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Genèse d'un mouvement qui a connu tous les «Etats» suite...
Publié dans Le Temps le 15 - 06 - 2013


Le rejet des structures
Le refus par les Islamistes des structures établies et communément admises a été vérifié bien avant cette épreuve. C'était en 1985, quand ils ont fondé leur propre syndicat estudiantin l'UGTE (l'Union Générale Tunisienne des Etudiants), un syndicat partisan, refusant par là de reconnaître la structure syndicale légitime l'UGET qui regroupe une variété de groupuscules politiques rivalisant démocratiquement.
Leur caractère religieux ne leur permet pas d'agir dans un cadre civil et avec des lois laïques. C'était la preuve que le programme que les Islamistes défendaient s'inscrivait en dehors de la société et donc en dehors de l'université qui n'en est, en fait, que le microcosme. Leur manière de procéder est la même dans les deux sphères : essayer de détruire l'édifice de la modernité pour en reconstruire un autre sur des bases archaïques n'ayant rien à voir avec la nature de notre sol et de planter des graines importées à la place de nos produits de terroir. Le camp islamiste trouve de grandes difficultés à percer le tissu social si touffu par une stratification de convictions qui se sont affermies à travers les nombreuses décennies. Leur grande variété n'empêche pas qu'elles soient unifiées autour des mêmes valeurs, celles de la modernité qu'elles ne sont aucunement disposées à concéder. Libéraux, Marxistes et Nationalistes se recoupent au niveau de la détermination de la nature du pouvoir et son origine ainsi qu'au niveau de leur conception de la place qu'occupe l'individu au sein de la société. Dans ce camp, le régime républicain, le caractère civil de l'Etat, les droits de l'homme universels, le statut de la femme, les libertés fondamentales… sont comme un catéchisme dont l'infraction est assimilée à un blasphème. Si affronter la société civile par les Islamistes est une entreprise si difficile, que dire alors lorsque cet acte vise des étudiants et des universitaires dont la carapace scientifique et intellectuelle si imperméable ne laisse aucun corps étranger pénétrer. Edifiés par les enseignements de la Révolution, ces derniers ont su se ressaisir, se dessiller les yeux et dépasser leur handicap occasionné par la situation d'inculture et d'apolitisme qui a sévi à l'époque déchue durant plus de deux décennies. Mais la Révolution n'était pas leur seule source d'inspiration, Ennahdha a, également, apporté sa contribution au déclenchement de cette prise de conscience générale qui a dépassé les murs de l'université grâce à son exercice du pouvoir comme on vient de le démontrer.
Louches manigances
Les difficultés affrontées par Ennahdha sont multiples et s'accentuent de jour en jour. Les dirigeants de ce mouvement ont montré leurs limites et leur incapacité à gérer les affaires publiques. Toutefois, ces défaillances ne s'expliquent pas, uniquement, par leur inscience en matière politique, mais aussi et surtout par leur hostilité aux revendications révolutionnaires du 14 Janvier à laquelle ils sont tout à fait étrangers: leur programme économique et social s'inscrit dans la continuité de celui de Ben Ali. Ce qui veut dire qu'ils sont incapables de résoudre les problèmes générés par cette Révolution, à savoir le chômage, le niveau de vie et les disparités entre les régions. Leur gouvernement s'est illustré par l'augmentation du nombre des chômeurs, la paupérisation de la classe moyenne et l'accentuation de l'isolement et de la misère des régions de l'intérieur. Depuis leur apparition sur la scène publique, ces islamistes n'ont pris part à aucun mouvement social à commencer par la grève générale du 26 Janvier 1978, qu'ils ont, solennellement, condamnée par la bouche de leur guide, Rached Ghannouchi, qui a envoyé une lettre au régime en place pour lui témoigner son soutien, jusqu'au 14 Janvier en passant par les émeutes du pain du 3 Janvier 1984 et la Révolte du bassin minier de 2008 où aucun de leurs avocats, aujourd'hui ministres ou bien hauts