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La grande revanche des pays du Sud
Publié dans WMC actualités le 08 - 10 - 2007

Hier, les pays en développement étaient responsables du déclenchement de beaucoup des crises financières : Mexique (1982 et 1994), Asie (1997), Russie (1998), Argentine (2002). Et même quand ils n'en étaient pas la cause, ils en subissaient plus fortement les conséquences que les pays développés : crise des caisses d'épargne aux Etats-Unis (1989), éclatement de la bulle Internet (2001). Tel n'est plus le cas aujourd'hui, avec la crise des "subprimes" et de l'immobilier américain.
Annonçant un complet renversement du rapport des forces mondiales, les pays émergents, ceux d'Asie en particulier, montrent une grande résistance économique et financière aux turbulences. Le Sud devient non seulement le moteur de l'expansion mondiale, mais il dépend moins du Nord, de ses capitaux et, dans une mesure relative, de ses débouchés. Le XXIe siècle leur offre une grande revanche du XIXe et du XXe, au cours desquels le maître mot avait été l'exploitation du Sud par le Nord.
Du fait de l'interconnexion des marchés, toutes les places boursières ont été affectées par la perte de confiance de cet été. Mais, à y regarder de plus près, on observe que les Bourses émergentes ont moins reculé que Wall Street et que les places européennes, explique Luca Silipo, économiste chez Natixis. Au 16 août, jour du grand plongeon, elles ont baissé fortement, mais, depuis, elles refont surface plus vite, à l'exception des Bourses d'Amérique latine, aspirées par effet de proximité. C'est inattendu, car le sentiment prévalait, avant l'été, que les Bourses émergentes avaient trop monté (celle de Shanghai de 100%, celle du Brésil de 17%, celle de Côte d'Ivoire de 37%...) et qu'elles risquaient beaucoup de chuter.
Les taux d'intérêt donnent la deuxième manifestation de résistance. Hier, ils bondissaient par fuite des pays risqués. Cette fois, ils restent assez peu différents des taux des pays riches. Les balances de capitaux, enfin, montrent aussi que les investisseurs ne se sont pas détournés de l'Asie du Sud-Est ou de l'Europe de l'Est émergente. Même l'Afrique, du moins la partie qui réussit, attire les capitaux au point que le Financial Times (29 août) se demande si les "sub-Sahara prime" ne formeraient pas la future bulle ! Javier Santiso, de l'agence Telos, parle d'une "ruée" d'investisseurs "en quête d'actifs plus risqués mais à fort potentiel" sur le continent noir, si riche de matières premières dont les prix flambent.
Le Sud se "découple" du Nord, comme disent les économistes. C'est lui qui joue un rôle de stabilisateur dans l'économie mondiale. Comment cette inversion a-t-elle été rendue possible ?
La première raison est la force de leur croissance. L'économie mondiale va diminuer un peu, à 5,25% cette année et l'an prochain (contre 5,5% en 2006), mais les pays du Sud survolent le lot. La Chine bien sûr, au rythme de 11,5%, l'Inde à 9%, les pays du Golfe, l'Afrique émergente, même le Brésil, longtemps traînard, atteint 5,5%. Cette expansion dépend moins des marchés du Nord. La meilleure illustration en est la Chine : tandis que la croissance américaine a été divisée par deux en un an, pour redescendre à 1,8% au deuxième trimestre, la croissance chinoise a dans le même temps accéléré de 9,9, à près de 12%. L'export compte pour près de 40% dans la vivacité chinoise, mais le poids des Etats-Unis a reculé au fur et à mesure que grossissaient les débouchés asiatiques. Ces derniers comptent maintenant pour 35%, soit plus que ceux des Etats-Unis et de l'Europe réunis (34%). Le Sud se vend à lui-même, et pas seulement de Pékin à Singapour, mais jusqu'à Kinshasa, Le Cap et Rio. Inde et Russie importent plus de Chine que des Etats-Unis. Le Nord n'est plus le seul centre des échanges.
En outre, pour rester sur la Chine, désormais la grande locomotive mondiale, le ralentissement américain est bienvenu pour calmer les tensions inflationnistes. L'économie devrait revenir à son rythme soutenable (appelé potentiel) de quelque chose comme 9 % l'an. En cas d'amollissement, le gouvernement de Pékin relèvera le frein sur la demande intérieure, qu'il tient actuellement serré pour contenir l'inflation.
L'autre raison de la solidité des économies du Sud est la politique économique vertueuse de nombre d'entre eux. Echaudés par les crises précédentes, ils ont compris qu'ils devaient ne plus dépendre des capitaux du Nord et que, pour ce faire, il fallait avoir des budgets équilibrés et des comptes commerciaux excédentaires. Les pays de l'Est européen, l'Argentine ou l'Inde ne sont pas dans ce cas-là, mais ce sont des exceptions. Pour les autres, les abondantes réserves de change permettent de rassurer les investisseurs du Nord et, de toute façon, de combler le vide s'ils partent. Le Sud a désormais des capitaux mieux attachés à soutenir son économie : ce sont les siens.
Sans doute, le "découplage" du Sud n'est que relatif. Certaines zones (Amérique latine et Europe de l'Est) sont encore fragiles. Si les turbulences financières devaient durer et plonger le Nord dans une forte récession, aucune économie du monde ne pourrait être immunisée. Mais "la plupart des économies émergentes sont moins vulnérables grâce à des fondamentaux économiques solides et des institutions monétaires crédibles", se félicitait, le 7 septembre, Rodrigo Rato, le patron (sur le départ) du FMI. Le Sud est économiquement émancipé. C'est une rupture, une vraie. Grande, historique et mondiale.

(Source : http://www.lemonde.fr)


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