Changement de temps : vents forts et mer agitée au programme    L'ambassade tunisienne à Dubaï insiste sur le respect des consignes de sécurité émises par les autorités locales    Déroute totale : élimination, démissions et fin de l'ère Gattuso    Samia Salma Belkhiria - L'agriculture biologique en Tunisie: Un grand potentiel à promouvoir    Tunisia Digital Summit, TDS 10 : le partenariat public–privé– startups au cœur de l'innovation digitale    Site archéologique de Koustiliya : un projet tuniso-italien pour révéler un trésor archéologique du sud tunisien    Les prix alimentaires mondiaux en hausse en mars à cause de la guerre    Augmentation tarifs Musées Tunisie 2026 : Agences de voyage en colère    FIFEJ 2026 à Sousse : un festival du film dédié à la jeunesse plus ambitieux et inclusif    Alerte Trafic : Fermeture nocturne du pont de l'aéroport Tunis-Carthage dès ce soir    Slim Sanhaji a la tête de la 27e édition des Journées Théâtrales de Carthage, JTC 2026    Samsung Electronics leader du marché mondial des téléviseurs pour la 20ème année consécutive    Météo en Tunisie : températures en légère hausse, pluies éparses    Gouverner dans le brouillard permanent: les trois qualités du dirigeant de demain    Nouveau discours de Donald Trump: le bout du tunnel reste encore lointain    Voici les projets de la Banque mondiale qui touchent les Tunisiens    La Nazionale mise sur la continuité : Gattuso soutenu par la Fédération    Cerises : le kilo grimpe jusqu'à 60 dinars en Tunisie    Selim Sanhaji nommé à la tête des Journées théâtrales de Carthage 2026    Lorand Gaspar: Le poète des instants fugaces    Artémis II lancée : une mission spatiale habitée vers la lune, plus de 50 ans après Apollo 17    Bordeaux : Une nouvelle agence consulaire pour rapprocher les Tunisiens de chez eux    ''Ni élégants, ni à la hauteur'' : Macron réagit aux moqueries de Trump    La bibliothèque dorée de Trump : 50 étages... avions, escaliers dorés et salle de danse    Epson Tunisie, Ecole L'Odyssée et Socrate School célèbrent la créativité écoresponsable des jeunes talents    Mohamed Nafti: L'engrenage de la destruction    Météo en Tunisie : persistance du temps froid et des pluies orageuses    FIFA : décision finale sur l'Iran pour 2026    France - Tunisie : Extradition refusée pour Halima Ben Ali...    Les Emirats interdisent l'entrée aux Iraniens    Météo en Tunisie : temps froid, neige et pluies orageuses dans plusieurs régions    Sadok Belaïd: Dans son sillage...    Tunisie : décès d'Afif Hendaoui, une carrière entre diplomatie et enseignement    L'ancien ministre et ambassadeur Afif Hendaoui est décédé    Enseignement supérieur en Tunisie : chiffres clés, étudiants, diplômés et recherche en forte activité pour l'année 2024-2025    Dhia Bouktila: La science est fille de l'imagination    Hommage au Doyen Sadok Belaïd: Témoignage et dialogue entre Philippe Noiret, Bertrand Blier, Louis de Funès et Raymond Devos    Watania Sports : diffusion expérimentale en marge des célébrations du 60e anniversaire de la Télévision tunisienne    Pionnière de l'océanographie tunisienne, la Professeure Founoun Chakroun est décédée    L'effet Jaouadi ou le triomphe de l'excellence opérationnelle    Ce n'est plus la loi de la jungle, c'est pire, c'est la loi de Trump !    Le champion du monde tunisien Ahmed Jaouadi remporte la médaille d'or avec un nouveau record au championnat des universités américaines    Saison Méditerranée 2026 : Louis Logodin annonce une programmation culturelle franco-tunisienne    Décès du journaliste Jamal Rayyan, figure historique d'Al Jazeera Arabic    "Monsieur Day", In memoriam    Ahmed Jaouadi et Ahmed Hafnaoui brillent aux Championnats SEC : la natation tunisienne au sommet aux USA    La sélection tunisienne de judo senior remporte 11 médailles au tournoi international Tunis African Open    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Le recul du tourisme dans la ville de Kairouan inquiète
Publié dans WMC actualités le 12 - 03 - 2008

Kairouan souffre de sa situation géographique, qui n'en fait plus qu'une ville de «passage Circuits», sur la route du désert, comme l'appellent les techniciens des agences de voyages.

Réduite en étape technique ou demi-journée de visites dans le meilleur des cas, Kairouan est de plus en plus banalisée. Les chances d'en découvrir l'aspect culturel sont de plus en plus compromises, faisant chuter le nombre de touristes étrangers non arabes de 260.000 en 2005 à 200.000 touristes en 2007. Le parc hôtelier de Kairouan se limite, d'ailleurs, à 05 hôtels, dont quatre ont plus de 25 ans.

