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Le syndrome de la Ghriba
Enquête
Publié dans Le Temps le 03 - 11 - 2013

• «La communauté juive tunisienne n'est pas menacée », clame Jacob Lellouche
La communauté juive tunisienne vit, ses dernières semaines, une polémique, des agressions et une nouvelle pression qui risquent de générer un nouveau fléau d'immigration de leur pays natal qu'est la Tunisie. Le nouveau phénomène de terrorisme et les multiples attaques contre cette communauté religieuse sont interprétés par plusieurs comme des indices irréfutables d'une véritable crise inutilement ignorée par les autorités et les forces politiques tunisiennes. Qu'en est-il de l'ampleur de cette crise ? Est-elle réelle ou exagérée ? La réponse reste mitigée.
Le New York Times affirme que des personnes impliquées dans l'attentat de Ghériba à Jerba ont été amnistiées, dernièrement, par le ministère de la Justice. Le journal américain affirme que ces mêmes personnes sont directement impliquées dans des opérations terroristes récentes en Tunisie.
Au même moment, le ministère de la Justice ne réagit pas à cette information qui remet en question la partialité de l'application de l'amnistie générale sur les prisonniers politiques. En addition, des rumeurs circulent sur des potentielles agressions menaçant la communauté juive. Cette dernière qui a vécu la plus importante attaque terroriste à l'époque de Ben Ali, il y a onze ans, s'est retrouvée de nouveau victime, il n'y a pas longtemps, à Djerba, d'un prétendu « nouveau Hitler » qui s'est attaqué à des jeunes filles et des adultes à plusieurs reprises, selon des sources sur place.
Selon l'Association Tunisienne de Soutien aux Minorités, ces incidents ont débuté à l'école hébraïque de Djerba attaquée par deux individus qui ont démoli le portail pendant que les enfants se trouvaient dans la cour intérieure. L'un de ces hommes portait un objet pointu destiné à être utilisé violemment. Ils ont attaqué la synagogue de l'école, et des heurts s'en sont suivis avec une personne de confession juive venue récupérer son fils ; elle a tenté de calmer les assaillants mais a été violemment prise à parti par l'un d'eux. Après que ces heurts avec ce juif tunisien eussent contraint les agresseurs à s'enfuir, le père a déposé plainte auprès des forces de sécurité en fournissant les détails de cet incident aux policiers qui recevaient sa plainte.
Alors, est-ce que la communauté tunisienne juive est menacée en particulier en Tunisie ? Selon l'association tunisienne de soutien aux minorités, la réponse est « oui, la communauté juive est ciblée par le terrorisme. Les derniers évènements ne sont pas isolés ». L'ATSM affirme à travers son chargée de communication, Ghayda Thebti que l'arrestation du coupable n'est venue qu'après la pression médiatique (conférence de presse) donnée par l'association. En contre partie, les habitants ont manifesté leur solidarité avec leurs voisins juifs et ont exprimé leur dégoût et rejet des actes racistes et terroristes d'une minorité jugée extrémiste. Les dernières semaines, la tension a monté à Djerba, la ville qui compte le plus grand nombre de juifs en Tunisie et qui abrite, chaque année, le grand pèlerinage de Gheriba. Un des citoyens juifs témoigne (qui préfère garder l'anonymat) que son petit frère, lycéen, ne veut plus aller au lycée de peur d'une éventuelle agression. Ce même témoin affirme qu'il est ciblé depuis le 14 Janvier 2011 par des attaques régulières.
Mais ce point de vue n'est pas partagé par tous les juifs. La communauté juive tunisienne, est-elle menacée, particulièrement, en Tunisie ? « Non, je le pense pas. Et je refuse de rentrer dans ce jeu de division » nous affirme Jacob Lellouche, l'un des leaders de la communauté juive que nous avons rencontré dans son restaurant à La Goulette. Avec beaucoup de méfiance, Jacob nous confie qu'il ne croit pas aux plusieurs versions racontées par l'ATSM ou les « prétendues victimes » de Djerba. « Il y a trop de rumeurs, et peu d'informations vérifiées ».
Jacob, un activiste juif, très connu et médiatisé en Tunisie, nous a confirmé que tout se passe bien pour lui. « Mes voisins et les gens qui me connaissent me respectent et me traitent comme l'un des leurs. Ce n'est pas étrange, et ce n'est pas nouveau … puisque je suis citoyen comme eux. La seule chose qui nous sépare est la confession. Mais, heureusement que le respect nous unit. »
Comme lui, un jeune étudiant vivant en plein centre ville de Tunis, à Lafayette, Michael Ben Toura, affirme que la crise sécuritaire touche tous les Tunisiens et pas seulement les juifs tunisiens. « Ce n'est pas une question d'islamisme seulement. C'est une instabilité politique qui met tout le monde en péril. Les terroristes peuvent avoir pour cible n'importe quelle personne et pas forcément les juifs ». Lui qui mène sa vie presque normalement nous confie que des cadres du Ministère de l'Intérieur l'ont contacté spécialement pour lui assurer que tout va bien pour lui. « Ce que je considère énormément réconfortant et positif » nous explique Michael. Jacob, lui a refusé une garde rapprochée proposée par le ministère de l'Intérieur, « pour éviter les tentions et les malentendus avec mes voisins » selon ses dires.
Il faut quand même rappeler que les dernières agressions à Djerba ne sont pas les premières. En effet, deux semaines après le 14 Janvier 2011, une manifestation a eu lieu devant la synagogue de l'avenue de la Liberté, appelant à la démolir. Quelques mois après, en novembre 2011, l'église Orthodoxe de l'Avenue Mohamed V a essuyé plusieurs attaques de la part d'intégristes islamistes. Par la suite, les attaques se sont multipliées entre profanation des cimetières juive et chrétienne, appel au meurtre par mégaphone le 25 Mars 2012 sur la place du 14 Janvier à l'avenue Habib Bourguiba (Tunis), et le fameux appel à l'extermination des juifs par un Imam lors d'une prêche (dans ces deux derniers cas L'ATSM a porté plainte).
Entre ceux qui pensent que les attaques sont orchestrés par des forces politiques contre la communauté juive et les minorités religieuses en particulier et ceux qui voient autrement que toute la Tunisie est visée par l'extrémisme, une donnée reste tristement certaine : «les Tunisiens sont racistes ». « Nous sommes tous xénophobes et racistes » affirme Jacob Lellouche « le problème est que les Tunisiens en quête d'identité nouvelle qui les définit, s'accrochent à la Omma Arabe et Musulmane, tout en oubliant que nous sommes beaucoup plus riches que ça » ajoute-t-il.
Le dernier acte raciste qui a scandalisé la communauté juive tunisienne est l'apparition d'une dame à la chaîne de télévision privée Nessma comparant le terroriste Kamikaze de Sousse à un juif. « Ces termes racistes sont récurrents dans la rue tunisienne mais quand on les autorise à la télévision, ça prend une autre tournure. Il faut condamner ce genre de discours médiatisés afin de donner l'exemple et de limiter le phénomène de racisme dans notre société », clame Jacob Lellouche très en colère pour ce dérapage raciste autorisé par une chaine de télévision très suivie par les Tunisiens.


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