dirigeants du parti, n'a pris la défense des opprimés de ce mouvement qui constitue le prélude à la Révolution tunisienne. Il est, définitivement, établi que Ennahdha n'a rien à voir avec la Révolution du peuple tunisien, et le fossé entre les deux parties se creuse davantage au point de devenir un gouffre profond ne permettant aucunement d'y jeter les bases d'un édifice commun et de relier les deux bords séparés et diamétralement opposés. Ennahdha se comporte comme une autorité établie pour gouverner pendant une longue période et non pas comme une autorité dotée d'un pouvoir provisoire et qui est venue juste pour gérer la période transitoire. C'est pourquoi elle se permet de conclure des conventions stratégiques hypothéquant l'avenir de tout un peuple et, en particulier, des générations à venir et ce en signant, par exemple, des accords avec le FMI connu pour ses conditions désastreuses et dont les retombées se font encore ressentir dans notre économie nationale et qui ont été à l'origine du tsunami du 14 Janvier. Elle a, ainsi, renoncé à la souveraineté nationale, l'une des revendications majeures de la Révolution. Son seul souci est de confisquer l'Etat et mettant la main sur tous ses rouages à commencer par l'administration où elle a placé ses partisans à des postes clés. Côté droits et libertés, elle projette de tout annihiler à travers son projet de constitution qu'elle essaye de faire voter en dépit des appels réitérés par les spécialistes du droit constitutionnel criant à l'imposture et de l'ensemble de la société civile et politique craignant pour son devenir. Les grands absents en sont les droits économiques et sociaux, les revendications principales de la Révolution, et les plus menacées en sont l'indépendance de la justice et les libertés d'expression et de presse qu'on veut museler pour occulter la vérité que seuls des journalistes libres peuvent dévoiler, ce qui veut dire que toute limitation imposée à cette liberté est, en réalité, une atteinte à toutes les autres libertés. Ennahdha a transformé l'ANC d'une instance constitutive en un organe législatif qui légifère toutes les lois qui lui conviennent, elle le fait dévier de son rôle initial qui est la rédaction de la constitution et les prochaines élections se trouvent reportées à une date indéfinie. Toutes ces manœuvres sont des astuces utilisées par le mouvement islamiste en vue de pérenniser son pouvoir conformément aux révélations faites par son chef et guide spirituel, Rached Ghannouchi qui a, expressément, dit qu'ils allaient rester encore au pouvoir pendant des années et des années.
La fête du trône
Toute l'histoire de ce mouvement islamiste montre qu'il a toujours bercé une organisation paramilitaire en son sein et les récentes révélations d'un ex Nahdhaouis, Sahbi Amri, à propos des attentats à la bombe perpétrés dans des hôtels à Sousse et à Monastir le 2 août 1987 en sont la parfaite illustration. D'ailleurs, ces révélations ne sont pas les seules, plusieurs avant ce témoin, qui ont appartenu à ce mouvement islamiste, ont imputé à ce dernier des actes pareils dont, notamment, les crimes de Bab Souikha du début des années 90. Il est indéniable que tous les dissidents sont unanimes à dénoncer ce caractère violent et dangereux de Ennahdha qui était, d'après leurs affirmations, la raison qui les a poussés à en démissionner. Ces vérités frappantes sont de nature à nous interpeller quant à la vraie nature et quant au vrai projet de ce mouvement. Peut-on s'attendre à ce qu'un mouvement pareil muté en parti, véhiculant ces idées et qui croit à la violence comme moyen d'accès au pouvoir puisse accepter, réellement, les règles de jeu démocratique ? Tout porte à en douter. Ces doutes entourent, également, son 32ème anniversaire dont il est difficile d'en saisir la vraie signification : que célèbrent, en fait, les islamistes ? Car on ne voit, vraiment, rien qui mérite d'être célébré dans cette réalité décevante et alarmante à tous points de vue à moins qu'il ne s'agisse de leur accession au trône.


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