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Sciences sociales et recherches : Etats des lieux
Publié dans L'expert le 24 - 07 - 2010

· Le financement public de la recherche en sciences sociales en Afrique subsaharienne est l'exception plus que la règle
· Un docteur en économie sur trois et près d'un docteur en sciences sociales sur cinq qui travaille aux Etats-Unis est né à l'étranger

Intitulé « Les fractures du savoir », l'UNESCO conjointement avec le Conseil international des sciences sociales (CISS) ont publié en fin de mois dernier un rapport mondial sur les sciences sociales. Longtemps dominées exclusivement par les universités occidentales, ce rapport qui procède à un état des lieux mondial, montre que ces disciplines gagnent du terrain en Asie et en Amérique latine. Avec cette progression, les pays émergents ont ainsi le vent en poupe.

Outre des évolutions contrastées dans les différentes régions du monde, cette étude montre que l'Amérique du Nord et l'Europe représentent encore 75% des revues spécialisées publiées dans le monde, 85% étant publiées partiellement ou totalement en anglais. Un quart d'entre elles sont publiées aux Etats-Unis, les disciplines faisant l'objet du plus grand nombre de publications dans le monde étant l'économie et la psychologie. Les deux tiers des revues en sciences sociales publiées dans le monde le sont aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et en Allemagne.

Ces disciplines se développent notamment en Chine, Inde et Brésil. Le nombre de chercheurs est passé du simple au triple dans ces pays ces dernières années. le budget des sciences sociales et humaines augmente de 15 à 20% par an depuis 2003 en Chine.

En dépit de ce déséquilibre, les auteurs constatent que la plus forte croissance du nombre d'articles publiés est enregistrée en Amérique latine et en Europe. En revanche, la Fédération de Russie et la Communauté des Etats indépendants ont subi un fort recul depuis la disparition de l'Union soviétique, à commencer par la diminution du nombre de chercheurs, sans parler de leur vieillissement, les universités russes peinant à attirer de nouveaux talents. En Afrique subsaharienne, les trois quarts des publications dans le domaine des sciences sociales émanent de quelques universités situées principalement dans trois pays, l'Afrique du Sud, le Kenya et le Nigeria.

Même si l'Afrique n'est pas la seule concernée, cette situation pourrait s'expliquer par la fuite des cerveaux. Ainsi, selon les auteurs, un docteur en économie sur trois et près d'un docteur en sciences sociales sur cinq travaillant aux Etats-Unis est né à l'étranger.

« Comme ce rapport le montre, c'est souvent dans les régions du monde qui en ont le plus besoin que les connaissances en sciences sociales sont le moins développées », constate la Directrice générale de l'UNESCO, Irina Bokova, dans l'avant-propos du rapport. « Les travaux en sciences sociales y sont aussi moins importants à cause du parti pris en faveur de l'anglais et des pays anglophones industrialisés. Il s'agit d'une occasion manquée d'explorer des perspectives et des paradigmes ancrés dans d'autres traditions culturelles et linguistiques. »

Pour faire face aux grands défis auxquels l'humanité est confrontée, les auteurs constatent que le monde a plus que jamais besoin des sciences sociales. Et cela, aussi bien pour la pauvreté, les épidémies, ou encore le changement climatique. Les sciences sociales ne répondent pas à ces défis autant qu'elles le devraient à cause des disparités dans les Etats en matière de recherche.

« Les sciences sociales sont devenues vraiment planétaires dans la mesure où elles sont enseignées pratiquement partout et où les résultats de leurs recherches sont largement diffusés », constate Gudmund Hernes, Président du CISS. Il constate néanmoins qu'elles ont été souvent critiquées pour leur incapacité à prévoir des événements majeurs tels que la chute du mur de Berlin en 1989 ou la crise financière de 2008. Mais pour lui, « si le monde entend faire face aux défis présents et à venir, il a besoin de manière vitale de plus de sciences sociales et de meilleure qualité, ce qui implique de comprendre comment fonctionne le monde et de quelle manière les hommes interagissent ».

Au-delà donc des progrès et des manques constatés, Irina Bokova affirme que « le rapport réaffirme l'engagement de l'UNESCO en faveur des sciences sociales ainsi que notre désir de fixer un nouvel ordre du jour mondial afin de les faire progresser en tant qu'outil inestimable pour le progrès des objectifs de développement fixés sur le plan international ».

