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La gauche au pouvoir : quid des relations franco-tunisiennes ?
Publié dans Business News le 07 - 05 - 2012

Il n'aura échappé à personne que l'épisode Alliot-Marie avait fait un tord considérable à l'image de la France. Et ce n'est pas non plus l'arrivée tonitruante d'un nouvel ambassadeur « jeune loup » sarkozien, arrogant au possible, qui aura changé quoi que ce soit. Pire les relations n'ont eu de cesse de se dégrader : Circulaire Guéant, réduction et filtrage sélectif des demandes de visas.
Alors la victoire sans appel de François Hollande aux élections présidentielles inaugure-t-elle une nouvelle page de nos relations avec notre grand voisin de toujours ?
Il est vrai qu'une large fraction de notre population aura suivi avec intérêt, si ce n'est avec ferveur, cette élection : Qui des futures études de ses enfants, qui de la continuité de son courant d'affaires, qui de sa famille immigrée. Rien d'étonnant à cela, il est rare de trouver un Tunisien qui ne soit pas concerné, à un titre ou à un autre, par ce qui se passe dans ce grand pays, 5e puissance mondiale encore pour quelque temps, à quelques encablures de nos côtes. Difficile d'ailleurs, de saisir l'influence réelle qu'exerce encore ce pays sur nos modes de vie et de pensée, notre propre culture, toute imprégnée des lumières et des droits de l'Homme.
Ces élections, d'aucuns diront historiques, ramènent au pouvoir, depuis maintenant dix-sept ans, la gauche française, et principalement les socialistes. Ces derniers vont en effet bénéficier d'une situation exceptionnelle, cumulant pratiquement tous les pouvoirs : Sans aucun doute la future assemblée nationale, le sénat, et une majorité écrasante de pouvoirs régionaux et locaux.
Toutefois et paradoxalement, ils héritent aussi d'un passif économique et social lourd doublé d'une conjoncture européenne particulièrement difficile. En fait, doux euphémisme pour désigner la crise profonde que connaît l'Europe, notamment celle des finances publiques de la plupart de ses membres sur fond d'extrême morosité économique. Alors, de toute évidence, ne rêvons pas, les marges de manœuvre sont extrêmement étroites et réduites.
Que peut-on espérer de ce nouveau pouvoir ? Qu'est-ce-qui peut changer ? A court terme comme à moyen terme. Ces questions sont bien évidemment sur toutes les lèvres. Un peu trop tôt pour y répondre !
Toutefois, un « ouf de soulagement », est à attendre du côté des inscriptions et des visas étudiants. Les dispositions d'immigration les concernant et la circulaire Guéant seront abrogées. Sans doute peut-on aussi anticiper, un assouplissement des demandes de visas pour raisons familiales, médicales….
Coté immigrés également, même s'il ne faut pas s'attendre à une régularisation massive et rapide, une réelle embellie est prévisible, par un sensible relâchement de cette politique d'immigration inique, indigne, stigmatisante. Nos compatriotes en situation irrégulière seraient, de source officieuse, de l'ordre de 50 à 70.000 soit près de 10% de la communauté tunisienne résidente en France. Une régularisation même partielle détendrait déjà quelque peu nos relations, pour le plus grand soulagement des intéressés et de leur famille. Un retour également à la normale dans le fonctionnement des offices de l'immigration, comme celui des caisses sociales sera grandement apprécié par nos compatriotes.
Evaluer les répercussions économiques du « retour aux affaires » de la gauche est bien plus complexe à apprécier. Celles-ci transitent par des relations complexes à plus d'un niveau : bien évidemment en bilatéral au travers des relations de coopération (AFD, convention de 2008, et autres), au plan européen (Statut avancé, budget de L'UE), au plan international via ces instances…..
Soyons tout de même réalistes, notre pays ne constitue pas, un véritable enjeu (- 3% du commerce français), autre que diplomatique et régionalement stratégique. D'évidence, le nouveau pouvoir tentera de revenir sur la scène tunisienne, place que tente d'occuper visiblement, et ostensiblement la diplomatie américaine. Sans doute peut-on entrevoir une aide directe au budget de l'Etat en soutien, comme cela a déjà été le cas, à la formation professionnelle ou à d'autres secteurs. A contrario, la gauche sera plus sourcilleuse s'agissant des délocalisations d'activités. Les groupes industriels et bancaires, quant à eux, profitant du réchauffement probable des relations, chercheront à renforcer leur présence en Tunisie, pas uniquement pour le seul marché local, mais bien plutôt comme tête de pont vers la Libye en attendant la réouverture de ce nouvel Eldorado.
Lors de son séjour au mois de mai 2011, le candidat en campagne avait clairement plaidé pour un report du remboursement du service de la dette et une aide immédiate internationale de 5 milliards d'euros. Sans doute faut-il escompter aussi quelques gestes dans ce sens. Le groupe socialiste tant à l'Assemblée et au Sénat, que dans les instances européennes pourraient avoir une oreille plus favorable aux demandes tunisiennes réitérées, après l'accord d'association, celle de statut avancé qui, ne l'oublions pas, ouvre l'accès aux fonds structurels.
Mais au demeurant, il ne nous faudra tout de même pas oublier de rappeler au candidat aujourd'hui élu, ses propos prononcés à Tunis : « Oui ! Si je suis élu, je soutiendrai la procédure de restitution au peuple tunisien des biens mal acquis du clan de Ben Ali… »
Et d'enchainer…. "La France n'a pas été, c'est le moins qu'on puisse dire, prête à comprendre ce qu'était la révolution tunisienne, il faut qu'elle soit prête à faire en sorte que la démocratie tunisienne, elle, soit réussie"….A bon entendeur, salut !
*Docteur d'Etat en Economie du Développement.


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