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''Que mare nostrum devienne un jour mater nostra''
Publié dans WMC actualités le 06 - 01 - 2009

Webmanagercenter: Après avoir travaillé longtemps au quotidien Le Monde, quel a été votre état d'esprit en le quittant ? Et comment jugez-vous son évolution aujourd'hui ? Pour beaucoup le journal est méconnaissable…
Paul Balta : Je suis entré au Monde en 1970, au service Proche-Orient que dirigeait Eric Rouleau. J'ai été correspondant du Monde au Maghreb, de la Libye à la Mauritanie, basé à Alger, de 1973 à 1978. Au retour, j'ai été nommé chef de la rubrique Maghreb, mais j'ai continué à m'occuper du Proche-Orient. C'est moi qui ai «couvert» la révolution iranienne d'octobre 1978 à mai 1979. En l985, j'avais deux possibilités : devenir chef de la rubrique Proche-Orient puisque Rouleau venait d'être nommé ambassadeur à Tunis, ou prendre une préretraite. Comme je faisais des journées très longues (6h30 à 17h et souvent 20h pour des réceptions ou des conférences-débats) et que j'écrivais des livres seul ou avec mon épouse Claudine Rulleau, je sacrifiais très souvent mes week-end et une partie de mes vacances.
J'ai donc opté pour la préretraite. Le journal a conservé sa qualité sous la direction d'André Fontaine. J'avoue que très vite, après le départ d'André Fontaine à la retraite et sous la direction de Jean-Marie Colombani qui s'était attribué un énorme salaire et voulait faire des économies sur le dos du journal et des journalistes, le quotidien a commencé à dégringoler !
Certes, un journal évolue, se transforme. Mais force est de constater que Le Monde n'a plus l'expertise d'avant sur les problèmes du Maghreb, le Moyen-Orient et, pour ainsi dire, du monde arabe. A quoi attribuez-vous ces choix ?
En faisant des économies, Colombani s'est privé des vrais spécialistes. À titre d'exemple, Le Monde était le seul quotidien qui avait trois arabisants à la rubrique Proche-Orient, Eric Rouleau, Jean Gueyras et moi. Après nos trois départs, cela n'a plus été le cas. De même pour les autres grandes rubriques (Afrique, Amérique latine, etc.). En outre, la direction a supprimé de nombreux postes de correspondants, notamment à Alger, Tunis, Rabat, ainsi qu'au Caire et à Téhéran. Mouna Naïm, nommée correspondante à Beyrouth, est supposée couvrir l'ensemble du Proche-Orient. C'est rarement le cas.
Néanmoins, avec la nomination comme directeur d'Eric Fottorino en 2008, la qualité du journal s'améliore, mais il reste encore du chemin à parcourir. En particulier en ce qui concerne le monde arabe. Un exemple : les articles du Figaro sur l'Arabie saoudite sont plus nombreux et bien meilleurs que ceux du Monde.
Vous venez d'écrire un livre sur Islam et islamisme, avec votre femme Claudine Rulleau. Quel état des lieux dressez-vous ?
L'islamisme contre l'islam est un thème complexe, riche en contradictions et en paradoxes. Quel bilan peut-on dresser ? Quelles conséquences découlent de l'apparition puis du développement des thèses et des actions des islamistes et d'Al Qaida, chez les musulmans eux-mêmes tout d'abord puis chez les autres ? On ne se rend souvent pas compte en Occident en général et en Europe en particulier que les musulmans sont, sur tous les plans, les premières et les plus nombreuses victimes des attentats islamistes. Même si une infime minorité les approuve et s'y rallie, les réactions vont de la colère à la tristesse, du dégoût de leurs coreligionnaires violents et terroristes à l'abattement.
Pour marquer leur désapprobation, certains vont jusqu'à se déclarer ”musulmans islamophobes” ; quelques-uns abandonnent leur pratique religieuse, d'autres se convertissent, le plus souvent secrètement ; de l'avis de tous les spécialistes, il est difficile de chiffrer ces conversions. L'islamisme joue là parfaitement contre l'islam. Ce n'est sans doute pas un hasard si de vifs débats ont lieu entre les dirigeants de l'islamisme radical dont certains, conscients qu'il décourage de nombreux croyants, prônent l'abandon de la violence, du jihad armé et des attentats.
