Déclarations d'impôts en Tunisie : Les dates clés à retenir pour éviter les sanctions    Visa Schengen 10 ans : qui pourra en bénéficier ?    Lutte contre la spéculation : La viande locale disponible à 42,900 DT dans les points de vente officiels    Météo du dernier jour de Chaâbane    Ramadan 2026 : Le guide complet du Ministère de la Santé pour un jeûne sans risques    Epson renforce sa gamme de projecteurs 3LCD en Tunisie : performance, innovation et polyvalence au service des professionnels et de l'éducation    Zoubeida Khaldi: Ce cavalier    Ooredoo Tunisie obtient l'agrément de la Banque Centrale pour lancer Walletii    Iran : Guerre probable, versus, paix improbable ?    RSE : Focus sur la pratique des métiers de justice et des institutions d'arbitrage (Album photos)    Qui est Anne-Claire Legendre, la première femme à réinventer l'Institut du monde arabe ?    Arabie Saoudite annonce le début officiel du Ramadan 2026 avec le Qatar et les Emirats    Festival Gabès Cinéma : Afef Ben Mahmoud à la direction    Où et quand suivre les barrages aller de la Ligue des champions ?    Le ministère de l'éducation tunisien interdit la prise de photos à l'intérieur des écoles et la Dakhla du Bac    Quart de finale de la Ligue des champions : Les dates clés pour Espérance Tunis contre Al Ahly !    40ème anniversaire du décès du Dr Slimane Ben Slimane : un livre dédié au Comité Tunisien de la Liberté et de la Paix    CIVP : vers une augmentation de l'indemnité des stages en Tunisie    Prix Littéraires COMAR d'Or : appel à candidatures pour la 30ème édition    Cite des Sciences: Mercredi dernier jour de Chaabane, jeudi début officiel de Ramadan    Météo en Tunisie : pluies éparses attendues sur le nord et localement le centre    La sélection tunisienne de judo senior remporte 11 médailles au tournoi international Tunis African Open    Conférence de Munich 2026: l'Europe face au duel Washington–Pékin    OPPO A6 5G et A6x 5G lancés par OPPO en Tunisie offrant des avantages de performance, de puissance et de fluidité au quotidien    Hommage à Souad Guellouz: Elle était née pour être écrivaine, romancière, poète    Lancement de la première session de recrutement 2026 : dates et modalités    L'odorat des chiens au service de l'oncologie médicale    Météo en Tunisie : nuages passagers sur l'ensemble du pays    Anouar Brahem signe son grand retour en Tunisie avec l'ouverture de la 11e édition de Sicca Jazz au Kef    AWGHO: Une nouvelle dynamique africaine au service de la santé globale de la femme en oncologie    Anis Lassoued : ''Enda a été le déclic qui a permis à Moez de briser les chaînes du silence''    Dégradations du VAR : la FTF promet des poursuites et un durcissement disciplinaire    De la culture générale (II): l'apport arabe à la Renaissance européenne    Ooredoo Night Run by Xiaomi célèbre sa 5e édition et lance les inscriptions (Album photos)    Samsung Zero Trust : Leader dans le domaine de la sécurité mobile pour les entreprises    Hyundai Tunisie organise la troisième édition de l'initiative solidaire 'Couffin du Ramadan'    Le tennisman tunisien Moez Echargui se qualifie pour les quarts de finale du Challenger de Pau    Casa Tarab, les Nuits musicales du Ramadan 2026, reviennent dans une 5ème édition au Théâtre Cléopâtre à Gammarth    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    Fierté tunisienne : Ridha Mami ouvre un département arabe et islamique au Mexique    Le diplomate tunisien Mohamed Ben Youssef nommé à la tête de l'Institut culturel Afro-arabe    Raoua Tlili et Yassine Gharbi remportent 2 médailles d'argent aux Championnats internationaux de Fazza de para-athlétisme 2026    Elyes Ghariani - La doctrine Donroe: le retour brutal de l'hégémonie américaine    L'Université de Tunis El Manar et l'Université japonaise d'Hiroshima signent un accord de coopération    Mondher Msakni: L'orfèvre    Israël intensifie sa politique d'annexion et de colonisation en Cisjordanie    ATMEDIA lance la première session de formation sur l'intelligence artificielle pour les journalistes    Secousse tellurique en Tunisie, au nord de Béja ressentie par les habitants    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Spéculation : impuissance ou amateurisme des gouvernants ?
Publié dans Business News le 07 - 03 - 2022

Huile, sucre, farine ou riz : tout le monde cherche à s'en procurer, mais en vain ! Les Tunisiens font face, depuis plusieurs semaines, à une pénurie sans précédent. Celle-ci commençait à s'installer petit à petit dans notre quotidien en touchant un produit à la fois. Le manque en huile végétale, à titre d'exemple, se fait ressentir depuis le mois d'août, celui en lait et produit laitier, quant à lui, a réussi à s'imposer, depuis le début de la décennie, comme l'une des constantes de notre routine.
