Guettar, des photos très intéressantes de Mohamed Aleïmi de Redayef. Une autre manifestation impliqua une animation d'enfants « teints » très impressionnantes. Evidemment la visite du ministre fut ponctuée de musique populaire de Mezoued.
L'ambiance était à la fête, mais les fêtes ne durent que le temps de la visite du ministre... Il faudrait beaucoup de temps et d'efforts pour que les manifestations folkloriques se convertissent en animation artistiques significatives.
L'autre événement qui a retenu notre attention c'était le dialogue instauré par le ministre des Affaires culturelles avec les hommes de culture de la région de Gafsa.
Ce dialogue fut dithyrambique, presque surréaliste, beaucoup d'interventions des acteurs de théâtre, des opérateurs culturels quelquefois intérimaires, des artistes en somme expriment des revendications certainement légitimes. Les poètes, les agents du secteur culturel monopolisèrent la parole pour dire leur préoccupation de voir l'Etat les prendre en charge toute la vie de ces hommes qui ont tant donné à la culture dans une région marginalisée.
D'autres revendications de créateurs moins marginalisés ont exprimé la nécessité de trouver des moyens pour que leurs voix soient prises en considération et pour que leurs productions musicales et autres soient enregistrées et commercialisées.
Les revendications, très nombreuses, furent émises et notés par les accompagnateurs du ministre.
Des dizaines de projets furent remis et attendent d'être étudiés. Le ministre a aussi écouté des doléances plus institutionnelles, comme celles de certains Gafsiens de créer un musée de la préhistoire à Gafsa. Cette doléance a été réitérée à plusieurs reprises comme celle de lancer un laboratoire de préhistoire impliquant des équipements technologiques de haut niveau comme ceux du C14.
Des artistes contemporains ont également évoqué la nécessité de créer un musée régional d'art contemporain à Gafsa.
Tous les espoirs sont permis, peut-être pourrions nous voir se réaliser tant de choses à Gafsa. La question est de savoir si les moyens seront disponibles pour répondre à tant de revendications. Le budget de la culture pour 2017 pourra-t-il en satisfaire quelques unes. Il faudrait attendre pour voir !


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