Même s'il faut nuancer constamment le propos, souvent en Occident et notamment en France on parle de l'islam alors qu'on pense islamisme. Quelle explication donner à cette confusion ?
D'abord, n'oublions pas qu'en France, depuis le XIXè siècle, la définition la plus courante de l'islamisme, «islam» ou «doctrine de l'islam», était donnée par les dictionnaires usuels, par analogie avec judaïsme et christianisme. Ce fut le cas jusqu'au début des années 1970. En effet, elle a été jugée «vieillie» après que les Frères musulmans, dont l'organisation a été fondée en Egypte par Hassan Al Banna en 1928, eurent forgé le néologisme islamiyyoun, islamistes, en 1970, pour affirmer leur spécificité militante. Ils ont été la matrice de la plupart des mouvements islamistes dont le plus violent est Al Qaida, constitué en 1988.
Les dictionnaires donnent donc la définition suivante de l'islamisme : «Désigne les courants les plus radicaux de l'islam qui veulent faire de celui-ci non plus essentiellement une religion, mais une véritable idéologie politique par l'application rigoureuse de la charia (loi islamique) et la création d'Etats islamiques intransigeants».
Les attentats du 11 septembre 2001 ont incontestablement renforcé en Occident l'islamophobie. Cela dit, il faut bien admettre que les Européens ne connaissent guère l'islam et s'en méfient. Ils ont donc tendance à confondre islam et islamisme. Certains vont même jusqu'à poser l'incroyable équation : arabe = musulman = islamiste = terroriste. C'est pour contribuer à clarifier les choses que nous avons écrit notre livre.
A travers certains discours de part et d'autre, on a le sentiment qu'on est entré dans une «culture du choc de civilisations». Pensez-vous que l'on s'achemine vers ce choc frontal ?
Il me paraît fondamental de rappeler un fait trop souvent occulté : le paradoxe américain. En effet, au milieu du XXème siècle, les Etats-Unis ont soutenu, pour des raisons politiques et économiques, les Frères musulmans et d'autres mouvements de la même mouvance contre les dirigeants nationalistes. Puis ils ont financé et aidé les talibans contre l'URSS. Victimes d'un tragique retournement de l'histoire, ils ont subi le 11 septembre 2001. Ils ont alors dénoncé ”l'axe du mal”, souscrit à la thèse du ”choc des civilisations” de Samuel Huntington et déclaré la guerre à Al Qaida. Leurs erreurs ont, hélas ! contribué à certains égards à renforcer l'influence d'Oussama Ben Laden.
N'oublions pas non plus que George W. Bush a commis une erreur gravissime en accusant Saddam Hussein d'être un allié d'Al Qaida alors qu'il en était le principal adversaire. En intervenant en Irak en 2003, les Etats-Unis ont contribué à y introduire les kamikazes d'Al Qaida. Cette guerre et leur soutien quasi-inconditionnel aux Israéliens ont eu des conséquences déplorables dans le monde arabe et contribué au «choc des civilisations». S'oriente-t-on vers un «choc frontal» ? À ce propos, je voudrais citer un passage de l'interview accordée au quotidien El Watan, par Mgr Ghalib Bader, né en Jordanie qui vient d'être nommé par le Vatican, archevêque d'Alger, en remplacement de Mgr. Tessier. Il déclare : «Je ne crois pas au choc, à la confrontation des civilisations, des religions. C'est la complémentarité des civilisations qui a fait l'histoire de notre monde. Chaque civilisation apporte sa touche. Ce fait de la complémentarité est plus que jamais aujourd'hui une nécessité si l'on se réfère à la déliquescence des valeurs, au climat tendu, en raison des crises aiguës qui secouent la planète. La confrontation ne sert qu'à détruire la paix et Dieu seul sait combien on a besoin de cette paix par les temps troubles qui courent. Remarquez qu'une seule civilisation dans le monde serait monotone. Dans un orchestre, tous les instruments sont nécessaires pour avoir une belle symphonie. L'enrichissement réciproque entre toutes les cultures est un bel avantage, un atout inestimable».
