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Un cri de détresse
Parution : « Ayouha Ettinou Tachakkal » de Othmane Jelassi Chérif
Publié dans Le Temps le 16 - 02 - 2012

Depuis la Révolution, on assiste à un mouvement poétique prolifique. En effet, un bon nombre de poètes ont fait publier leurs recueils, qui à compte d'auteurs, qui par les maisons d'éditions. Encouragés par l'extension de la liberté d'expression, naguère limitée et surveillée, certains ont fait éditer des créations poétiques écrites sous la dictature et qu'ils ont gardées cachées depuis des années de peur de la censure et de la répression; d'autres ont profité de la nouvelle conjoncture favorable et plus tolérante à l'expression culturelle pour donner libre cours à leurs talents et leur imagination, en littérature (poésie, roman…) comme dans les différents arts (peinture, cinéma,
théâtre…), d'autres encore ont dû apporter quelques révisions à leurs anciens écrits pour les adapter aux nouvelles circonstances. Aujourd'hui, nos créateurs vivent, tous azimuts, un formidable boom culturel depuis la Révolution du 14 janvier !
Parmi les nouvelles parutions de janvier 2012, nous sommes tombés sur ce nouveau recueil de poésie de Othmane Jelassi Chérif intitulé « Ayouha Ettinou tachakkal » (ô argile, forme-toi !). Ce recueil comportant 17 poèmes en vers libres, écrits entre 1990 et 2012, aborde différents thèmes à dimensions nationale , arabe et universelle . Certains poèmes, comme « La Jungle », où le poète fait allusion à la bande corrompue sous l'ancien régime qui a semé la terreur et fait la pluie et le beau temps pendant plusieurs années «La souffrance et moi, sommes des jumeaux/ Le vigile est notre ombre/ Plus d'amour, plus d'espoir, plus de joie…/ Bande d'énergumènes, armés de terreur/ ils ont volé toutes les dattes, toutes les figues et toutes les pommes/ … ». Dans le poème qui porte le titre du recueil, le poète pousse un cri de détresse sur la situation actuelle, non seulement dans son propre pays, mais aussi au niveau du monde arabe où tout porte à croire que cette partie du monde est en ébullition et dont l'avenir n'est pas encore assez clair, aussi doit-on se fier aux poètes qui sont les précurseurs de l'avenir de la nation de par leurs pensées visionnaires, ce qui fait dire au poète : « N'est pas poète quiconque a le rythme et la rime/Le poète a un seul commandement : celui qui veut me suivre, qu'il porte son trépas dans une main et son cercueil dans l'autre/ Ô peuple, retiens les commandements de tes poètes/ Ils seront de retour de derrière les barrières, de l'outre-tombe/ le poète et l'infini ne sont pas synonymes/ Le poète est crucifié mais ses vers continuent à retentir dans les cieux… !
Dans le recueil, d'autres poèmes chantent le passé glorieux des Arabes et des personnalités arabes illustres, comme dans « Ainsi n'est pas mort Abu Dhar », l'un des compagnons du Prophète, connu surtout pour son franc-parler ou «Rayhan Ibn Salah » où il est question d'un appel à la résistance et à la persévérance pour défier tous les obstacles qui puissent entraver la marche vers un avenir meilleur : « Ô Rayhan, laissez tomber le Calife/ La branche se brise quand elle se plie/ Que le soleil s'éclipse tout au long de la nuit, il brillera au matin et nous réchauffera de ses rayons… » D'autres poèmes évoquent l'amour de la patrie « Tunisie 1 » et « Tunisie2 », la liberté à laquelle sont consacrés deux poèmes et l'enfance pour qui le poète voue un grand intérêt, considérant qu'il n'y a pas d'avenir prospère pour cette nation sans l'enfant. Un autre poème intitulé « Le miroir » brosse le portrait de l'homme arabe qui refuse de se regarder dans le miroir de peur de découvrir ses défauts ; le poète appelle dans ce poème à une réconciliation avec ce miroir qui nous met en face de notre réalité : « Trente ans se sont écoulés et bientôt quarante et j'ignore encore qui je suis, je cherche encore mon égo/ Chaque fois que je me regarde dans le miroir, il me paraît vide… » Othmane Jelassi Chérif n'a pas oublié d'évoquer la Révolution en honorant les jeunes auteurs de ce grand changement historique et en émettant ses plus profonds vœux pour un avenir prospère à notre pays : « Que vive la Tunisie à jamais/Hymne de la liberté et Terre de la sécurité/ Que l'Histoire marque ce jour de janvier/Jour de fête et d'espoir/ Jour de noces pour le martyr révolutionnaire… » Le recueil foisonne d'images évocatrices d'espoir et de confiance en l'avenir, quoique souvent empreintes de nostalgie du passé, dans un style lyrique et élégant, clair et puissant.
Hechmi KHALLADI
**« Ayouha Ettinou Tachakkal » de Othmane Jelassi Chérif, janvier 2012, Sanabel Editions.


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