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Dépassionner le « je t'aime, moi non plus »
Tunisie- France
Publié dans Le Temps le 26 - 05 - 2011

• Quand Nadine Morano cherche à dissiper des malentendus…
Elle sait flirter avec les médias et ne met pas de gants quand il s'agit de faire étal du fond de sa pensée et par surcroît de défendre les principes du président français Nicolas Sarkozy. Il n'y a pas l'ombre d'un doute, Nadine Morano, ministre de l'Apprentissage et de la Formation Professionnelle, est une invétérée et inconditionnelle « Sarkoziste ».
Elle s'est taillé une réputation, plutôt hargneuse, auprès de la communauté maghrébine musulmane lorsqu'elle déclara, alors qu'elle était secrétaire d'Etat chargée de la Famille et de la Solidarité sur la question de la compatibilité de l'Islam et la République, « moi, ce que je veux du jeune musulman, quand il est français, c'est qu'il aime son pays, c'est qu'il trouve un travail, c'est qu'il ne parle pas le verlan, qu'il ne mette pas sa casquette à l'envers ». Il y a du juste, mais il y a aussi une once d'absurdité avec risque d'une couverture de racisme. Et l'affaire « Sniper » de 2009 n'a fait que rajouter de l'huile sur le feu. Morano a carrément fait part de son « émoi » au sujet des textes de chanson du groupe les taxant de « triplements scandaleux : antisémites, racistes et injurieux. » Un peu casse-gueule la Nadine. Néanmoins, gonflée lorsqu'elle se donne au plaisir de la danse avec les jeunes de l'UMP à l'occasion de la première soirée d'université d'été à Royan.
Depuis Morano a fait du chemin. Là voilà parmi nous en Tunisie en tant que ministre de l'Apprentissage et de la Formation Professionnelle.
Dixième ministre en visite depuis le 14 janvier, Morano a apporté dans ses bagages les plus utiles des instruments de soutien à la Tunisie : la détermination et le concret. Certains diront que cela ne suffit plus, dans la mesure où la Tunisie déplore à l'heure actuelle un énorme besoin de pactoles. D'accord l'argent est indispensable pour remettre l'économie tunisienne sur les rails. Toutefois, il s'agit de bien plus que cela. Il s'agit de concevoir des programmes d'échanges et de coopération susceptibles d'esquisser les premières et fondamentales lignes du nouveau schéma économique. Et le travail que fait Morano avec son homologue tunisien Aïdi fait partie intégrante de cette fresque eu égard à l'importance de son objectif, à savoir l'employabilité des jeunes. Mme la ministre n'a pas manqué de mettre en exergue l'ampleur du dossier de la formation professionnelle lors du déjeuner de presse organisé mardi dernier chez l'ambassadeur de France M. Boris Boillon.
La bouffe était succulente et copieuse à la table de BB, le débat lui, l'était tout autant. Diverses questions ont été abordées, notamment la fameuse question en rapport avec la position « stérile et indifférente » de la France vis-à-vis de la Révolution tunisienne et qui revient d'ailleurs telle une rengaine ; c'est à croire que les Tunisiens n'arrivent pas à passer à autre chose. Morano avoue que : « la France s'est fait berner et elle a été surprise par l'enchaînement rapide des évènements en Tunisie. » Faute avouée, à moitié pardonnée.
La ministre a également mis sur la table l'enthousiasme et la persistance du président Sarkozy à mettre en place une feuille de route offrant à la Tunisie la possibilité de réussir sa transition démocratique. Tout en rappelant, par ailleurs, l'importance capitale des intérêts et des relations qui lient la France à notre pays.
Et puis, il y a la question brûlante, dirons-nous, de l'immigration clandestine des Tunisiens ayant fait terni – aux yeux du gouvernement tunisien, notamment- l'image d'une France hospitalisée ces dernières semaines. Aujourd'hui plus de 3000 migrants on été reconduits en Tunisie. Selon Morano, le problème est bien plus grave et cache en coulisses les véritables enjeux de ce phénomène : les jeunes tunisiens fuient leur pays pensant trouver meilleur refuge en France alors que leur avenir se joue maintenant dans une Tunisie postrévolutionnaire.
A ce propos, le gouvernement français se précipite à œuvrer pour des mesures concrètes à l'instar du déblocage de 350 millions d'euros par l'AFD (Agence Française de Développement). M. Boris Boillon précise à ce sujet que d'ores et déjà 185 millions d'euros ont été décaissés.
Dans un autre registre, celui du savoir-faire sécuritaire de la France. La ministre confirme la disposition de la France à faire bénéficier la Tunisie de son expertise dans le but de permettre aux forces de l'ordre de reconsidérer leurs approches. Car dit-elle : « la police tunisienne n'a pas l'expérience nécessaire pour faire face à la gestion rationnelle des mouvements de protestation de la société.»
Cette question nous rappelle forcément celle concernant l'affaire MAM. Selon les dires de Morano qui dit « défendre Michèle Alliot-Marie bec et ongles », les déclarations de cette dernière ont été déformées et mal interprétées. « Il s'agissait de sauver des vies et non d'opprimer le peuple. » affirme la ministre.
Par ailleurs, BB tenait absolument à préciser que la France n'avait pas, comme les apparences laissaient apparaître, de bons rapports avec Ben Ali. Il y avait carrément de la méfiance de sa part envers la France. Et pourquoi cela ne nous étonne pas ? « S'il existait des rapports de Wikileaks français, tous se seraient aperçus que l'évaluation de la situation établie par les diplomates français était nettement plus critique que celle des Américains.» Parce que selon l'ambassadeur, le système français fonctionne bien. « On ne s'est pas fait wikileakser.» ajoute BB en esquissant un sourire de coin.
Au moment du dessert, le chef de la diplomatie française a mis en avant le point focal du débat : la stabilité du pays. Ainsi, souvent, la France a-t-elle calculé l'évaluation de ses rapports avec la Tunisie en admettant une équation où la stabilité était le paramètre principal. Désormais, la donne a changé. La vision de la France aussi. En aurons-nous enfin fini avec « le je t'aime, moi non plus » ? Voilà qui serait mieux !


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