Au terme de votre réflexion, pensez-vous que le radicalisme islamique d'aujourd'hui soit d'une nature différente par rapport à ce qui a existé dans le passé et surtout qu'il soit en mesure de cannibaliser l'islam ?
Dès le début et tout au long de son histoire, l'islam a connu des accès de fièvre. Un mouvement pendulaire n'a cessé d'osciller entre deux tendances : celle des rigoristes qui mettent l'accent sur l'unité de la oumma, communauté des musulmans (de oumm, la mère) et une application sans concession des règles religieuses ; celle des «régionalistes» qui privilégient les traditions locales, les spécificités ethniques et les valeurs plus tolérantes de la patrie commune. La première, plus intransigeante est celle du royaume d'Arabie, adoptée au IXème siècle, toujours en usage. Il y eut plusieurs dynasties rigoristes, entre autres celle des Almohades, au Maghreb, qui régna de 1130 à 1269, et imposa elle aussi une morale rigoureuse. Sans oublier les redoutables nizaris (les «Assassins» des chroniqueurs des croisades) qui firent de l'assassinat politique terroriste un mode de gouvernement en Syrie et en Iran du XIème au XIIIème siècle.
Depuis 1928, les Frères musulmans ont été la matrice de la plupart des mouvements islamistes dont le plus violent est Al Qaida. Toutefois, aucun mouvement musulman n'a pratiqué un terrorisme de l'envergure de celle d'Al Qaida et de ses adeptes. Je reprends un passage de notre livre. En effet, on peut difficilement établir des pronostics sur l'avenir des mouvements radicaux et d'Al Qaida. Selon plusieurs chercheurs dont Adel Bakawan, de l'Ecole des hautes études en sciences sociales de Paris, le recrutement des jeunes jihadistes a changé au cours des ans : on en est à la troisième génération. Les nouveaux venus, selon lui, ne se soucient plus de débats théologiques : ils adhèrent à la doctrine d'Al Qaida «en raison de ce qu'ils perçoivent comme l'humiliation des musulmans dans le monde la prison de Guantanamo, celle d'Abou Ghraib en Irak, ou la situation en Palestine c'est-à-dire pour des motifs plus sentimentaux qu'idéologiques». (Le Monde, 10 mars 2008).
Ajoutons que les dérives purement criminelles (enlèvements contre rançons par exemple) de plusieurs groupes ne relèvent d'aucune conduite idéologique ou religieuse. Dirigeants politiques et spécialistes sont partagés sur l'attitude à adopter : négocier ou non et avec qui ? Le Canadien Eric Margolis, un des meilleurs experts de l'Asie, écrit : «Il ne peut y avoir de solution militaire (…). Il faut donc sortir du piège en donnant une représentation politique et même en ouvrant une négociation avec les ennemis, les talibans». D'autres spécialistes occidentaux estiment aussi qu'il faudrait tenter de négocier avec les talibans modérés pour isoler les chefs d'Al Qaida.
Au fond, pourquoi l'islamisme a-t-il pris une telle importance ces dernières années ? Est-ce dû à l'absence de démocratisation dans les pays arabes et musulmans ? Précisez-nous votre analyse ?
Les thèses islamistes ont pu s'appuyer sur une revendication sociale et économique non satisfaite par les premiers gouvernements «laïcs» de pays où l'islam est pourtant en principe «religion d'Etat». Ces régimes parfois autoritaires, voire dictatoriaux, n'ont guère laissé d'opposition politique se développer : pas de locaux pour se réunir, pas de journaux, pas de partis politiques reconnus ou un parti unique. La mosquée est souvent devenue le seul lieu de réunion, de discussion et d'expression que les pouvoirs en place ont eu des difficultés à contrôler et à contrer. Des religieux extrémistes en ont profité.
Il ne faut pas oublier non plus que les radicaux, juifs en Israël, chrétiens (protestants et catholiques) aux Etats-Unis, musulmans (sunnites et chiites) en Palestine et dans de nombreux pays, se défient les uns les autres et accélèrent ainsi l'évolution vers l'extrémisme. Dès lors, les violences se multiplient au détriment du dialogue susceptible de conduire à la négociation puis à la paix.
