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La chimère des biens spoliés
Publié dans Business News le 06 - 06 - 2023

Aujourd'hui, face à sa ministre de la Justice, Kaïs Saïed a, encore une fois, fait miroiter la chimère des biens spoliés. En pleine crise économique et alors que les Tunisiens peinent à joindre les deux bouts, le chef de l'Etat offre aux citoyens de quoi apaiser leur soif.
« Des parties corrompues ont fait en sorte de dégrader les biens confisqués pour pouvoir, par la suite, les brader alors qu'il s'agit d'un patrimoine appartenant au peuple et à l'Etat », a-t-il dit aujourd'hui face à sa ministre de la Justice, Leila Jaffel.
Le message est clair : si les milliards de dinars – 13.500 milliards pour être exacts - miroités depuis longtemps tardent à rejoindre les caisses de l'Etat, c'est qu'un complot se cache derrière. D'ailleurs, il martèle : « le voile est tombé et les visages sont connus malgré ces façades derrière lesquelles ces noms essayent de se cacher ».
Quel voile et quels comploteurs ? Nous l'ignorons, mais, ces mots seuls ont été prononcés afin d'apaiser un peuple avide de théories du complot. Du moins, pour un moment.

Pour récupérer ces milliards, Saïed a nommé une commission qui n'a pas encore entrepris ces travaux. Cette commission a été chargée de récolter 13.500 milliards de dinars spoliés par quelque 460 hommes d'affaires corrompus, le tout en seulement six mois. Les six mois se sont écoulés, le mandat a été renouvelé et la commission peine encore à atteindre les objectifs pour lesquels elle a été créée. Au lieu de se rendre à l'évidence, il préfère sermonner ses membres et les réprimander en public affirmant que « nous sommes dans une course contre la montre pour restituer l'argent spolié du peuple ».
En réalité, cette commission a été mise dans l'embarras depuis sa création et acculée à un objectif irréalisable. Le tout uniquement dans le but de faire taire les ventres gargouillants. À chacune des apparitions présidentielles, dans lesquelles le chef de l'Etat tirait sur ces supposés corrompus et miroitait ces gains faciles, les services de communication de Carthage nous sortaient des citoyens acclamant le Président-sauveur et lui en demandant plus. En gros, le message qu'il leur véhicule, est que l'argent est là, que le pays n'a ni besoin de réformes, ni de bailleurs de fonds, encore mois de travailler, il suffit de se pencher pour le ramasser.
Mais ce que les citoyens ignorent – ou font semblant d'ignorer – c'est que l'ovni politique qu'est leur Président n'a rien inventé. Il ne fait que reprendre la bonne vieille méthode usée et abusée par ceux qui étaient au pouvoir bien avant lui. Ceux qu'il n'a pas cessé de vilipender. Rappelez-vous des biens du clan Ben Ali, dont la Troïka ne cessait de parler pendant des années. Rappelez-vous également de l'argent du phosphate, du sel ou encore des puits de pétrole promis par les parlementaires d'Al Karama durant l'ancien mandat parlementaire.

Au fil des années, le mythe de la restitution des biens spoliés n'a pas cessé de s'enliser, utilisé par chaque pouvoir en place comme l'ultime carte cachant son échec. Même s'ils existent vraiment, dans les faits, la valeur réelle de ces biens mal acquis reste méconnue et, très souvent, mal déterminée. On ne cesse d'y placer les espoirs d'un butin qui pourrait, d'un coup de baguette magique, sortir la Tunisie de sa crise. Le tout, sans avoir à faire le moindre compromis sur son mode de vie, ou la moindre concession sur sa souveraineté.
En attendant que les jugements définitifs et exutoires, soient rendus, que les entraves judiciaires et procédurales soient résolues, que les biens soient évalués à leur juste valeur, les gouvernants finissent, tous, un par un, par comprendre que la carte des avoirs spoliés est loin d'être une carte gagnante et qu'il faudra, désormais, trouver un plan B.
Kaïs Saïed semble avoir fini par le comprendre. D'ailleurs, ne l'admet-il pas, à demi-mots, en affirmant face à sa ministre de la Justice aujourd'hui que « la valeur de ses biens a été dégradée, durant les dix dernières années, par ces corrompus qui ont décidé de les brader » ? préparant ainsi les Tunisiens à la chute inéluctable.

A l'heure actuelle, le peu qui a été récupéré au fil des années n'a pas permis de transformer le pays en ce paradis qu'ils ont promis. La mémoire des citoyens est certes courte, mais l'histoire, elle, n'oublie pas et ne pardonne pas…


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