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On n'en finit pas d'empoisonner la Tunisie
Environnement: Les anciens plans exhumés en catimini
Publié dans Le Temps le 15 - 06 - 2013

Puisqu'on vient de célébrer – un bien grand mot ! – sans enthousiasme particulier, la « Journée de l'Environnement, on est en droit de se demander si, seule, la fatalité fait que tous les projets industriels « structurants » – affirment les « économistes » avec des airs supérieurs ! – semblent devoir être abominablement polluants.
Un tour d'horizon
Faisons le tour du pays en commençant par le Nord-Est : la région de Bizerte. Passez au Sud-Est : sous le vent, des fumées rouges de l'usine El Fouledh et constatez que toutes les cultures à plus d'un kilomètre de l'entreprise sont « brûlées ». Les humains qui vivent dans les environs ne sont certainement pas épargnés même si le résultat est plus lent et plus insidieux.
Allons au Nord-Ouest, entre les bourgs de Tajerouine et Jérissa. Une magnifique cimenterie moderne trône là, auréolée de nuages de poussières auxquels se joignent ceux qui montent des carrières voisines dont les minéraux approvisionnent l'usine. Toute la contrée au Sud-Est de la cimenterie est tapissée de poudre blanche, presque jusqu'à Jérissa et il est certain que les poumons des habitants de ce bourg en « profitent » aussi. Passons rapidement sur le « bassin phosphatier » dont l'environnement est ravagé – au sens propre ! – par les extractions de minerai sans être réhabilité, au moins en partie, après l'abandon du filon. Toute la contrée respire de la poussière de phosphate. « C'est bon pour les os, m'a dit un « responsable », c'est du calcium ! ». Nous ne pensons pas que le respirer soit la meilleure façon de « calcifier » les os ! Mais bon, ça ne date pas d'hier ! Alors … on n'y peut rien, paraît-il !
Allons au Sud-Est, le port et la zone industrielle de Gabès sont une « merveille » écologique et économique. Construire un port dans une zone de subsidence – il doit être dragué régulièrement ! – au fond d'un golfe en dehors des voies maritimes fréquentées : les bateaux viennent, souvent à vide, exprès pour charger les produits qui sont ainsi beaucoup plus chers, ne nous paraît pas être une solution très « économique ».
Mais quand cette zone industrielle pollue toutes les productions agricoles des environs et les plages voisines mais surtout détruit les fonds marins du golfe de Gabès qui sont d'une importance capitale pour la vie marine en Méditerranée et pour la pérennité de la pêche évidemment, on se doit de chercher rapidement une solution palliative, même si et surtout si, sa construction est déjà ancienne.
Arrêtons-nous un instant sur le cas de la raffinerie de pétrole en projet vers la Skhira. Non seulement le raffinage est en surproduction tout autour de la Méditerranée, mais une industrie pétrolière, ajoutée au terminal pétrolier de la Skhira et au massacre du Nord du golfe de Gabès, organisé à Sfax par l'usine S.I.A.P.E. – que fera-t-on des véritables « collines » de phosphogypse érigées le long du littoral ? – ne fera aucun bien aux bancs de posidonies du golfe qui fournissent l'oxygène de l'eau et maintiennent les fonds tout en protégeant les alevins et en nourrissant les poissons adultes. Heureusement l'autre usine : la N.P.K. a été démantelée quand … elle a eu fini de polluer tous les fonds marins entre Sfax et Kerkennah, jusqu'à Chafar à 20 kilomètres plus au Sud ! Qui dit mieux ?
Personne n'a encore envie d'entendre parler du golfe de Tunis dont la cimenterie et l'usine de traitement de plomb ont dû, avec les eaux « usées » de la ville de Tunis tapisser tout le golfe ! Et ça continue, sans doute, puisque, chaque année, des plages de la banlieue sont interdites à la baignade !
Le dernier golfe
Les golfes de Gabès et de Tunis étant en … mauvais état, il en restait un – le dernier ! – celui d'Hammamet mais … les promoteurs ont des idées … anciennes, puisqu'elles datent du régime précédent : construire un port en eau profonde dans la région d'Enfidha.
La Révolution et le Gouvernement actuel n'ont-ils pas réussi à mettre en place des administrateurs nouveaux qui aient des idées novatrices et intelligentes ?
Déjà, on a pu constater la réussite économique qu'était l'aéroport d'Enfidha qui concurrence, sans justification, celui de Monastir, sans décongestionner celui de Tunis qui est très enclavé dans l'agglomération. Mais quelle haine de l'écologie, de la beauté de la Tunisie, pousse les promoteurs à vouloir construire un port à Enfidha.
Il y a déjà celui de Sousse qui pourrait être agrandi vers Skanès, ça coûterait moins cher. Ensuite, à quoi Enfidha servirait-il ? Il serait situé tout à fait en dehors des voies maritimes fréquentées. Le prix des marchandises transportées serait donc augmenté.
Qu'est-ce qu'on débarquera et embarquera dans cette région exclusivement agricole ? Ah ! On devra construire avant, après ou en même temps que le port, une zone industrielle qui produira suffisamment de marchandises et qui aura des besoins tels qu'il faudra absolument construire un port dans cette région, située à moins d'une vingtaine de kilomètres et « au vent » de Hergla qui doit devenir une grande station balnéaire et qui « profitera » des pollutions du port ainsi que, un peu plus loin, Port El Kantaoui, Chott Meriam, Hammam Sousse, etc. … A quoi pensent les « responsables » de l'aménagement du territoire ?
Les écologistes tunisiens, qui aiment leur pays, sont bien silencieux ! Le projet « Tabarka Millenium » se proposant de construire deux ports pour réparer et « gardienner » des bateaux, dans une zone où il n'y a pas un golfe aménageable – voir le port de Sidi Mechrig ! – mais des plages superbes qui devraient devenir la « Côte d'Azur » tunisienne, ne les a pas émus. L'idée d'aménager un lotissement de luxe à Sidi Fonkhal – la seule plage à peu près fréquentable ! – à Kerkennah ne les a pas amenés à se demander où on allait trouver de l'eau douce pour ces 2 ou 3000 visiteurs qui n'y séjourneront que deux mois de l'année ? Mais, quand la côte sera bétonnée et que toute la Méditerranée en souffrira, qui et comment réparer les dégâts ? Allez voir les côtes – et l'intérieur – de l'île de Jerba ! Pourquoi les plages d'Hammamet sont-elles attaquées par la mer chaque année ? Pourquoi les poissons pêchés dans le chenal de La Goulette ou tout près du littoral ont-ils un goût de mazout ? Pourquoi même très loin des agglomérations, à La Chebba, par exemple, à 70 kilomètres au Nord de Sfax, comme à Ras Angéla ou Nord de Bizerte, les oursins ont un arrière-goût de mazout ?
Tous les projets industriels mirifiques « structurants » dont on entend parler – souvent reparler ! – ne sont-ils intéressants pour leurs promoteurs que pour les bénéfices espérés et promotionnels au coût énorme du projet ?
A voir, les alentours de la cimenterie El Khil proche de Jérissa et les environs des sites phosphatiers, on peut craindre le pire pour l'Environnement du Sraa Ouertane si et quand, un jour, le gisement de phosphate qui s'y trouve, paraît-il, sera, exploité. En admirant les quais du port de Mégrine on peut imaginer le « charme » de ceux du futur port d'Enfidha, voisins de la station balnéaire d'Hergla.
N'est-il pas grand temps de repenser notre système économique qui manifestement détruit notre environnement alors que nous avons conscience, aujourd'hui, que nous, les hommes, nous faisons partie de cet environnement ?


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