Par ailleurs, n'oublions pas que la civilisation arabo-musulmane a été à la pointe de la modernité du VIIIème au XIIIème et même au XVème siècle. Sans ses apports, la Renaissance européenne n'aurait pas été ce qu'elle fût. Le déclin avait alors commencé et n'a pas été remonté. Il importe donc que le monde arabe renoue enfin avec son âge d'or comme le recommande le rapport PNUD, Programme des Nations Unies pour le développement, a publié entre 2002 et 2005 : “Développement Humain dans le Monde Arabe”.
Ce ne sont certainement pas les islamistes qui vont y contribuer avec leur idéologie et leurs actions destructrices.
Autre sujet que vous connaissez et suivez depuis des années : la Méditerranée. Croyez-vous aux chances d'une vraie relance avec l'Union pour la Méditerranée (UpM) ? Et comment sortir du gadget politique pour entrer dans le concret : les pays de la Méditerranée ont besoin d'argent et des frontières ouvertes…
En 1995, j'avais participé à l'organisation du Forum culture dans le cadre du Forum civil euro-méditerranéen. J'avais alors déclaré «la Déclaration de Barcelone est l'Acte fondateur de la Méditerranée du XXIème siècle». Je le maintiens même si le PEM (Partenariat euro-méditerranéen) n'a pas entièrement répondu aux espérances qu'il avait suscitées. Le projet lancé par Nicolas Sarkozy s'inscrit dans la continuité puisque le nom officiel qui a été adopté est : «Processus de Barcelone : Union pour la Méditerranée».
Dans les trois volets de Déclaration de Barcelone, figurent le respect de la démocratie et des droits de l'Homme. Ces deux obligations n'ont guère été respectées par les pays partenaires du Sud, bien qu'ils aient signé la Déclaration. Ces deux points ont été omis du nouveau projet. C'est réaliste mais regrettable.
En revanche, le PEM avait prévu que les réunions ministérielles et les Forums civils se tiendraient alternativement au Nord et au Sud. Cela n'a pu se faire car, en 1997, la Syrie avait opposé son veto, refusant que les Israéliens s'assoient à côté des Arabes sur une terre arabe. L'avantage du PEM est d'avoir prévu une coprésidence de la France et de l'Egypte. La rencontre à Marseille, le 4 novembre 2008, des ministres des Affaires étrangères des 43 pays membres, a décidé la mise en œuvre de six projets majeurs :
1- Dépollution de la mer,
2- Edifier des autoroutes maritimes et terrestres,
3- Protection civile face aux catastrophes naturelles,
4- Une Université euro-méditerranéenne,
5- Développement de l'énergie solaire,
6- Lancer une initiative européenne pour le développement des affaires.
Reste à trouver les financements !
En conclusion, je voudrais formuler, une fois de plus, un vœu qui m'est cher : qu'Ulysse et Sindbad, les deux grands marins qui parlent à nos imaginaires, apprennent enfin à naviguer ensemble afin que mare nostrum devienne un jour mater nostra . Ce vœu a commencé à être exaucé grâce au Processus de Barcelone qui les a réunis sur le même bateau. Mais il reste encore beaucoup à faire pour qu'ils naviguent vraiment ensemble afin que la Méditerranée devienne un lac de paix et de prospérité partagée.
Face à la mondialisation et à la théorie du “choc des civilisations” de Samuel Huntington, qui est aussi celle de Ben Laden, il importe d'opposer la philosophie du dialogue des civilisations et des cultures qui a prévalu en Méditerranée. Il faut donc qu'elle devienne le berceau de l'avenir d'une Méditerranée réconciliée avec elle-même et (à nouveau) novatrice. Espérons que l'«Union pour la Méditerranée» atteindra cet objectif.
Paul Balta (sous le dir de) La Méditerranée réinventée. Réalités et espoirs de la coopération, La découverte/Fondation René Seydoux, Paris, 1992 Paul Balta, Claudine Rulleau, La Méditerranée, berceau de l'avenir, Les Essentiels Milan, Toulouse, 2006 «Islam et Islamisme, gare aux amalgames», éditions Milan à Toulouse


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