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Interventions, pistons, « petites gratifications » : le vrai du faux...
Citoyenneté: La corruption...
Publié dans Le Temps le 19 - 02 - 2007

Le thème a été abordé en cours de semaine à la Chambre des députés. Elle existe bel est bien chez nous, dans les rouages administratifs particulièrement, mais selon le ministre délégué auprès du Premier ministre, le phénomène n'est pas aussi corrosif qu'on le prétend. Plutôt agir sur les mentalités, suggère - t - il...
Nul pays ne peut prétendre ignorer complètement la corruption et les circuits occultes. Il n'en demeure pas moins que la transparence est le rempart qui peut éventuellement protéger contre les dépassements.
Le ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de la Fonction publique et du Développement administratif a affirmé devant la Chambre des députés que la corruption n'est pas ancrée dans les rouages de l'administration tunisienne. Il a dressé, à cette occasion, un bilan prometteur de la situation dans la fonction publique, insistant toutefois sur la nécessité de transformer les mentalités. Selon lui, agents de l'Etat, citoyens et médias doivent s'attacher à l'objectif de rationaliser l'action administrative. Il n'a toutefois pas cessé d'avertir que ce n'est pas uniquement au niveau des législations qu'il faut travailler, car l'action ne sera efficace qu'une fois la conviction de changer se soit affirmée. Il a ajouté qu'il faut s'attaquer au fond des choses et non, se limiter à des réformes superficielles. Il s'est même exclamé en répondant à une question se rapportant à l'absentéisme : « Même avec un mode de contrôle de présence électronique et personnalisé, un agent peut toujours déjouer les règles. Il peut, par exemple, pointer et quitter l'administration pour revenir « repointer » à la fin de l'heure. Donc, c'est plutôt au niveau de la conscience professionnelle qu'il faut agir ! ».
D'ailleurs, ce débat a été une occasion pour que les députés ont pu questionner le ministre sur certaines défaillances de l'action administrative et surtout celles que ne cessent de transmettre les rumeurs et le grand public concernant la transparence des résultats des concours nationaux et spécialement la CAPES, ainsi que celui de la corruption. Le Temps a cru utile de revenir sur ces questions auxquelles tout le monde souhaiterait avoir des réponses.

Ce que tout le monde ne cesse de chuchoter:
La rumeur court, et certains députés l'ont soulevé aussi, que les résultats du concours du CAPES « Certificat d'aptitude au Professorat d'Enseignement Secondaire » suscitent des interrogations en matière de transparence. Les racontars vont d'une prétendue fuite des sujets, juste avant l'examen, jusqu'à l'exigence d'un salaire annuel (près de huit mille dinars) pour « garantir » la réussite d'un candidat, en passant par des états intermédiaires telles un coup de pouce à l'oral ou lors de l'affectation à un poste proche, une fois le candidat admis. Selon la rumeur, chaque chose a son propre prix. D'ailleurs, le CAPES n'est pas l'unique concours public visé par la rumeur, tous les concours d'admission à la fonction publique le sont pratiquement et au même titre. On parle de listes pré-établies par ci, de concours symboliques faits pour régulariser la situation de certains contractuels et temporaires par là,etc... Les retards dans les délibérations s'interprètent toujours par des luttes entre les divers clans de l'administration sur le partage du nombre d'admis. Ceux qui n'ont pas réussi prétendent toujours avoir appartenu, à un certain moment, à la liste des lauréats et qu'ils ont été éliminés au dernier moment au profit de quelqu'un d'un autre clan. Tout le monde parle de manipulations et de malversations diverses. Aucun concours n'est épargné, même pas l'agrégation.
Mais, il ne faut pas manquer de préciser qu'il n'y a jamais eu de preuves tangibles à ces différentes allégations. Ceux qui avancent ces accusations prétendent qu'il ont peur pour leur avenir professionnel et qu'ils ne peuvent « vendre » la mèche en arguant «mouch r'joulia », voire une position chevaleresque, ou en évoquant la peur des éventuelles conséquences. Pourtant, il n'y a pas de plus honnête et de plus brave que la dénonciation de la corruption.

