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« La finance islamique sera une bénédiction pour l'économie nationale »
Ezzeddine Khouja, PDG de la Banque Zitouna au Temps :
Publié dans Le Temps le 24 - 09 - 2013

Dans le cadre du démarrage de la licence fondamentale en économie et finance islamiques, nouvellement instituée à la faculté de Sciences Economiques et de Gestion de Sfax, Ezzeddine Khouja, le PDG de la Banque Zitouna, a donné le cours inaugural de la discipline. Nous l'avons approché pour un éclairage sur les enjeux, et les perspectives de la finance islamique en Tunisie. Interview :
Le Temps : qu'est-ce qui pourrait justifier la création de la nouvelle filière finance islamique à la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion de Sfax ?
Ezzeddine Khouja : l'ouverture de cette nouvelle filière s'explique par la nécessité de répondre aux besoins avérés ou prévisibles des institutions financières, des caisses sociales, des compagnies d'assurance et des fonds d'investissement à caractère islamique en Tunisie. Ces institutions, en nombre croissant, sont appelées à se mettre au diapason de l'évolution rapide des institutions analogues à l'échelle mondiale : leur nombre avoisine actuellement les 500 et leurs actifs dépassent le trillion de dollars. Sur le plan académique, les statistiques font état de plus de cent diplômes entre mastères, doctorats et même licences, à l'échelle des pays arabes, islamiques et même occidentaux. Il va de soi, par voie de conséquence, que l'enseignement de l'économie et de la finance islamiques s'emploie à se mettre en phase avec le développement rapide des institutions islamiques d'investissement, en formant les compétences aptes à assurer leur gestion.

Dispose-t-on actuellement du personnel enseignant compétent pour assurer la formation des étudiants et l'encadrement des chercheurs ?
Il serait utile de préciser que la préparation des cadres et les futurs formateurs avait déjà débuté du temps où j'étais secrétaire général du Conseil Général des Banques Islamiques au Bahrein. Le conseil a eu une représentation en Tunisie. Des accords ont été conclus avec certaines institutions professionnelles et avec l'Association Professionnelle des Banques avec la collaboration desquelles des mastères ont été institués et plusieurs cycles organisés avec les représentants en Tunisie.
Aujourd'hui, le besoin en enseignement académique s'est fait jour. C'est la raison pour laquelle, nous avons mis au point un programme spécifique de mise à niveau des membres du corps enseignant à l'université, que ce soit en Tunisie ou dans divers autres pays. Nous avons également un nouveau programme qui sera mis en œuvre prochainement, c'est-à-dire, en octobre 2013 en collaboration avec l'université tunisienne, et ce, dans le cadre de la mise à niveau des professeurs, en attendant qu'ils soient rejoints par les personnes qui ont suivi des stages de formation. Nous avons déjà une pléiade de professeurs qui se sont inscrits dans cette dynamique de formation pour acquérir les compétences nécessaires. Par ailleurs, une succession de cycles de formation est au programme, en parallèle avec d'autres mesures et actions destinées à mettre en place les maillons manquants des points de vue organisationnel et structurel, à partir de l'année prochaine.

Quelles sont les modalités de formation suivies ?
La formation est assurée soit par la voie des stages avec la collaboration de plusieurs institutions, soit par le biais de l'enseignement académique dans les universités. L'Université de Sfax est, à ce propos, à féliciter en tant qu'institution pionnière dans le domaine. En effet, à partir de l'année universitaire en cours, les nouveaux bacheliers ont l'opportunité de préparer une licence fondamentale en économie et finance islamiques.

Tous ces efforts de formation sur le tas ou par le biais des études académiques suppose un grand besoin du marché.
Effectivement. Partant du fait qu'il y a des législations qui organisent les banques, les assurances, la zakat et la monnaie, l'on s'attend à ce que ces institutions connaissent une grande expansion. A titre d'exemple, le secteur des assurances s'est enrichi de deux nouvelles compagnies après la compagnie Zitouna Takaful. Il va y avoir également plus de fonds sociaux. Parallèlement, il y aura aussi un grand besoin en cadres et en compétences. Concernant l'employabilité de la filière finance islamique, il est bon de savoir que notre pays a besoin de pas moins de 1000 compétences dans l'industrie des services financiers islamiques.
Pour ce qui est des débouchés de l'enseignement académique à la FSEG de Sfax, il suffit de savoir qu'il permet à ses étudiants d'acquérir un savoir , une expérience et une formation diversifiée donc des atouts pouvant les servir et accroître leurs chances de trouver un emploi.

Qu'en est-il de la législation afférente à la finance et à l'économie islamiques ?
Chez nous, nous comptons sur la finance islamique pour consolider le marché et diversifier nos produits. Cela nécessite un cadre législatif adéquat. Les législations sont en cours d'élaboration pour organiser les sukuks, les fonds sociaux, les banques, les assurances etc.

A quels apports à l'économie nationale pourrait-on s'attendre de l'instauration de la fiance islamique ?
Il serait utile de rappeler que la principale caractéristique de la finance islamique est qu'elle permet de répondre aux besoins des investisseurs et des partenaires, dans le cadre d'un système intégré et sophistiqué. D'ailleurs, la finance islamique est désignée dans l'Occident par l'expression « Innovative banquing », en raison des innovations qu'elle apporte à travers les nouveaux contrats comme la mourabaha, l'istisnaâ qui contiennent des idées novatrices dont la plus value peut créer un tissu de nouveaux produits susceptibles de percer à l'échelle locale, se diversifier et se développer.
La finance islamique a pour vocation d'apporter le complément nécessaire à la finance traditionnelle. Il faut savoir à ce propos, que les banques classiques se livrent à une compétition serrée en vue de trouver de nouveaux produits fournis par la finance islamique et qui présentent un éventail de choix et d'options aux consommateurs et aux clients, selon leurs convenances.
Vu l'important besoin du marché islamique en cadres à différents niveaux et échelons, la finance islamique est en mesure de rendre un grand service à l'économie nationale, rien qu'en matière d'emploi.
Entretien conduit par Taieb LAJILI

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Le cours inaugural de Ezzeddine Khouja perturbé par des incidents
Le cours inaugural donné par Ezzeddine Khouja, PDG de la Banque Islamique a permis de révéler une opposition d'une frange des étudiants à l'introduction de la discipline de la finance islamique dans les programmes à l'université. En effet ce cours a été précédé par l'affichage d'un communiqué stigmatisant l'initiative de la FSEG, puis marqué à ses débuts par l'irruption d'un groupe d'étudiants se réclamant de l'UGET ce qui a provoqué une bousculade et une altercation avec les étudiants présumés islamistes, venus assister à la conférence.
Les assaillants dénonçaient la volonté délibérée de ce qu'ils appellent les « Frères », d'asseoir leur main mise sur l'université à travers l'introduction d'une nouvelle filière et de nouveaux programmes consacrant leur vision rétrograde et obscurantiste et creusant l'écart avec l'économie mondiale.
Après l'évacuation manu militari des étudiants protestataires, le cours a pu se poursuivre.
Commentant ces incidents Ezzeddine Khouja précise que l'introduction de la discipline de la fiance islamique est loin d'être une hérésie, étant un phénomène mondial qui existe en Angleterre, en Australie, et Allemagne, aux Etats Unis, en Malaisie et dans les pays du Golfe. Il affirme à ce propos que les plus prestigieuses universités occidentales sont en compétition pour polariser des chercheurs dans ce domaine.


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