Kairouan est l'une des capitales de la tapisserie mondiale, 4ème ville sainte du monde musulman, le Musée de Rakkada recèle de manuscrits d'exception, les édifices magnifiques sont propices à de l'évènementiel de grande facture si l'offre hôtelière autour suivait.
Patrimoine mondial de l'UNESCO, en 2009 elle sera capitale de la culture islamique et tous les efforts semblent finalement s'actionner

La matière est généreuse et les supports nombreux: gastronomie, artisanat, édifices religieux, lieux d'événementiels, environnement naturel, etc. De nombreuses suggestions ont été apportées au cours d'une table ronde récemment organisée. Une action ciblée qui vise à élaborer un programme d'animations avec des manifestations thématiques, des ouvertures nocturnes des principaux édifices de la ville, la création d'hébergement alternatif,…

Des atouts d'exception ?

Assurément, comme d'ailleurs d'autres villes archéologiques recelant des trésors endormis et sous exploités. Mais Kairouan ennuie, comme bon nombre de villes touristiques au potentiel aussi énorme. Kairouan sombre dans l'anonymat, laissant un véritable goût de gâchis et de frustration.

Dans le monde, les villes et villages touristiques prennent le relais sur les destinations. Elles choisissent une option, s'inventent un concept et se construisent une identité : village à antiquaires, paradis pour golfeurs, ville shopping, capitale pour jet set, ou capitale de musique classique le temps d'une programmation retentissante.

Kairouan a sombré dans l'anonymat pour ne pas avoir construit, au bon moment une visibilité claire et haute en couleurs. Les villes touristiques tunisiennes restent discrètes ne parvenant pas à se créer une image de marque affirmée. Ne seraient-elles pas des relais solides pour soutenir la destination dans son ensemble ?

L'urgence est à la conception d'une véritable dynamique culturelle applicable à toutes les régions de Tunisie, en prenant en considération les caractéristiques de chaque région. Le travail ne peut qu'être le fruit d'une stratégie globale à mette en place sur le long terme.

La tendance mondiale n'est plus au tourisme culturel, elle est au mieux disant culturel.
C'est ce principe même qu'appliquent les destinations qui se livrent des guerres acharnées. L'inventivité des grands professionnels du tourisme, de la culture, de la communication se conjuguent à l'infini pour séduire, innover et surprendre. Les cartes magnétiques des chambres d'hôtels sont dessinées par des sommités de la peinture contemporaine, les hôtels, restaurants et bars sont élaborés par des bijoutiers et des créateurs de mode.

Kairouan trouverait-elle sa voie ? Les festivals régionaux, sont déjà un point de départ à exploiter. Poussées vers la professionnalisation, ces manifestations pourront catalyser des forces nouvelles, susceptibles de solliciter et retenir plus d'attentions.

Le tourisme tunisien s'adapte difficilement aux attentes d'un monde qui communique beaucoup et bouge très vite. Trop longtemps pensée pour et par des hôteliers, c'est la destination qui ennuie. Plus que jamais auparavant, choisir une destination c'est acheter un rêve, et la Tunisie ne fait plus beaucoup rêver.

En Tunisie, l'investissement est encore et toujours de béton, de marbre et de coups de milliards de constructions, ou ne l'est pas.

Soit, mais les relais créatifs sont nombreux, et il est urgent de les solliciter. Comment Kairouan peut-elle décider des investisseurs à s'intéresser à ces potentialités, si l'image même du tourisme tunisien est mise à mal par une conjoncture assez morose et une reprise largement annoncée et encore avortée.

Décalé, le tourisme tunisien saisit péniblement les tendances. Une certaine lenteur le ralentit, lui faisant rater des tournants importants, laissant échapper calmement certaines «modes», au point de se retrouver en «conflit» avec sa cible. Une cible de plus en plus jeune, plus exigeante, et noyée par les opérations de charme des destinations concurrentes et émergeantes.

Pour sauver Kairouan aujourd'hui, il faut mettre en place beaucoup de chiffres et un grain de folie. Le tourisme est aujourd'hui, plus que jamais, beaucoup de chiffres, de très gros enjeux économiques et beaucoup d'audace.

Alors aujourd'hui et plus que jamais, j'ai envie de rêver à un tourisme dans le vent. Un tourisme où l'on voit fleurir des dizaines de grands noms de l'hôtellerie mondiale.
Une habitation typique serait-elle bientôt reconvertie en un énigmatique et somptueux «Bougie hôtel» ? Verrat-on jaillir un spa grand luxe sous tente d'exception au milieu de la steppe avec transfert exclusif en hélicoptère ? Imaginez, des dîners de mille et une nuits, autour des bassins troglodytes avec mise en place d'exception, feu d'artifices époustouflant ? La grotte la plus grande d'Afrique du Nord sera-t-elle aménagée avec tout un projet de sports extrêmes : Cross, delta plane, quad, Vtt, etc. ?

Au rythme de mes divagations, d'autres se souviennent d'un temps où l'inventivité faisait flotter des bateaux dans les bassins aghlabides. Des instants magiques gravés dans les mémoires, à l'occasion d'un exceptionnel cocktail dans les jardins du Musée de Rakkada éblouissant de beauté et brillant de mille feux.

Pour survivre, la destination se doit de séduire à nouveau. Kairouan, elle, se doit de trouver sa voie.

Son avenir touristique passe incontestablement par la valorisation de son patrimoine et la naissance d'un tourisme culturel dynamique et valorisant. Les projets sont à portée de main et Kairouan rejaillira comme une somptueuse capitale culturelle moderne et ouverte.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.