TikTok : Trois types de soutiens et le plus dangereux    Galaxy A57 5G et le Galaxy A37 5G avec des fonctionnalités de niveau professionnel dévoilés par Samsung    Vente ouverte : Billets pour la demi-finale Espérance – Mamelodi Sundowns    6 avril 2000 : disparition du fondateur de la République tunisienne Habib Bourguiba    Des perles de Bourguiba, par Hassib Ben Ammar    Météo en Tunisie: ciel nuageux, vent faible à modéré    Voici le lien pour vérifier vos amendes routières en Tunisie avant la date limite !    Le nouveau pain riche en fibres arrive : sain et délicieux pour tous !    6 avril 2026 : fin du délai pour payer la vignette des numéros impairs    Tunisie : la sécurité frappe fort pour protéger vos prix et vos marchés    Greffe d'organes en Tunisie : des taux de réussite qui atteignent des niveaux records    La 24e journée du championnat tunisien se poursuit ce dimanche avec trois rencontres importantes    40 ème jour du décès de l'ambassadeur Mondher Mami: le souvenir d'un fin diplomate (Albums photos)    Trump met l'Iran en demeure : moins de 48 heures avant ''l'enfer''    Espérance de Zarzis – Stade Tunisien : où suivre le match ?    Sadok Belaïd: Abrégé d'un fabuleux parcours    Samia Salma Belkhiria - L'agriculture biologique en Tunisie: Un grand potentiel à promouvoir    Tunisia Digital Summit, TDS 10 : le partenariat public–privé– startups au cœur de l'innovation digitale    Site archéologique de Koustiliya : un projet tuniso-italien pour révéler un trésor archéologique du sud tunisien    Augmentation tarifs Musées Tunisie 2026 : Agences de voyage en colère    FIFEJ 2026 à Sousse : un festival du film dédié à la jeunesse plus ambitieux et inclusif    Slim Sanhaji a la tête de la 27e édition des Journées Théâtrales de Carthage, JTC 2026    Samsung Electronics leader du marché mondial des téléviseurs pour la 20ème année consécutive    Météo en Tunisie : températures en légère hausse, pluies éparses    Gouverner dans le brouillard permanent: les trois qualités du dirigeant de demain    Selim Sanhaji nommé à la tête des Journées théâtrales de Carthage 2026    Lorand Gaspar: Le poète des instants fugaces    Artémis II lancée : une mission spatiale habitée vers la lune, plus de 50 ans après Apollo 17    Bordeaux : Une nouvelle agence consulaire pour rapprocher les Tunisiens de chez eux    ''Ni élégants, ni à la hauteur'' : Macron réagit aux moqueries de Trump    La bibliothèque dorée de Trump : 50 étages... avions, escaliers dorés et salle de danse    Epson Tunisie, Ecole L'Odyssée et Socrate School célèbrent la créativité écoresponsable des jeunes talents    Mohamed Nafti: L'engrenage de la destruction    Météo en Tunisie : persistance du temps froid et des pluies orageuses    France - Tunisie : Extradition refusée pour Halima Ben Ali...    Enseignement supérieur en Tunisie : chiffres clés, étudiants, diplômés et recherche en forte activité pour l'année 2024-2025    Dhia Bouktila: La science est fille de l'imagination    Watania Sports : diffusion expérimentale en marge des célébrations du 60e anniversaire de la Télévision tunisienne    Pionnière de l'océanographie tunisienne, la Professeure Founoun Chakroun est décédée    L'effet Jaouadi ou le triomphe de l'excellence opérationnelle    Ce n'est plus la loi de la jungle, c'est pire, c'est la loi de Trump !    Le champion du monde tunisien Ahmed Jaouadi remporte la médaille d'or avec un nouveau record au championnat des universités américaines    Saison Méditerranée 2026 : Louis Logodin annonce une programmation culturelle franco-tunisienne    Décès du journaliste Jamal Rayyan, figure historique d'Al Jazeera Arabic    "Monsieur Day", In memoriam    Ahmed Jaouadi et Ahmed Hafnaoui brillent aux Championnats SEC : la natation tunisienne au sommet aux USA    La sélection tunisienne de judo senior remporte 11 médailles au tournoi international Tunis African Open    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Jour de cauchemar
Portrait convulsif d'une femme rurale
Publié dans Le Temps le 12 - 06 - 2013

A peine la quarantaine, et déjà avec sept enfants dans les bras, Fatma fermière continue à survivre, lutter comme elle l'a toujours fait avec sa famille.
