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Que serait la France sans... Versailles !
Publié dans Le Temps le 12 - 02 - 2016

Faut-il vendre « les bijoux de famille », même ceux des anciennes castes régnantes qui ont été écartées du pouvoir, suite à une Révolution ou un changement politique d'envergure !
C'est la question que se sont posés, certainement, les révolutionnaires français après 1789, mais le fait est là, ils ont détruit la Bastille mais pas le Louvre ou Versailles ! Aujourd'hui, que serait la France sans ses palais royaux, qui sont visités par plus de 65 millions de touristes par an, record absolu, puisque Rome et son fameux « Colisée » n'en reçoivent que la moitié et la Tour de Londres, un peu plus du tiers,
L'Histoire n'est pas seulement celle des idées de la pensée, des systèmes politiques et sociaux et des grandes manœuvres militaires, mais aussi, et surtout, celle de la vie intime des monarques, des Empereurs et des présidents, leurs outils de plaisir, leurs gadgets souvent à l'avant-garde de la technologie, selon les époques. Rappelez-vous de l'horloge de Haroun Errachid, offerte à Charlemagne ou la Rolls de sa gracieuse Majesté, la Reine d'Angleterre, ou la Jeep du Général Paton et la décapotable de John Kennedy ou la Mercedes du Maréchal Rommel !
Des millions de visiteurs, touristes du monde entier, veulent voir le lit de Marie Antoinette ou même sa salle de bain à Versailles, plus que le bureau de Louis XIV.
Fort heureusement, ce pays béni de Dieu, qu'est la Tunisie, a plus de 3000 ans d'Histoire où toutes les civilisations humaines et animales sont représentées puisque même les dinosaures sont passés par là. Nous avons la plus belle collection du monde de mosaïques romaines, le Coran bleu qui se trouve à Rakkada, à Kairouan, unique dans le monde musulman, sans oublier le Palais du Bardo avec ses trésors qui vont de la Grèce antique à la conquête arabe et les manuscrits de très grande valeur à la bibliothèque nationale et aux anciens archives de Dar El Bey.
Malheureusement, tout cela est souvent peu fructifié au niveau touristique parce qu'on peut accéder aux ruines de Carthage, Dougga, Supheïtila (Sbeïtla) ou Bella-Ruggia, ainsi qu'au Colisée d'El Jem, l'unique de type ovale du monde romain, mais personne ne sait rien du grand Septime Sévère Empereur de Rome, d'origine africaine (tunisienne), ou de ses fils dont le fameux Caracalla qui a émis une loi constitutionnelle (l'Edit de Caracalla), qui a donné la citoyenneté romaine à tous les habitants du monde romain à partir du 3ème siècle après Jésus Christ.
Si on avait piocher du côté de la vie, intime et de tous les jours, de tous ces Rois, empereurs, généraux et grands auteurs comme Magon ou Virgile, qui ont imprégné l'histoire du monde antique, toutes les villes et villages tunisiens pourraient faire partie d'un circuit touristique culturel et historique très recherché, et drainer des millions de touristes qui ne viennent pas seulement, pour « bronzer idiot » mais qui sont passionnés par toute cette mythologie historique du monde passé.
Où sont les montres (collection unique) de Sidi Lamine Bey... Où sont les habits officiels et les tuniques des Rois et des grands dignitaires de la dynastie husseinite ! Où est la salle du Trône du Bardo, immortalisée par les cartes postales, bien rares, que vous trouverez par hasard, chez un bouquiniste des quais de la Seine à Paris ! Comment qualifier l'acte de destruction de la salle du Trône des Beys au Bardo, qui a été opérée au lendemain de l'indépendance par une main coupable d'outrage à l'Histoire merveilleuse de ce pays !
Pourquoi ne pas recourir à des spécialistes tunisiens ou étrangers pour reconstituer les cérémonies royales ainsi que le plan des batailles gagnées comme celle de Trasimène, ou perdues comme celle de « « Zama » par le grand Hannibal.
Que faut-il pour créer un musée « colonial » et de la libération nationale à l'image de celui de Paris, ou de celui de Waterloo en Belgique ? Tout cela peut attirer bien du monde parmi les citoyens de ce pays et ceux qui viendront de l'étranger par millions pour rêver des civilisations brillantes aujourd'hui disparues.
Je le dis et je le répète à qui de droit, que la vente du patrimoine « confisqué » et des palais des anciens locataires de Carthage et d'ailleurs, serait une erreur impardonnable. Céder des sociétés ou des entreprises à caractère économique... Oui ! Mais, céder les palais ou les grosses demeures et voitures de collection pour quelque 200 millions de dinars, c'est tout simplement, inadmissible !
Cette somme infime au regard du budget de l'Etat risque de partir en fumée, soit pour une masse salariale dérisoire, ou une indemnisation qui ne laissera aucune trace, ni une quelconque appréciable.
Ce que l'Etat et le pays pourront gagner en fructifiant l'aspect historique, dont la durée est éternelle, est de très loin plus utile et plus rentable et important, que les 200 millions dont on parle. A titre d'exemple, pourquoi ne pas déplacer Beït El Hekma dans un autre bâtiment ou palais et faire de l'ancien palais de Lamine Bey, le musée de la dynastie husseinite. Nous l'avons bien fait à Kairouan, où le Palais de la République de Rakkada, qui est une miniature du Palais « El Hamra » de Grenade, en Andalousie espagnole, abrite aujourd'hui, le musée islamique de la capitale aghlabite.
Ce sont là, quelques idées à creuser par les spécialistes en a matière et les autorités de ce pays, afin de préserver la mémoire historique et collective de la Tunisie millénaire et assurer des rentes sur le long terme avec cerise sur le gâteau, la création d'emplois permanents.
Qui n'aimerait pas visiter le Palais Sidi Dhrif, juste pour fantasmer sur une époque qui sera un jour bien lointaine parce que débarrassée des affres du pouvoir illusoire et de l'inquisition aveugle et amère des vivants !
K.G


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