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Comment les sportifs voient le futur du sport tunisien?
Publié dans Le Temps le 23 - 10 - 2011

Dossier présenté par Mohamed Sahbi RAMMAH - Aujourd'hui et avec ces premières élections «libres et démocratiques» au vrai sens du terme qu'enregistre avec fierté notre pays, notre peuple toutes tendances confondues tourne définitivement une page de son histoire et rompt une bonne fois pour toutes avec l'arrogance de ce raz de marée inamovible des listes incontournables rouges, avec cette hideuse couleur violette barbotant tous les édifices de nos contrées, avec ces taux scandaleux de plus de 99% de réussite dans les présidentielles, en un mot notre glorieuse Tunisie pionnière et initiatrice du renouveau du monde arabe, entrera dès ce soir de plain-pied dans une dynamique nouvelle qu'elle étrenne pour la première fois de sa riche histoire.
Comment nos sportifs appréhendent-ils les lendemains de ce mémorable 23 octobre ? Nous avons approché une pléiade de nos techniciens, et responsables pour en savoir plus sur cette question. Réponses :

Nabil Maâloul(Entr.EST): «Nous avons, jusque-là, suffisamment mangé de pain noir»
«Avec cette nouvelle ère qui s'annonce, je pense qu'il est grand temps pour notre sport en général et notre football en particulier de renouer avec les avant-postes et de redorer notre blason quelque peu terni ces derniers temps. Nous avons jusque là suffisamment mangé notre pain noir et il est venu le moment où nous sommes dans l'obligation de sortir la tête de l'eau, de nous débarrasser de cette gangue, de nous départir de cette léthargie et de clamer haut et fort que nous sommes là et qu'il faudrait désormais compter avec nous autres les Tunisiens. Notre équipe nationale est sur la bonne voie et j'attends d'elle un parcours brillant à la future CAN.
Le CA également est en passe de s'illustrer et de nous offrir la coupe de la CAF. L'Espérance après avoir réussi la gageure historique de rafler haut la main la mise localement aux lendemains de la révolution est à deux petits doigts de réaliser le rêve tant caressé de monter sur la cime de l'Afrique. Preuve irréfutable du renouveau de notre sport roi. Mais attention, nous devons cravacher très dur et continuer à nous échiner au labeur car nous avons encore d'autres challenges autrement plus importants à réaliser. Gardons-donc les pieds sur terre et restons humbles et surtout lucides. »

Fateh Alouini (Pdt JSK) : «Politique et sport ne font pas un»
«Notre sport devrait être débarrassé à jamais de l'ingérence des politiques. Les carriéristes politiques n'ont plus droit au chapitre et ils doivent s'occuper uniquement de ce qui les regarde dans leur vaste et non moins complexe domaine.
Que l'on se rassure, le pays ne vivra pas une apocalypse avec ces élections. Tout au plus, notre paisible peuple aura la latitude d'exprimer pour la première fois et en toute liberté son choix. Voilà plus de 50 ans que nous attendions ce jour de bonheur. Fatalement, cela se répercutera sur notre sport avec des gens compétents, intègres, hautement conscients qui vont retrousser leurs manches et se mettre au travail avec abnégation, sérieux et surtout recherche de l'intérêt général en bannissant à jamais le nombrilisme, le régionalisme, l'interventionnisme dans leur gestion quotidienne des dossiers. C'est tout le mal que je leur souhaite. »

Adel Daâdaâ (Pdt CSHL) : «L'arbitrage soulagé»
«En principe cette nouvelle saison sera marquée par le renouveau de notre arbitrage. Un secteur névralgique mais qui a lourdement souffert par le passé à cause de l'ingérence suspecte de certaines gens « de poids » dans ses affaires, dans ses décisions. Les arbitres n'auront plus pareilles épées de Damoclès suspendues au dessus de leur tête avec menaces très sérieuses de terribles représailles ultérieures au cas où il n'appliqueraient pas les consignes dictées...
Le sport sera donc pratiqué dans sa noble essence uniquement sur le terrain et que le plus méritant sorte vainqueur. Purifié, le spectacle drainera à coup sûr beaucoup plus de monde. Rappelons que de nombreux férus du sport ont déserté les travées ulcérés par les injustices visibles à des milliers de lieues de la ronde avec souvent des résultats programmés d'avance.
Pour mon club, je m'interroge sur le mutisme et l'absence du gouvernorat et de la municipalité à nous venir en aide matériellement. Pas la moindre contribution pour l'heure ! Le CSHL est le club phare du gouvernorat de Ben Arous et mérite de facto beaucoup plus de sollicitude, d'égards. Autrement, il risque de rentrer dans les rangs voire de chuter dangereusement vers les profondeurs. »