Le conflit russo-ukrainien a accentué la pénurie et accentué la crise. En plus des spéculateurs, le Tunisien se laisse exploiter par son empressement et son inquiétude. Craignant une rupture en approvisionnement et en production de produits de base, il se rue vers les magasins et s'empresse de faire ses courses comme si on était à la veille de l'apocalypse. Mais alors, que fait le gouvernement face à tout cela ? Il reste fidèle à son juridisme et une approche classique ne faisant qu'effleurer les véritables causes.
Les services du ministère du Commerce, en collaboration avec les forces de l'ordre, la garde nationale, et même le ministère de la Santé, ont multiplié les descentes. Nous avons même eu droit à des photos de la ministre du Commerce, Fadhila Rabhi, durant une opération nocturne de contrôle des produits de consommation sur les routes aux alentours du marché de gros de Bir El Kassâa. Bien évidemment, nous nous sommes habitués à ce genre de spectacles folkloriques sans impact réel, car le marché parallèle avait démontré, dans le passé, sa résilience face à de telles mesures.
La lutte contre la spéculation ne doit pas se limiter à quelques opérations aléatoires et aux beaux discours. Exprimer son mécontentement et sa colère fera-t-il peur aux spéculateurs ? Menacer de promulguer un décret et de fixer les prix de certains produits dissuadera-t-il cette mafia ? Certainement pas !
Ces vieilles pratiques ont démontré leur inefficacité dans le passé. Plusieurs ministres ou chefs de gouvernements avaient annoncé l'entame de grandes opérations de lutte contre la corruption et la spéculation et la mise en place de réformes profondes. Ils ont tous repris le même scénario : quelques saisies n'excédant pas (dans le meilleur des scénarios) les 10% des marchandises circulant sur le marché parallèle et une ou deux décisions inapplicables et qui finiront d'ailleurs par être jetées aux oubliettes.
Une lutte contre la corruption et la spéculation commence essentiellement par l'analyse du fond du problème et la lutte contre la spéculation comme étant un problème portant atteinte à l'équilibre économique du pays et non-pas par peur des mouvements sociaux et des protestations. Il est impératif de se pencher sur l'organisation structurelle du marché et de comprendre les raisons du blocage et du détournement de marchandises. Le marché parallèle comporte beaucoup moins d'étapes et de contraintes.
Plus besoin de patienter durant des mois pour obtenir un simple document. Plus besoin de déposer le même dossier en remplissant les mêmes formulaires et en présentant les mêmes informations auprès de plusieurs administrations. Plus besoin de se perdre dans les couloirs, de supplier X ou de soudoyer Y. De toute façon, on finira par payer un pot-de-vin afin d'obtenir la précieuse autorisation et d'être accrédité et reconnu par l'administration tunisienne en tant que commerçant.
Plusieurs individus préfèrent s'adonner directement à des activités de contrebandes ou de commerce illégal tout en se limitant aux marchandises légales et en évitant le trafic de drogues par exemple et sans passer par l'administration et l'Etat. Ils estiment que l'attente de l'obtention des autorisations et attestations serait une perte de temps et d'argent. De plus, qu'ils commercent légalement ou illégalement, ces derniers se trouveront dans l'obligation de payer des pots-de-vin afin d'obtenir une marchandise ou d'avoir la possibilité de la mettre en vitrine.
Ces points ne représentent que la partie émergée de l'iceberg. Malgré cela, les ministres, gouvernements, conseils ministériels et autres termes plus éloquents ont choisi, par amateurisme ou par peur, de ne pas se pencher sur la question. Le meilleur des choix, selon eux, serait la promulgation de décret fixant les prix tel que pour les viandes de volailles, décret qui d'ailleurs n'a pas été respecté pour ne pas rappeler qu'il avait été publiquement rejeté et inappliqué.
Les représentants du ministère du Commerce ont, aussi, évoqué la promulgation d'un décret renforçant le pouvoir des inspecteurs et aggravant les peines. Le ministère du Commerce chercherait, lui aussi, à monopoliser certains pouvoirs comme si les prérogatives dont l'inspection et la brigade économiques étaient dotées ne suffisaient pas ! Au lieu d'appliquer la loi et de trouver une alternative permettant de régulariser la situation d'une grande partie des personnes concernées, l'Etat continue à opter pour un politique de répression et sans s'interroger sur les raisons de sa défaillance. Il s'enfonce encore plus dans la politique d'exclusion et d'absence de dialogue en s'imaginant que le cumul de textes de loi et de sanctions aura un impact sur le quotidien des Tunisiens. A-t-on vraiment besoin de constamment rappeler aux ministres et aux pouvoirs en place que la seule contrainte et peur motivant les citoyens depuis quelques années est celle de la survie coûte que coûte et par n'importe quel moyen ?


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.