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Peut-on parler de grands projets actuellement ?
Publié dans L'expert le 29 - 08 - 2013

Durant les 10 dernières années du règne de Ben Ali, la Tunisie a vécu sous le charme et les rêves des grands projets. Des projets présentés en fanfare, avec des coûts en milliards de dollars, et des maquettes de rêve, qui promettent la métamorphose du pays. Ces projets étaient portés par des investisseurs des pays du Golfe, de la Chine et de l'Italie. On cite, à ce titre, la porte de la Méditerranée de Dubai Holding, le port financier de GBH Bahreini, de la cité sportive du groupe Boukhater, de la ville écologique d'un investisseur chinois…On nous promet des milliards de rentabilité et des milliers de postes d'emplois. Une grande opacité entourait ces grands projets, et des doutes sur des commissions et des dessous de table planaient. L'actuel gouvernement semble revenir à cette stratégie de grands projets pour essayer de relancer l'économie. Quelles chances de réussite d'une telle initiative ? Est-il la solution idéale? Peut-on continuer avec la même opacité lors de la présentation de ces projets ?
Des projets approuvés
La semaine dernière, un Conseil des ministres s'est réuni sous la présidence d'Ali Laarayedh pour étudier certains grands projets proposés par des investisseurs locaux et étrangers. Il s'agit de la commission des grands projets, semblable à celle faite par Ben Ali et qui a été rattachée à la présidence de la République dans le temps. La commission a approuvé 3 grands projets :
Le premier projet concerne la ville thermale d'El Khabayet à Gabès, et sera réalisé par des investisseurs autrichiens et tunisiens avec un montant de 750 MD et une capacité d'emploi de 3200 postes. Le projet est au stade de l'examen du mémorandum d'entente qui sera signé entre la Tunisie et les investisseurs,
Le 2ème projet est relatif au stockage intermédiaire des avions à l'aéroport de Tozeur-Nafta pour un budget de 65 MD. La commission a donné son accord pour le démarrage des procédures relatives à l'appel d'offres d'une concession concernant le projet.
Le 3ème projet concerne la ville intégrée pour le savoir et les affaires à l'Ariana qui sera réalisé par une société étrangère sur une superficie de 250 hectares avec un coût de l'ordre de 2 mille millions de dinars.
Ces projets qui ont une dimension régionale, puisqu'ils couvrent l'intérieur, sont à un stade avancé de préparation, et leurs dossiers sont instruits par les départements concernés. Reste à suivre le niveau de l'exécution et à faciliter le déploiement de ces projets. Un travail qui n'est pas toujours facile pour certains investisseurs. Il est souhaitable dans ce contexte que la commission des grands projets se charge de l'instruction et l'approbation des dossiers, mais aussi de la facilitation de l'exécution sur le plan administratif.
La commission a dans ces casiers plusieurs autres projets présentés par des investisseurs nationaux et étrangers et certains en partenariat. Il s'agit par exemple d'un projet de piste de Formule 1 à la zone d'Enfidha, présenté par le père du sport mécanique Chedly Zouiten et des investisseurs étrangers. La Tunisie pourra se doter ainsi de son propre circuit mondial.
Ces projets restent sur le papier, comme ceux déjà présentés durant l'ère Ben Ali. Passer de l'idée ou du business plan à la réalité est une autre paire de manches, qui nécessite un travail de titan au niveau du financement et des autorisations.

