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Le chèque de Monsieur propre
Publié dans Business News le 09 - 05 - 2011

Il est surnommé Monsieur Propre. Le « peuple » l'aime. Il l'adore, il l'adule Monsieur propre. Il incarne le beau-père idéal. Il aurait un ou deux fils à marier, toutes les célibataires tunisiennes courraient derrière.
La raison de sa célébrité ? Sa prestation ou ses prestations médiatiques fortement appréciées par la masse populaire tunisienne. C'est que le Monsieur propre sait parler ; il a la tchatche. C'est un vrai séducteur le Monsieur propre.
Chez nous, dans cette Tunisie post révolutionnaire, il suffit de savoir parler devant une caméra pour que vous obteniez la sympathie et la confiance des citoyens. Pour qu'on vous acclame, pour qu'on vous plébiscite. Pour qu'on oublie les origines de vos fortunes et les raisons de vos dégradations.
Elle est magnifique cette Tunisie révolutionnaire. Un quart d'heure à la télé et vous voilà blanchi de tous vos méfaits antérieurs. Vous voilà défendu par des millions de personnes. Vous voilà présidentiable.
Allez Farhat, présentez-vous à la présidentielle. Les Tunisiens vous aiment. Ils vous adorent. Postulez à la magistrature suprême, on a vraiment besoin de rire. Taoufik Ben Brik ne pourra pas vous concurrencer pour ce poste, il est vulgaire et 08. Vous, par contre, vous êtes un chic beldi.
Vous n'êtes pas comme lui, vous savez dire les mots qu'on aime entendre, vous savez nous parler de ces politiques qui mentent et ces militaires qui complotent.
Allez Farhat, présentez vous et le peuple vous soutiendra ! Vous méritez bien Carthage Farhat. C'est la plus belle scène de théâtre au monde ! Même à 50 dinars le ticket, je viendrai le voir votre spectacle.
Plus sérieux. J'aimerai partager des constats et des interrogations. Que ceux qui s'estiment sincèrement patriotes y répondent en leur âme et conscience.
Voilà que des milliers de jeunes Tunisiens plébiscitent l'ancien ministre de l'Intérieur Farhat Rajhi et prennent ce qu'il a dit pour de l'argent comptant.
Qu'en sait-on sérieusement sur ce monsieur nommé, à la hâte et dans la précipitation, par Mohamed Ghannouchi ?
Etait-il le juge intègre ? On n'en sait rien réellement.
Etait-il le juge qu'on n'a jamais corrompu ? On n'en sait rien réellement.
A-t-on entendu parler de lui précédemment avant le 14 janvier ? Non !
Etait-il le juge-militant comparable à une Kalthoum Kennou ou au si courageux Mokhtar Yahiyaoui ? Non !
Etait-il le juge réprimé renvoyé aux fins fonds de la Tunisie parce qu'il a refusé de jeter en prison un des adversaires de l'ancien régime ? Non !
Sait-on quelque chose sur sa carrière, l'origine de sa fortune, ses jugements ? Non !
Nous avons recueilli cependant quelques témoignages de ses anciens collègues et ces témoignages ne lui sont pas favorables. Si nous ne les publions pas, c'est parce que nos interlocuteurs ont refusé de dévoiler leur identité et que nous nous refusons d'accuser quiconque sans preuve. Toujours est-il que rien ne nous empêche de nous interroger, avec nos lecteurs, sur ce curieux personnage tellement sympathique qu'il devient suspect.
Suspect, parce qu'un homme politique, qui se respecte, ne papote pas, autour de sujets si graves, avec des journalistes débutants intimidés par son charisme et sa notoriété.
Suspect, parce qu'un homme politique, qui se respecte, vérifie toutes les informations en sa possession avant de les dévoiler publiquement.
Suspect, parce qu'un homme politique, qui se respecte, ne se rétracte pas devant ce qu'il a dit devant des journalistes débutants puis devant de vrais professionnels sur Express FM.