Quelques données-clés des sciences sociales dans le monde :
Face aux évolutions dans le monde
* La population de la planète a pratiquement quadruplé au cours du siècle dernier, passant de 1,6 à 6,1 milliards d'individus
* En 1960, on estimait à 77 millions le nombre de migrants dans le monde ; 50 ans plus tard, ce chiffre a presque triplé, atteignant 214 millions
* La proportion de la population mondiale âgée de 65 ans ou plus risque de doubler d'ici la seconde moitié du XXIe siècle. Dans plusieurs pays, par exemple en Italie, au Japon ou en Espagne, un habitant sur trois devrait être âgé de 65 ans ou plus en 2050
* « L'échelle, le rythme, l'ampleur et l'importance des changements affectant l'environnement mondial indiquent clairement que la recherche " traditionnelle " ne suffira pas à permettre aux individus et aux groupes de comprendre et de répondre aux évolutions actuelles, nombreuses et interconnectées. » (O'Brien)
Les systèmes de recherche
· Plus des deux tiers de l'ensemble des programmes de master et de doctorat d'Amérique latine comprenant des activités de recherche sont offerts par les universités publiques brésiliennes et mexicaines
· La part de la production scientifique en Afrique subsaharienne a ainsi chuté de près d'un tiers (31 %) depuis son pic de 1987
· 75 % des publications académiques d'Afrique subsaharienne répertoriées dans la base de données Web of Science émanent de chercheurs en sciences sociales originaires d'Afrique du Sud, du Nigeria et du Kenya, et de quelques universités seulement.
· Le financement public de la recherche en sciences sociales en Afrique subsaharienne est l'exception plus que la règle.
· Dans certains pays arabes, on a tendance à exercer un contrôle sur les sciences socia.
· En Inde, « en 2005-2006, 45,13 % des 11 028 000 étudiants du pays inscrits dans des établissements d'enseignement supérieur étudiaient les arts ou les sciences sociales. Si on y ajoute le commerce et l'éducation, ce pourcentage passe à 64,60 %. » Toutefois, « sur les 400 universités nationales, seule une faible proportion (15-20 %) sont des établissements d'enseignement et de recherche ; 80 % des universités peuvent être considérées comme des établissements d'enseignement uniquement. »
· L'Allemagne et le Royaume-Uni réunis représentaient la moitié du financement public européen pour les sciences sociales.
· Le système scientifique russe a enregistré un très fort recul suite à la chute de l'URSS. Entre 1991 et 1999, le nombre de chercheurs a diminué de 458 500 et celui des techniciens de 128 200 ; seuls 18 200 d'entre eux ont émigré, le reste ayant intégré d'autres secteurs économiques. Le vieillissement du personnel de R&D, qui est dû aux difficultés à attirer de jeunes talents, est une source de préoccupation. En 2007, la Russie comptait 13 740 chercheurs en sciences sociales (un chiffre quasiment identique à celui de 1999) et la moitié d'entre eux étaient des économistes.