Projet Sama Dubai


Tunis sport city

Des projets dans le pipe :
Le gouvernement Jebali avait eu une très bonne idée l'année dernière en présentant, lors d'un Forum International pour le financement des projets de développement dans la Tunisie nouvelle, une liste de grands projets dont a besoin la Tunisie et qui représentent des opportunité d'investissements pour les investisseurs. Lors de ce Forum, plus de 100 projets ont été présentés pour un montant d'investissement de 22.300 MD, soit presque 80% du budget de l'Etat. Un grand effort a été déployé par les cadres du ministère l'Investissement et de la Coopération internationale et le ministre de l'époque monsieur Riadh Bettaieb pour arriver à convaincre les investisseurs étrangers de saisir l'opportunité d'investir en Tunisie. Parmi les projets présentés lors de ce Forum on cite :
* Gisement «SRA-OUERTANE» : Coût de l'investissement: 3 Milliards $ US
* Exploitation de la mine de phosphate de Tozeur : Coût du projet: 1500 MD
* Centrale Electrique « ELMED » Coût estimatif (centrale & interconnexion): entre 3000 et 4000 MDT
* Raffinerie de Skhira Coût du projet: entre 2500 et 3000 M$.
* Unité de Fabrication de Panneaux Photovoltaïques : Coût estimé : 26 MD
* Station de Dessalement de l'Eau de Mer de Djerba : Coût du projet : 120 MDT.
* Station de Dessalement de l'Eau de Mer de ZARRAT – GABES Coût du projet : 120 MDT
* Station de Dessalement de l'Eau de Mer de Sfax Coût du projet : 120 MDT
* Port en Eau Profonde : Coût du projet : 625 M€
* Zone logistique d'Enfidha Coût du projet : 100 MDT
* Plateforme Logistique De Radès : Coût du projet: 200 MDT
* Plateforme Logistique de Djebel Ouest : Coût du projet: 500 M$
* Zone Libre Echange de Ben Guerdane : Coût du projet: 40 M$
* Grand Korbous : La zone de grand Korbous couvre 370 ha et vise la création d'une station touristique thermale qui englobe différents services de tourisme de santé et de loisirs pour une Capacité d'accueil de 6000 lits : Coût du projet: 10 Milliards $
* Centre mondial pour les personnes à mobilité réduite : Implantation d'un centre mondial pour les handicapés à Gasjoum à El Hawaria sur une superficie de 10 Hectares : Le cout du projet est d'environ 40 MDT
* Zone touristique Sidi Founkhall : Elle se situe dans l'archipel des îles Kerkenah dans le prolongement de la ville de Ramla, elle se trouve à 20 Km à l'est de la ville de Sfax, Superficie : 90 ha.
* La Zone touristique de « ZOUARAA » : La zone touristique de « ZOUARAA » se trouve au gouvernorat de Béja, dans une région forestière, à 20 Km environ de la zone touristique de Tabarka.
* Zone Touristique De Hergla « Marina El Ksour » : Coût du projet: 500 M$
* Station Touristique intégrée de Selloum : La station Touristique intégrée de selloum (Nord et Sud) est située entre Hammamet Sud et Hergla en face de l'agglomération de Bouficha sur le littoral Sud-Est, elle se trouve à 70 Km de la ville de Tunis et à 20 Km de la ville de Hammamet.
* BEKALTA : Zone touristique se situe à Ras Dimas, comprise entre le port de pêche et les salines de Bekalta : Coût du projet: 500 MD.
* Zone Touristique De Lella Hadhria : La station de lella Hadhria se trouve sur l'île de Djerba. Le projet vise la construction d'une zone touristique intégré sur 370 ha pour diversifier et enrichir le produit touristique de la zone. Coût du projet: 500 MDT
* Réhabilitation & développement de Sebkhat Ben Ghayadha : Coût du projet: 2 Milliards $
* Station Touristique « SIDI SALEM » : Pôle touristique destiné à l'amélioration des loisirs dans la zone de Bizerte.

Tous ces projets sont dans le stade des idées et des études d'opportunité et de faisabilité et demandent une grande programmation et aussi une priorisation.
Dans le cadre des projets dans le pipe, plusieurs pays amis de la Tunisie ont déjà exprimé leur volonté de financer certains projets. Le Japon a accepté de financer 3 projets : Le premier projet concerne la prévention des risques des inondations au bassin de Medjerda, le deuxième porte sur l'installation d'une station de dessalement de l'eau de mer à Sfax et le troisième vise la réalisation d'une unité de production de l'électricité à Radès.

D'autres investisseurs ont montré un grand intérêt pour le pays, à l'instar des Turcs. En effet, l'homme d'affaires turc, Ihsan Arslan, projette la construction d'un grand complexe commercial à la Goulette ou dans la zone du Lac Nord de Tunis, mobilisant un investissement de plus de 600 millions de dinars.
Dans le même cadre, et rien qu'hier, le nouveau gouverneur de Bizerte a reçu des investisseurs tunisiens pour la réalisation de projet intégré de Tourisme écologique à Sejnene. Le coût du projet est d'environ 20 MD.
Lors de la visite de Jebali, l'ancien président du gouvernement, en Arabie Saoudite, des investisseurs saoudiens avaient déclaré leur intention de réaliser un projet nommé « Tunisia Economic City », qui est une ville économique, touristique, et culturelle et sociale, qui va se situer entre Bouficha et Enfidha.


Tunisia Economic City
Un milieu des affaires décourageant, et la nécessité de la transparence
La Tunisie vit actuellement une période transitoire qui se caractérise par un flou politique et une déstabilisation sécuritaire. La situation économique est en dégradation continue. C'est donc un milieu des affaires décourageant pour les investisseurs. Logiquement, parler de grands projets dans de telles conditions est un vrai saut dans le vide. Ces grands projets nécessitent la mobilisation de grands fonds, et des investissements dans le très long terme. Mais la logique des vrais investisseurs mène à dire que faire des grands projets n'est pas opportun que lors des périodes de troubles et des phases transitoires. Lors de ces périodes l'Etat est fragilisé et déstabilisé et est prêt à accepter les conditions des investisseurs afin de véhiculer l'image d'un pays qui réussit et qui bénéficie de la confiance des investisseurs. Annoncer des grands projets en Tunisie en cette période détient une grande partie d'opportunisme et de volonté de profiter de la faiblesse économique et politique du pays.
C'est pour cette raison qu'il est nécessaire de rompre avec les vieilles méthodes de Ben Ali et entourer ces grands projets par plus de transparence. Les travaux des commissions ministérielles doivent être publiés sur le site du gouvernement afin que la société civile et les citoyens puissent avoir une idée sur les avantages accordés à ces investisseurs et la rentabilité attendue de leurs projets. Il ne faut se limiter à un simple communiqué de presse de la présidence du gouvernement ou une brève interview de Ridha Saidi sur Express FM, pour dire qu'on va aider à la réalisation de grands projets en Tunisie.
Il est aussi nécessaire que de telles conventions ou mémorandum ou contrats avec de grands investisseurs soient étudiés dans le cadre d'une commission parlementaire. Cette exigence créera une procédure supplémentaire, mais garantira la transparence et le contrôle de l'Exécutif.


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