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Comment diriger un pays où Slim Riahi dépasse Ahmed Néjib Chebbi ?
Publié dans Business News le 24 - 11 - 2014

Déception dimanche chez les partisans du camp démocrate et moderniste. On s'attendait à ce que Béji Caïd Essebsi passe dès le premier tour. C'est la première leçon de ce scrutin qui nous en donne plusieurs d'un coup : rien n'est jamais joué à l'avance et tout peut arriver avec les sales coups. Et des sales coups, il y en a eu.
Deuxième leçon du scrutin présidentiel du dimanche 23 novembre et elle est adressée aux candidats à l'égo surdimensionné : descendez de votre tour d'ivoire et soyez plus attentifs à ce que disent les médias et les instituts de sondage.
Troisième leçon de ce scrutin, il ne sert désormais à rien de militer pour des causes qu'on croit justes. Quand on voit Slim Riahi, natif de 1972 et milliardaire on ne sait trop comment, obtenir dix fois plus d'électeurs qu'Ahmed Néjib Chebbi et Mustapha Ben Jaâfar, militants de longue date, il y a de quoi réviser tous les manuels politiques, déontologiques et éthiques. Quand on voit le même obtenir dix fois plus que Mondher Zenaïdi et Kamel Morjane, connus pour leurs compétences, il y a de quoi s'interroger sur l'intérêt d'avoir poursuivi ses études dans les plus prestigieuses écoles et d'être passé par les plus grandes instances internationales et les plus hautes institutions de l'Etat.
Quatrième leçon de ce 1er tour du scrutin présidentiel, et on ne fait que radoter, il ne faut jamais faire confiance aux islamistes, ni à Moncef Marzouki, tant leur double discours est flagrant. Seuls les naïfs continueront à les croire et des naïfs, il y en a par milliers, visiblement.
Cinquième leçon, le taux d'abstention, très élevé. Sur une population de 7,5 millions d'électeurs potentiels, seuls 5,5 millions se sont inscrits et seuls 3,5 millions sont passés aux urnes. Où sont les autres ? Veulent-ils de la démocratie ? Comment les sensibiliser à la vie politique et civile et comment leur expliquer qu'ils ont des devoirs envers leur pays ?
Vous vous rappelez de la conférence de presse présidée jeudi dernier par Zied Laâdheri ? Vous vous rappelez du communiqué d'Ennahdha jeudi soir ? Le parti islamiste a bien dit et répété qu'il ne soutenait aucun candidat à la présidentielle. Ça c'était pour les naïfs et crédules, pour l'opinion internationale et les diplomates qui voient, en ce discours, un gentil parti islamiste, pacifique, démocrate et tutti quanti. Sur le terrain, les choses sont différentes. Le parti islamiste a soutenu fortement Moncef Marzouki. Les milices des LPR et les voyous déchainés étaient là pour soutenir le président sortant avec l'appui des islamistes les plus radicaux.
Moncef Marzouki a usé jusqu'à la moelle de double discours durant toute la campagne électorale. Passons, Business News l'a traité en fond et en large. Je m'arrêterai à la seule soirée du dimanche quand il a dit être le candidat du camp démocrate et qu'il a adressé un vœu à son adversaire politique à rehausser le niveau et à détendre l'atmosphère. Ça c'était pour les naïfs et crédules, pour l'opinion internationale et les diplomates qui voient, en ce discours, un gentil président laïc et républicain. Au même moment, et je dis bien au même moment, ses « dirigeants » du CPR insultaient les médias et ce même adversaire politique. Lui-même Moncef Marzouki, après la conférence de presse, est allé poster un tweet pour défier (et le terme est le sien) Béji Caïd Essebsi dans un duel télévisé. C'était là l'explication des premiers et quatrièmes points.
Pour ce qui est des deuxième et troisième points, le scrutin du 23 novembre a constitué une véritable claque pour la majorité des candidats qui se voyaient déjà présidents. Je pense notamment à Larbi Nasra, Safi Saïd, Samir Abdelli, Yassine Chennoufi et toutes ces personnes dont on n'entendait jamais parler. En tant que médias, nous étions obligés de couvrir leurs activités et en tant que contribuables, nous étions obligés de les financer. Quand bien même ils sont dans l'obligation de rembourser l'avance obtenue. Qu'ils fassent de la politique, s'ils le veulent, mais qu'on ne nous les impose pas avec des lois !
Ce qui fait mal, ce sont les autres candidats qui sont connus et respectés par l'opinion publique. Respectés pour leur militantisme et engagement sincère envers la démocratie et les libertés, soit Kalthoum Kennou, Ahmed Néjib Chebbi et Mustapha Ben Jaâfar. Ou respectés pour leurs services rendus à l'Etat et à la nation, alors qu'ils exerçaient sous une dictature, soit Mondher Zenaïdi et Kamel Morjane.
Oui, ça fait mal de voir ces gens là écartés des élections avec un score si bas. Quelques milliers de voix. A eux cinq, ils ne récolteraient pas 3%.
Nonobstant les erreurs dramatiques des uns et des autres durant leur carrière politique (et c'est le cas notamment de MM. Ben Jaâfar, Zenaïdi et Morjane), ils ne méritent pas une telle claque. Le « peuple » a fait part d'une réelle ingratitude à leur égard. Il leur a préféré des hurluberlus (d'autres, pas les premiers) comme Slim Riahi ou Hechemi Hamdi qui ont su toucher le citoyen sur une code sensible : l'argent ou le populisme. C'est frustrant.
Comment faire face à un peuple pareil qu'on peut tromper si facilement ? Il n'y a pas de recette prête à l'emploi, mais le futur gouvernement doit prendre les dispositions nécessaires pour faire face aux intrus de tous bords. Le code électoral a prévu d'extraordinaires bêtises dans ses textes, mais il n'a pas prévu d'imposer un contrôle fiscal approfondi ou un rapport des services secrets nationaux et internationaux à ces « leaders politiques » de la dernière heure. Il faudrait peut-être y penser pour assainir le paysage.
L'Italie a eu longtemps honte de son Berlusconi et c'est l'appareil judiciaire et les médias qui ont fini par l'abattre. Suivons l'exemple de notre très proche voisin et donnons aux magistrats et aux journalistes le moyen de bien travailler pour contrer les impostures.
Restent les millions de citoyens qui se refusent encore de participer à la vie publique de leur pays et c'est le cinquième et dernier point. Il est corrélé aux précédents. Une fois la vie politique assainie, une fois que les magistrats exercent leur travail en toute indépendance, que les médias font leur boulot en toute liberté, et que les politiques cessent de mentir sur leurs projets, leurs alliances, leurs programmes et leurs parcours, les citoyens, communs des mortels, finiront par s'intéresser à la vie publique. Ce ne sera jamais du 100%, certes, mais ce n'est pas non plus dans ces pareilles proportions dramatiques. Le citoyen a besoin d'être rassuré, de voir de vrais modèles d'exemplarité le diriger et le mener à bon port. Quand il voit un voyou par ci et un menteur par là, il ne saurait faire confiance à la classe politique et, de là, s'intéresser à elle.


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