Division des capacités
Commercialisation de la recherche,
D'après le CREST, plus des deux tiers de l'ensemble des universitaires des quatorze pays de la région de la Communauté pour le développement de l'Afrique australe (SADC) participent régulièrement à des activités de conseil.
Fuite des cerveaux :
· Un docteur en économie sur trois et près d'un docteur en sciences sociales sur cinq qui travaille aux Etats-Unis est né à l'étranger
· On estime que depuis 1990, en moyenne 20 000 professionnels hautement qualifiés quittent le système d'enseignement supérieur africain chaque année pour un poste aux Etats-Unis, en Europe, ou même au Moyen-Orient et en Australie. Les sciences sociales et humaines sont particulièrement touchées. Les disciplines telles que l'histoire, l'archéologie et la philosophie sont menacées dans de nombreux pays.
Réussite,
Au Brésil, grâce au renforcement des efforts et des investissements du gouvernement dans le développement des ressources humaines, le nombre de chercheurs en sciences sociales a presque triplé au cours des dix dernières années. Ils représentent environ 32 % des chercheurs du système de recherche et d'enseignement supérieur national, soit 37 500 sur un total de 118 000.
Une internationalisation inégale
· La collaboration dans la recherche en sciences sociales est dominée par l'Amérique du Nord et l'Europe occidentale
· Malgré la mondialisation de la recherche, l'intégration des régions périphériques aux systèmes de sciences sociales mondiaux ne s'est pas améliorée au cours des deux dernières décennies.
· La dépendance envers l'Occident, qui est mesurée par les citations, a augmenté ces 20 dernières années
· L'Europe et l'Amérique du Nord représentent environ les trois quarts des revues en sciences sociales dans le monde
· En matière de publication de revues en sciences sociales, les Etats-Unis occupent la première place (avec un quart du total), suivis par le Royaume-Uni, les Pays-Bas et l'Allemagne. Réunis, ces quatre pays publient les deux tiers de l'ensemble des revues en sciences sociales
· L'anglais est de loin la première langue des revues en sciences sociales : 85,3 % des revues universitaires et apparentées répertoriées dans la base de données Ulrich sont publiées (en partie ou en entier) en anglais
· La plus forte croissance du nombre d'articles produits a été observée en Amérique latine (+ 74 %), en Europe (+ 58,4 %) et en Asie (+ 56,7 %). La Russie et la CEI est le seul groupe de pays qui a enregistré un recul de la production d'articles en sciences sociales (- 4,6 %).
Principaux domaines de recherche dans quelques pays
· « Les sciences cognitives et comportementales » constituent la principale discipline de science sociale des universités.
· En Inde, il s'agit des études sur la société (y compris la sociologie et l'anthropologie) et en Chine, du commerce, de la gestion, du tourisme et des services.
· L'économie et la gestion sont des domaines d'étude majeurs en Amérique latine (en particulier au Brésil, au Mexique et en Argentine), en Inde et en Chine.
· Dans les pays du Maghreb, le droit et la littérature ont gagné du terrain ces 25 dernières années au détriment de l'histoire et de l'économie
· Les domaines conjugués de la psychologie et de l'économie forment la plus grande part de la production scientifique mondiale d'après l'Indice des citations en sciences sociales. Sur la période 1990-2007, la proportion relative de l'économie et de la gestion a augmenté alors que celle des sciences politiques a diminué.
Caractéristiques des sciences sociales dans quelques pays de l'OCDE
· En 2006, les pays de l'OCDE ont délivré quelque 52 000 doctorats en sciences sociales, soit environ un quart du total des doctorats décernés dans la zone de l'OCDE. Pour la deuxième année consécutive, plus de la moitié (52 %) de ces qualifications de recherche avancée en sciences sociales a été obtenue par des femmes.
· Le nombre de docteurs a constamment augmenté ces dernières années (+ 40 % entre 1998 et 2006), mais le nombre de doctorats en sciences sociales a augmenté encore plus rapidement (+ 50 %), ce qui est en partie dû à la participation accrue des femmes.
· L'âge moyen des titulaires de doctorat est plus élevé pour les sciences sociales que pour les sciences et techniques.
· Dans la plupart des neuf pays pour lesquels des données sont disponibles, le taux de chômage des docteurs en sciences sociales est plus faible que pour l'ensemble de la population des titulaires de doctorat.
Publication et diffusion des sciences sociales
Le recul observé dans les ventes de monographies de recherche est l'une des tendances les plus manifestes à laquelle les éditeurs universitaires doivent faire face depuis une vingtaine d'années.
Mesure de la contribution et des résultats des sciences sociales
La mesure de la contribution à la R&D et des résultats de la R&D (en général comme dans les sciences sociales) est problématique dans tous les pays. Il n'existe absolument aucun processus standard de recueil des données. En définitive, le degré de fiabilité des données est celui déclaré par les agences nationales responsables de ces mesures.
Plusieurs centaines de spécialistes en sciences sociales du monde entier ont apporté leur expertise à la publication de ce rapport. Gudmund Hernes, Président du CISS, François Héran, Directeur de recherche à l'Institut national des études démographiques (INED, France), Adebayo Olukoshi, Directeur de l'Institut africain de développement économique et de planification (IDEP) des Nations Unies, et Hebe Vessuri, Directeur de l'Institut vénézuélien de recherche scientifique (IVIC), figurent parmi les experts qui ont présenté le Rapport lors de son lancement.
Dossier réalisé par Raoul FONE


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