Suspect, parce qu'un homme politique, qui se respecte, assume jusqu'au bout l'ensemble de ses propos et ne dit pas qu'il a été piégé par deux stagiaires débutants !
Suspect, parce qu'un homme politique qui se respecte ne profite pas de la situation si fragile que vit actuellement la Tunisie pour annoncer sa candidature à la présidence, alors qu'il s'est engagé pour tout le contraire en acceptant le portefeuille ministériel de l'Intérieur.
Suspect, parce qu'un homme politique, qui se respecte, aurait crié au scandale dès le premier jour de son limogeage.
La Tunisie vit une très belle révolution si admirée par nos amis, si crainte par les gouvernants de nos frères pays arabes.
Et cette Tunisie attise les curiosités, mais aussi les convoitises. En cette période si délicate, si difficile, il nous faut un consensus autour d'un homme au dessus de tout soupçon.
La nomination de Béji Caïd Essebsi nous semblait, et nous semble encore, consensuelle. Le Premier ministre n'a visiblement pas d'intérêts particuliers à faire valoir. Et si l'on excepte quelques kikis et ados attardés sur Facebook, aucun leader d'un parti politique n'a contesté sa désignation. Ils croient tous à son intégrité et au fait qu'il soit le moins mauvais d'entre-nous pour diriger le pays durant cette passe difficile.
Or on remarque une totale absence de soutien des partis politiques. Comme s'ils se délectent des difficultés que vit le gouvernement. Il est vrai qu'ils sont occupés par leur campagne électorale, mais il est de leur devoir de soutenir ce gouvernement.
La raison est simple : le pays doit se remettre sur ses pieds et ce gouvernement doit partir le 24 juillet pour laisser place à une Constituante dont la première mission est d'en nommer un autre jusqu'à la présidentielle.
Or si l'on fragilise le gouvernement Caïd Essebsi ou si l'on cherche à le faire tomber, c'est garantir le report de ces élections et, dès lors, tout le processus démocratique.
Et ce qui s'est passé ce week-end va à l'opposé de ce processus et c'est exactement ce que veulent plusieurs groupuscules ayant des intérêts précis. Leur objectif est quasiment atteint.
A qui tout cela profite-t-il ? Certainement pas à Caïd Essebsi et son gouvernement. Certainement pas aux Tunisiens vivant dans le chômage et la précarité.
Ceux ayant un bagage et un background politique ont une idée à qui cela profite.
Pour les autres, ceux qui soutiennent Rajhi et continuent à colporter les rumeurs contre Caïd Essebsi, qu'ils aillent demander à leur mythique « beau-père propre » à qui tout cela profite-t-il exactement . Et tant qu'ils y sont, pourraient-ils l'interroger s'il a reçu un chèque ou une promesse pour faire ce qu'il a fait.
Un dernier mot concernant les dérives et les abus de la police tunisienne. Une police habituée, depuis 50 ans, à réprimer violemment toute opposition à l'ordre établi. Il lui faudra du temps pour se former à maintenir l'ordre sans tomber dans ces dérives honteuses observées ce week-end. Entre le laisser-faire et poursuivre des journalistes au siège même de leur journal ou se mettre à quatre pour matraquer un manifestant ou une femme, il y a certainement un juste milieu. Les polices européennes et américaines font face régulièrement à des manifestations violentes, mais savent comprimer ces manifestations sans user de la violence de leurs matraques et leurs armes.
Le ministère de l'Intérieur a présenté ses excuses et demandé aux journalistes de se distinguer par quelque chose de particulier. C'est facile. Toute personne munie d'un appareil photo ou d'un caméscope est un « journaliste » puisqu'il est sur le terrain en train de collecter une information qu'il va ensuite partager avec son public. Et cette personne n'est pas en train de faire du grabuge ou de la provocation, pour qu'elle soit réprimée, elle est en train de filmer et d'informer. Ce droit d'informer devrait être sacré et gravé dans la Constitution.


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