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Contrer l'obscurantisme, en repensant l'Islam par la science de la divergence
Religion Le ministère des Affaires religieuses sort de l'oubli certains théologiens réformateurs
Publié dans Le Temps le 14 - 07 - 2012

Bon musulman ou mauvais musulman ? Est-ce qu'on l'est un peu beaucoup ou pas du tout ? C'est maintenant que l'on devrait répondre à ces questions car bon nombre de nos compatriotes se mettent carrément à distribuer blâmes et satisfécits et à juger les uns et les autres sur la manière dont ils se prennent pour vivre leur religion au quotidien.
Ces personnes sont aujourd'hui au sommet du pouvoir et ce qui leur tient à cœur le plus c'est de repenser l'islam ... pour mieux l'étouffer en imposant un agenda importé d'autres cieux. Les sornettes des uns et des autres ont fait notre quotidien depuis que la frange encline à une vision obscurantiste de l'islam a eu son droit de cité et de s'exprimer en toute liberté. Cela n'empêchera pas de repenser l'Islam en reconsidérant notre histoire de Tunisiens et à la lumière de la pensée réformatrice de certains de nos théologiens. C'est ce que le ministère des Affaires religieuses s'apprête à faire entendre à travers un cycle de rencontres autour de « la réforme de la pensée islamique ». Histoire de relancer un débat sur la « modération dans l'islam » qui a été et devrait rester notre crédo. Mais pourquoi maintenant et non pas des mois auparavant alors que le spectre de l'extrémisme religieux rôdait et que les actes de violences qui leur ont été attribués battaient leur plein ?

Quand la divergence devient une science

Nourreddine Khademi , le ministre des Affaires religieuses anticipe sur la question en rappelant que la priorité était aux quasiment 2000 dossiers qui trainent depuis des années déjà. Sans oublier l'organisation du petit et du grand pèlerinage sur lesquels s'est penché le ministère. Reste maintenant à reconsidérer la place du fait religieux dans nos sociétés. Et c'est parce qu'on perçoit le fait religieux d'une manière particulièrement crispée que les organisateurs ont préféré s'attarder cette fois à montrer que seule la divergence entre les points de vues enrichit les uns et les autres notamment par le choix de l'argumentation. Nourreddiene Khadémi a avancé en ce sens que cette différence n'est point considérée une dissonance dans notre religion et qu'au contraire elle fait l'objet d'une spécialité théologique ‘'Ilm Al Ikhtilaf'' qui peut être traduit par ‘' science de la divergence''. Que dire de mieux en fait pour montrer que le respect de la différence est une valeur que les Musulmans ont délaissée au fil des temps.

Pour revenir à cette première rencontre en date organisée au début de la semaine à la bibliothèque nationale, il y a lieu de remarquer qu'elle a servi de point de départ à une série de rencontres dont le but est de sortir des étagères de l'oubli certains de nos penseurs zeitouniens, voire même venant d'autres cieux. Histoire de montrer que l'obscurantisme n'a jamais été le fort de notre religion.

Il faut dire que l'idée de repenser l'islam n'est pas particulièrement nouvelle. C'est du moins ce que pense Slimane Chaouachi, docteur en théologie qui a passé en revue des noms de théologiens ayant rénové la pensée islamique. Mais avant d'y arriver il a expliqué les raisons qui ont amené les Musulmans à un moment de l'histoire à repenser leur religion qui avait du mal à se faire à l'ère du temps. C'était dit-il quand la pensée islamique qui était figée s'est confrontée à l'Occident occupant. « La pensée islamique qui était fortement divisée entre Chiites, Motazilites, etc s'est retrouvée dépourvue d'arguments pour répondre à la laïcité naissante qui voulait créer une rupture épistémologique avec le patrimoine islamique. IL a invoqué dans la foulée une citation de Max Weber qui dit que la « modernité est sans équivoque une religion universelle ». La pensée islamique, rappelle-t-il était également désarmée face à des philosophes de la trempe de Marx et Freud qui ont ouvert grandes les portes à l'athéisme. Sans oublier dit-il que l'Occident a affiché une supériorité militaire, politique et civilisationnelle par rapport à un monde arabe resté archaïque. Chose qui s'est fait sentir depuis l'expédition de Napoléon Bonaparte en Egypte.

Réformateurs musulmans

Toujours selon notre interlocuteur cela a mené des penseurs arabes à redonner un autre souffle à l'Islam en l'adaptant à l'ère du temps. Parmi ces penseurs on peut citer Mohamed Abda et Al Afghani dans la seconde moitié du 19ème siècle. Il a parlé également de Mohamed Iqbal, Wahiddennine Khan, Mohamed Tahar Ben Achour, Fadhel Ben Achour, Salem Bouhajeb, etc. De hautes personnalités, dont des noms de Tunisiens qui se bousculent aujourd'hui au portillon de l'Histoire et qui selon notre interlocuteur présentent un cadre théorique à une révision en profondeur de notre religion.

Abdelwahab Héni du parti Al Majd qui était présent a préféré donner un autre son de cloche, lui qui considère que « repenser l'Islam aujourd'hui doit se traduire dans la réalité à travers des actes et que se référer aux livres ne suffit pas à résoudre nos problèmes liés à notre relation au religieux. »


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