Onze heures du matin sonnante. Une ferme surgit à quelques centaines de mètres du Mont Châambi. Des chiens aboient et une petite fillette apparait pour nous fixer d'un regard curieux.
Une femme, s'approche. « Salamaleik Si Khaled », dit-elle. Si Khaled qui est notre accompagnateur, nous présente. Elle sourit. « Hier aussi, des journalistes m'ont rendu visite », a-t-elle expliqué.
« Faites comme chez-vous (Eddar darkom) », dit-elle, accueillante. A l'entrée d'une maisonnette, fort modeste, Fatma nous présente sa fille aînée. « Voilà ma fille aînée. Elle m'aide beaucoup ici » confie-t-elle. Mariée à l'âge de 16 ans, Fatma a enfanté 7 fois. Elle a 3 filles et 4 garçons. Trois de ses enfants fréquentent l'école. Les autres, sa fille aînée et ses deux autres garçons l'aident dans son quotidien à la ferme. Limem, son fils aîné, se prépare à se marier la semaine prochaine. Et c'est sa mère, Fatma, qui prend en charge les dépenses de son mariage. « Je suis contente de voir mon fils aîné se marier » dit-elle. Limem, cohabite avec son père, sa mère, ses frères et sœurs ici à la ferme. Limem aide sa mère dans son travail quotidien. « Je travaille afin que ma famille ne manque de rien », tient-elle à préciser.
Fatma gagne à peine 500 dinars comme salaire mensuel. Ça fait sept ans qu'elle travaille ici, dans la ferme d'un entrepreneur natif de la région de Kasserine. Quelques années auparavant, Fatma était également fermière. Avec son salaire, elle essaie de couvrir les charges de ses enfants, les médicaments de son mari ainsi que les autres charges pour sa nourriture. Son mari, auparavant tâcheron et berger, est atteint de deux maladies chroniques. Il n'arrive plus à travailler. Spontanée, Fatma parle de sa vie. « Ici à la ferme, on prend soin d'un cheptel de 54 vaches, outre un troupeau de moutons. Travailler dans une ferme, n'est pas une tâche aisée. Mais, au moins nous avons de quoi subsister. Ce qui est bien ici, c'est que je bénéficie d'une couverture sociale », précise-t-elle. Une couverture qui lui a bien servi lorsqu'elle a été hospitalisée à deux reprises. Une fois en arrivant à terme d'une grossesse et une autre suite à une attaque d'une vache. Ce n'est pas toujours facile d'être à la fois femme et fermière !
Une journée cauchemardesque
Fatma, regrette que le terrorisme s'installe près de chez elle. Actuellement, pour avoir de l'eau, elle ne pourra plus se déplacer vers une source d'eaux naturelles située au Mont Châambi. Elle et sa famille, se trouvent obligées de recourir aux services d'un camion tracteur pour apporter de l'eau. Quelques jours auparavant, Fatma a vécu l'explosion de la dernière mine aux alentours du Mont Châambi. Une explosion qui a touché une voiture militaire et qui a fait deux morts et deux blessés. Ce même jour, Fatma raconte qu'elle a été soupçonnée ainsi que sa famille d'aider les terroristes. Elle explique que ses deux fils, son neveu et son mari furent arrêtés depuis 9 heures du matin. « On ne les a libérés qu'à 20 heures, le jour même », explique-t-elle. Et d'ajouter « environ 13 voitures avec des hommes cagoulés et armés étaient présents dans notre maison, une heure presque après l'explosion. Ils ont fouillé partout. Ils nous ont accusés de ravitailler les terroristes. Ils ont amené mon mari, mes deux enfants et mon neveu. Ils ont même embarqué un vieillard (berger) de 84 ans. Ils étaient mal traités, insultés et même privés d'eau et de la nourriture durant une journée ». Fatma s'étonne. Et se demande comment on la suspecte d'aider les terroristes alors qu'elle habite près d'un camp militaire récemment installé. Fatma se demande encore les raisons d'une telle agressivité de la part des forces de sécurité. « A quand la fin de cette histoire ? », tient-elle à nous dire. Nous quittons l'endroit. Une heure après de retour sur le même endroit, Fatma, nous attend. Elle nous a préparé du pain traditionnel, connu dans cette région sous le nom de « Kisra ». Une hospitalité et une générosité séculaires qu'on connaît bien ici à Kasserine.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.