Lotfi Kadri (Entr.ESBK) : «Pour un sport propre»
«J'espère que certaines mentalités finiront par effectuer un virement à 180°. Oui pour un sport propre où les spectateurs affluent en famille pour faire la fête sur les travées avec bannissement des violences et des slogans orduriers. Les responsables des clubs doivent commencer par donner l'exemple en mesurant leurs propos et déclarations.
Nous n'avons plus besoin de ces diatribes incendiaires attisant la rancœur et le ressentiment chez les supporters. Il est grand temps qu'on mette définitivement un bémol aux accusations gratuites pour expliquer ou plutôt camoufler les raisons d'un échec en mettant tout sur le dos de l'arbitre, de l'adversaire voire de la pelouse impraticable.
On ne peut gagner à tous les coups et cette notion devrait être assimilée par tout le monde. Qu'on cesse de fausser les résultats par des magouilles machiavéliques et que le meilleur gagne par la sueur, par la force du jarret mais uniquement sur le rectangle vert et pas dans les coulisses. »

Younès Selmi (Ex -Pdt DNA) : «Surtout les hommes qu'il faut»
«Je ne vois pas les changements découlant automatiquement et inéluctablement de source après ce changement tant attendu du régime. Pour moi, il s'agit plutôt d'une affaire d'hommes. Nous devons parvenir à placer les hommes qu'il faut là où ils peuvent être les plus utiles à notre sport. Des gens connus par leur compétence, qui savent réfléchir sur l'avenir de notre discipline sans avoir peur de qui que ce soit avec des mains entièrement libres. Par le passé, et il est superflu de citer des noms, des moyens colossaux ont été mis à la disposition de nos instances mais malheureusement les résultats n'avaient pas suivi par manque de fermeté de certains responsables. Bien choisir donc et dénicher avec minutie et rigueur les futurs responsables à veiller sur notre sport roi. Leur assurer toute la logistique idoine à même de leur permettre de travailler en toute sérénité et surtout de mettre en exécution et de concrétiser leurs plans et leurs idées du départ. Oui je serais éventuellement de retour à la DNA au cas où il y aurait un autre BF sérieux ,travailleur, acharné et surtout n'empiétant pas les plates bandes de l'arbitrage. »

Imed Mseddi (Vice-Pdt CSS) : «Infrastructure et stratégie à revoir»
« Il faudrait commencer selon mon humble avis à revoir toute l'infrastructure sportive du pays qui souffre d'une très mauvaise répartition sur nos contrées et d'un déséquilibre des plus tangibles. A titre d'exemple, une seule salle couverte homologuée dans tout le gouvernorat de Sfax ! Sans oublier bien sûr le centre et le sud qui ne sont pas mieux lotis sur ce plan. Une stratégie bien codifiée à mettre en place arrêtant les options pour les court, moyen et long termes. Cessons de naviguer à vue et de vivre au jour le jour. Les centres de formation véritables viviers des clubs doivent bénéficier d'une sollicitude et d'une attention plus grandes et non être traités comme les parents pauvres, les laissés pour compte. L'arbitrage débarrassé de l'ingérence des pontes d'antan contribuera à relancer notre sport. Du coup, le public, les joueurs, les staffs, convaincus de n'avoir pas été floués, lésés et victimes d'injustices accepteront sans récrimination leurs défaites éventuelles. Je suis pour la restauration de l'équité et de la justice sportives avec des fédéraux et autres responsables intègres, honnêtes et ne potassant plus leurs épineux dossiers avec la fameuse loi des deux poids deux mesures de naguère et qui tant nui par le passé aux clubs démunis de solides appuis et parapluies dans les différentes instances décisionnelles. »