La schizophrénie de l'intervention
Tahar, un sociologue qui a fait des études sur les phénomènes de société, interprète ainsi la situation : « Il existe deux aspects qui ont poussé à l'expansion démesurée d'un tel état de fait. D'une part, il y a la schizophrénie de l'intervention en Tunisie. Le Tunisien en use même pour obtenir un extrait de naissance. Il fait une intervention pour que son quelconque dossier ne sorte pas avec le reste des dossiers signés dans le courrier quotidien, mais quinze minutes plutôt. Il veut se vanter d'être au-dessus du lot. Le Tunisien fait toujours une intervention pour changer son rendez-vous à l'hôpital, une autre pour déposer un dossier après l'expiration des délais, etc... Sur un autre registre, les Tunisiens cherchent des connaissances pour améliorer la qualité du blé, du raisin, ou des tomates qu'ils ont livrés et dont ils veulent « améliorer » le rendement. Il y a presque une conviction générale que seule une bonne « intervention » peut bien règler les affaires. Certaines de ces interventions sont toutefois bénévoles, entre des connaissances familiales, régionales ou citadines ; d'autres le sont, parait-il, contre monnaie sonnante. Les citoyens donateurs concernés croient qu'ils n'ont rien fait de mal. Ils disent avoir juste donné un petit pourboire à quelqu'un qui leur a épargné un peu de fatigue. Ils oublient toutefois le tort qu'ils ont causé à l'organisation du circuit administratif à travers ce geste qui semble anodin. Je n'incrimine pas les citoyens, mais je trouve que la responsabilité est partagée. D'autre part, il y a un constat que les citoyens ne se sont pas encore concilié avec les services publics et l'administration. Les citoyens ne s'y identifient pas encore. Ils le considèrent étranger et une bonne partie, parmi eux trouve que tout peut s'obtenir à l'aide de l'argent. Ce mental là ne pourra pas contribuer à développer l'administration et à l'affranchir des multiples poids et mesures. Avec cet esprit, quiconque ne pense qu'à trouver une éventuelle connaissance en s'adressant pour un service à l'administration. Donc, il faut donc lutter contre cette « petite corruption » qui semble anodine mais qui dérègle réellement les réformes. Pour ce qui est de la gestion des structures du contrôle administratif et financier, il est clair que les infrastructures disponibles et les techniques maîtrisées permettent de déceler tous les mouvements des fonds ou de propriétés. Donc, les structures de l'Etat sont suffisamment outillées pour lutter contre les manipulations. En conclusion, il est clair que toutes les composantes de la société sont associées à cette mise à niveau de l'administration. Il faut, d'une part, que chacun, parmi nous, n'ait pas recours à des interventions et, d'autre part, que l'administration bloque de telles pratiques. Un fonctionnaire doit refuser de déroger à la règle pour rendre service à une connaissance. Ce n'est certes pas très facile, mais, l'administration à distance et l'allègement des formalités pourraient aider à ça. Il faudrait aussi dynamiser les structures de contrôle contradictoire en matière de respect des procédures.».
Ceci, pour ce qui est de la gestion des affaires administratives courantes, quant aux concours et aux autres évaluations, Tahar pense : « Tant que les candidats n'accèdent pas à leurs copies d'examens, ou même à une éventuelle correction, les contestations persistent. Il faut chercher des méthodes qui facilitent l'auto-évaluation. Ainsi, la moitié du chemin est déjà faite. Regardez le baccalauréat ou l'examen du 9ème, il est rare qu'un candidat conteste sa note. Pourtant leur nombre est très important. La transparence des procédures du début à la fin de chaque opération barre la route à la contestation. Il faut, d'autre part, minimiser au maximum le recours à l'évaluation orale. On ne perd rien à mettre les corrections des concours sur le Net, ou à les publier dans les médias. Ceci ne peut que renforcer la transparence. Le mot d'ordre focal, c'est libérer les circuits de l'information. Une personne bien informée ne saurait se référer à des rumeurs. Il n'en demeure pas moins que tout reste relatif. »


Il y a la schizophrénie de l'intervention en Tunisie. Le Tunisien en use même pour obtenir un extrait de naissance. Il fait une intervention pour que son quelconque dossier ne sorte pas avec le reste des dossiers signés dans le courrier quotidien, mais quinze minutes plutôt. Il veut se vanter d'être au-dessus du lot. Le Tunisien fait toujours une intervention pour changer son rendez-vous à l'hôpital, une autre pour déposer un dossier après l'expiration des délais, etc... Sur un autre registre, les Tunisiens cherchent des connaissances pour améliorer la qualité du blé, du raisin, ou des tomates qu'ils ont livrés et dont ils veulent « améliorer » le rendement. Il y a presque une conviction générale que seule une bonne « intervention » peut bien règler les affaires.


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