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Chronique, Le mot pour le dire : tant pis pour les myopes et les aveugles !
Publié dans Tunivisions le 25 - 02 - 2014

« Le scandale est bien souvent dans le regard sans amour que nous portons sur notre prochain ».Michel Tournier, Le coq de bruyère
Etes-vous au courant du dernier exploit du provisoire de Carthage qui vient de nous crier sur les toits sa sage détermination de rester là où il est jusqu'à ce que ses fans (qui se comptent par millions) se décident à l'y reconduire triomphalement ? Si vous ne l'êtes pas, sachez alors que son excellence vient de gracier Jabeur Mejri qu'il a laissé sciemment moisir en prison pour le soustraire à la vindicte des hordes de barbus, dont en particulier les milliers de survivants du front syrien. Sachez également que l'illustre prisonnier n'a pas encore quitté sa cellule, et qu'il ne la quittera pas de sitôt.
Pourquoi, me diriez vous ? Mais parce que le thaumaturge de Carthage n'a, comme vous le savez déjà, que des prérogatives limitées. Il est donc normal qu'il soit incapable de blanchir totalement l'horrible apostat. Il semblerait en effet que ce dernier ne se soit pas contenté de manquer de respect au prophète, que la prière et le salut de Dieu soient sur lui. Le misérable se serait permis de voler l'Etat, autrement dit de profaner la République ! Il croupira donc en prison pour purger une peine que la justice n'a pas encore prononcée. Et c'est tant pour lui, car il aura la vie sauve tant qu'il reste à l'ombre. Il se tire tellement de prunes dans les parages qu'il n'est pas impossible qu'il en attrape une ou deux de perdues !
Le locataire de Carthage, qui est en passe de se transformer en propriétaire, soucieux d'être en accord avec les institutions de l'Etat et la loi de la République, a pris toutes les précautions nécessaires avant de commettre son dernier chef-d'œuvre. Comme le lui impose son devoir de « commandeur des croyants », il a eu la sagesse de consulter les ulémas de la sainte Zitouna sur l'opportunité de remettre en société un apostat qui ne s'est pas repenti publiquement. Les dignes cheikhs ont donc prononcé leur verdict : Jabeur Mejri ne pourrait être lavé de son ignominie que s'il faisait officiellement amende honorable et s'engage solennellement à être désormais en parfait accord avec le sacré.
Il semblerait donc que les instances compétentes de la Sainte Mosquée aient rédigé un texte, en tout conforme à l'esprit de la nouvelle constitution que le provisoire a fêtée dernièrement en toute pompe, que l'apostat repenti aurait volontairement signé. La grâce califale – synonyme parfait de présidentielle – a suivi. Aussitôt, la bonne nouvelle se répand un peu partout dans le monde. La démocratie tunisienne naissante donne publiquement la preuve de sa mansuétude en prenant le risque de ne plus condamner les apostats à de lourdes peines de prison, ce qui ne veut pas dire pour autant que l'athéisme soit toléré.
La Tunisie doit s'estimer heureuse d'être conduite par un illustre droit-de-l'hommiste qui sache trancher au moment opportun en ménageant la choux et la chèvre, autrement dit en se remettant dans tous les cas à la volonté d'Allah et aux prescriptions de sa sainte chari'â. Il est évident qu'en agissant de la sorte son excellence ne transgresse aucunement les dispositions constitutionnelles relatives à la liberté de conscience parce qu'il est de notoriété publique que, dans la patrie de Rached Gannouchi, liberté ne rime pas avec anarchie ! La consigne est tout aussi claire que simple : un bon citoyen – ou sujet, c'est du pareil au même – doit être en accord avec les règles des hommes, mais surtout avec les règles d'Allah sur le respect desquelles veillent scrupuleusement des hommes qui ne tolèrent point que l'eau soit lâchée sur le melon !
Désormais, Carthage ne prendra jamais de décision avant de consulter la Zitouna. C'est là, sachez-le, une disposition constitutionnelle que le provisoire droit-de-l'hommiste est déterminé à respecter. Désormais, dans la toute jeune démocratie tunisienne, César et Allah ne feront plus qu'un. De cette façon, le caractère laïc de la seconde république ne sera que plus évident. Et tant pis pour les myopes et les aveugles ! Carthage se doit de ménager les susceptibilités de la majorité. Or, la majorité se situe du côté de la Zitouna et non du côté du lycée Sadiqui. Le devoir d'un président, qui plus est un droit-de-l'hommiste intransigeant, est d'être à ;l'écoute de ses ouailles, ses potentiels électeurs !
Les détracteurs du provisoire, qui se paye une campagne électorale aux frais du contribuable, estiment, quant à eux, que la conduite roisidentielle (étant donné que son excellence n'est ni roi, ni président, mais les deux à la fois, comme l'exigent ses prérogatives de commandeur des croyants) aurait été compréhensible, voire acceptable s'il l'avait adoptée systématiquement dans les affaires où les intérêts de Dieu priment sur ceux de César. Il aurait été souhaitable en effet que son excellence se soit donné la peine de consulter la Zitouna avant de remettre en liberté les hordes de terroristes qui désolent aujourd'hui le paysage national. Il aurait été judicieux, estiment les irréductibles adversaires de Carthage, de corriger l'erreur fatale du dictateur déchu en condamnant ces criminels sanguinaires à subir la terrible peine de la Hiraba, celle justement dont le digne député Sadok Chourou a vanté les mérites sous la coupe de l'ANC.
Il aurait été souhaitable également que son excellence provisoire se soucie de remettre à sa place un certain Imed Dghaïj, qui défie ouvertement les lois de la république. Le roisident devrait faire l'effort de se rappeler qu'il a eu l'amabilité de recevoir, chez lui, ce triste personnage et qu'il lui revient aujourd'hui, avec l'aide et la bénédiction de la Zitouna, de lui tailler les griffes. La recette de Sadok Chourou serait recommandable dans le cas de ce hors-la-loi qui s'est octroyé un califat dans le califat du provisoire de Carthage. Ce dernier devrait donc réagir illico presto avant que le goujat, qui lui a chipé son royaume, ne se décidé à mettre la main sur le royaume d'Allah !


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