Taoufik Zaâboub (DT.ESS) : «Changer radicalement les mentalités»
« Tout d'abord il faudrait que les mentalités changent radicalement en se débarrassant à jamais de la suspicion, de la méfiance, des mauvais et lâches tours à jouer et à ourdir en catimini. Doter les clubs de l'encadrement, de la logistique, des aires jeu pour qu'ils puissent s'acquitter dans les meilleures conditions de leur mission. Alléger le planning scolaire en octroyant des plages horaires plus larges aux élèves leur permettant de s'adonner à leurs sports favoris sans grande pression, sans être perturbés et taraudés par leurs devoirs à accomplir une fois rentrés tard chez eux. La confiance devrait être instaurée de façon mutuelle entre toutes les composantes de notre sport : tutelle, CNOT, fédérations, présidents, joueurs, arbitres, public. De la sorte, les sponsors reviendront en masses, le niveau de jeu ira en s'améliorant ce qui ne manquera pas à se répercuter positivement sur nos équipes nationales. »

Kamel Zouaghi (Entr.EGSG): «Il faut que les grandes compétitions reviennent»
«Je vous mentirais si d'aventure je me mettais à broder béatement et à faire l'éloge de l'avenir qui nous attend nous autres petites équipes.
J'irai même jusqu'à exprimer ouvertement mes appréhensions et mes craintes pour le futur immédiat de mon club. Par le passé le gouvernorat, la municipalité, les sociétés y allaient de leur contribution pour aider un tant soit peu les caisses. Mais pour l'heure rien ne pointe à l'horizon sur le plan matériel. Je ne suis pas en mesure d'appliquer mon programme de préparation comme préconisé et planifié depuis le départ. Les joueurs perturbés et nullement concentrés ne parlent au fait que de salaires, de primes, d'arriérés non honorés. Sur le plan technique, exception faite de quelques rares jeunes éléments perçant ça et là, le restant des joueurs sur tout le territoire ont une moyenne de 8- 10 ans de carrière et ne sont plus les grands compétiteurs de naguère.
C'est donc une phase de transition que nous traversons le temps que les jeunes talents s'aguerrissent et atteignent leur vitesse de croisière avec plénitude de leur rendement. »

Mokhtar Tlili (Entraîneur) : «Bâtir sur des bases solides»
«C'est le moment ou jamais de commencer à bâtir sur des bases solides. Tout doit changer vers le meilleur. En principe toutes les cartes sont en règle avec la volonté de toutes les parties prenantes, ou presque, de tourner la page et d'inaugurer une aire nouvelle. Il est grand temps qu'on rompe avec cette mauvaise et non moins ridicule habitude d'inviter deux journalistes, deux dirigeants sur les plateaux des télévisions pour plancher et solutionner nos maux aux lendemains de chaque cuisant échec. Il faut créer des commissions solides ?bien articulées avec des compétences reconnues et au passé riche et bien garni. Tirons avec calme les conclusions qui s'imposent et reconnaissons avec courage avoir failli quelque part en ayant commis des impairs. Ce n'est guère avilissant de le faire, bien au contraire. Mais de grâce qu'on cesse définitivement de nous mentir à nous-mêmes, à autrui en fanfaronnant à qui veut bien nous entendre posséder les meilleurs joueurs, les meilleurs terrains, les meilleures équipes, les meilleurs responsables, les meilleurs techniciens ! Allégations ne trompant personne du reste et grandement vérifiées par les réalités quotidiennes des terrains. »

Adel Zahmoul (Ex- arbitre international): «Insuffler un sang neuf»
« Notre sport ne pourra progresser et sortir de ce marasme qu'à la seule condition de lui insuffler un sang de neuf. Des responsables connaisseurs en la matière ayant pratiqué par le passé le sport et maitrisant sur le bout des doigts et dans les moindres détails tous les problèmes et aléas pouvant nuire à la bonne marche de notre football. Des gens au passé irréprochable et non terni par de scabreuses et louches affaires. Par ailleurs la DNA devrait être confiée comme le stipulent les textes en vigueur de la FIFA à une sommité dans le domaine. Entendre un international richement capé et intègre. Les Younès Selmi, Neji Jouini, Zoubaier Nouira ou Hichem Guirat sont bien placés à mon humble avis pour postuler légitimement et avec bonheur à cette direction tant ils font l'unanimité là où ils passent. »


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