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Le Majlis Choura d'Ennahdha ruinera le parti et le pays
Publié dans Business News le 02 - 12 - 2019

Un accident. Encore un. Un bus cette fois qui a chuté de plusieurs dizaines de mètres. Au bilan, 26 morts et plusieurs blessés. La faute à qui ? A la vitesse, diront les uns ; à la mauvaise qualité de la route, diront d'autres. Peut-être au conducteur ou à un sanglier qui a traversé brusquement la route. Des accidents, il y en a tous les jours dans tous les pays, y compris les plus développés. Les accidents de la route sont plus terribles que le terrorisme, ils tuent bien plus que le terrorisme. Pourtant, aucun candidat à la présidentielle ou aux législatives n'a mis le sujet dans son programme électoral. Vous savez pourquoi ? Parce que nos politiques sont des chauffards et que le sujet n'est pas porteur électoralement. Ils sont comme leurs sympathisants, c'est-à-dire comme nous tous, des voyous de la route. De là, je peux dire que nous sommes tous les assassins des 26 morts décédés. Moi en premier qui ignore encore à quoi servent les panneaux de limites de vitesse. Mais moi, comme nous tous, vous me trouverez le premier à me donner bonne conscience et dire que je suis un conducteur modèle parce que je mets ma ceinture (contrairement aux autres), parce que je ne me gare pas en double file ou en arrêt interdit (comme les autres) pour acheter du pain, parce que je mets le clignotant (contrairement aux autres), parce que je ne pénètre pas dans un sens interdit (comme les autres), parce que je n'utilise pas le téléphone au volant, parce que je m'arrête au feu orange et au feu rouge et pas seulement quand il y a un policier au croisement…. Parce que je respecte tous ces articles du code de la route, je me crois un conducteur modèle capable de traiter les autres d'idiots et de criminels de la route, sauf que j'oublie que j'en suis un aussi quand je prends l'autoroute pour rouler à 200/110, une fois tous les six mois.

Il est vrai que nos chaussées sont catastrophiques, que les lignes continues sont invisibles et que nos trottoirs sont occupés par des constructions anarchiques, ce qui provoque un bon nombre d'accidents, mais il est vrai aussi que nous sommes, tous, aussi responsables (à des degrés divers) de tous ces embouteillages et de tous ces accidents parce que nous ne respectons pas un, deux, trois ou plusieurs articles du code de la route.

Les Tunisiens ne diffèrent pas des autres humains des pays démocratiques et développés. Mettez un Suédois à Sfax (la pire de toutes les villes en matière de circulation et de voyous de la route) et donnez lui une voiture et il conduira comme les Tunisiens au bout d'un mois. Mettez un Tunisien à Stockholm et il conduira comme les Suédois au bout d'un jour. Retirez le policier du carrefour et le Suédois, tout comme le Tunisien, grillera le feu après un mois. Le mal est en nous par excellence, parce que, sauvages par nature, nous avons besoin d'un bâton pour nous faire peur et d'un environnement qui encourage au civisme. Si cet environnement encourage à l'anarchie, eh ben nous retrouverons notre nature humaine sauvage tôt ou tard, qu'on soit Tunisiens ou Suédois.

En l'absence totale d'hommes politiques conscients de la gravité du problème, en l'absence d'une police de la circulation suffisamment équipée et remplie d'agents consciencieux et non corrompus, en l'absence d'une politique d'Etat capable de mettre le sujet de la circulation automobile au top des priorités, encore plus grave que le terrorisme, on aura toujours des accidents. Les pires de tous sont les taxis (notamment collectifs) et les conducteurs de bus. Non seulement ils sont chauffards (comme nous tous), mais en plus ils ont une licence pour transporter en toute sécurité les citoyens.

Faites l'expérience, allez à n'importe quel carrefour de Tunis vers 19h30 ou 20 heures et amusez-vous à compter le nombre de bus de la Transtu qui grillent des feux-rouges et dont les chauffeurs conduisent à toute vitesse, tout en téléphonant, voire en fumant. Pareil pour les taxis qui vous doublent par la droite et s'arrêtent n'importe où. Nos accidents ne finiront jamais tant que nous n'avons pas de politique d'Etat, très ferme et sans merci, pour faire disparaitre ce fléau pire que le terrorisme. Paix aux âmes des victimes de l'accident de Amdoun.

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Zied Laâdhari a claqué la porte. Il a crié « basta ». Il n'en pouvait plus. Pire, il a violé la sacro-sainte règle du silence de son parti Ennahdha en critiquant ses choix sévèrement et publiquement.

Zied Laâdhari était le secrétaire général d'Ennahdha, c'est-à-dire le numéro deux du parti islamiste. Il a été plusieurs fois ministre et n'a jamais eu de casseroles ou de scandales, contrairement à beaucoup d'autres. Il n'est peut-être pas excellent (CQFD), mais il n'est certainement pas mauvais (CQFD).

Zied Laâdhari a crié « stop, ce n'est plus possible », après avoir tout essayé avec ses frères du conseil de la Choura qui est une sorte de bureau directeur du parti. Dans ce « Majlis », les décisions se prennent d'une manière collégiale et démocratique. Le numéro un du parti, Rached Ghannouchi, tout comme le numéro deux ont refusé la désignation de Habib Jamli à la tête du gouvernement. Les candidats ne courent pas les rues, certes, mais M. Jamli est loin d'être le meilleur. MM. Ghannouchi et Laâdhari ont beau exposer leurs arguments, rien à faire, la majorité des 150 membres avaient un autre avis.

Pour comprendre les raisons de ce choix, désastreux, il faut toute une psychanalyse des membres.

J'ai fait un mini-sondage auprès de plusieurs hommes politiques pour leur poser deux questions toutes simples : « qui, d'après vous, est ministrable au sein d'Ennahdha ? ». Les noms cités ne dépassent pas les doigts des deux mains. « Qui, d'après vous, est Premier-ministrable ? ». La réponse était personne. Mais vraiment personne ! Après insistance pour que l'on cite au moins les moins mauvais des Nahdhaouis capables d'occuper la Primature, quatre noms, et quatre noms seulement, se sont dégagés, à savoir Zied Laâdhari, Ridha Saïdi et, à degré moindre, Samir Dilou et Houcine Jaziri.

Voilà la réalité d'Ennahdha et les Nahdhaouis le savent. Sauf que voilà, les Nahdhaouis du Majlis Choura ne veulent pas de ces gens-là, « accusés » d'être trop pacifiques, trop consensuels et trop aimables avec les figures du « système ». A leurs yeux, Zied Laâdhari est le pire de tous. Le monsieur présente bien, il est ménagé par « les médias de la honte », il est bien vu par les adversaires idéologiques d'Ennahdha (à commencer par Youssef Chahed), il n'est pas vraiment islamiste comme eux. C'est-à-dire, il n'est pas barbu avec un « tampon » marqué sur le front, il n'est pas arabophone, il n'est pas religieux. A cela, il y a des raisons moins avouables qui muent la majorité des 150 membres du Majlis Choura qui font qu'ils s'opposent de toutes leurs forces à la candidature de Zied Laâdhari.

Le monsieur est Sahélien et on a horreur du Sahel à Ennahdha vu que la région a enfanté leurs pires ennemis, à savoir Habib Bourguiba et Zine El Abidine Ben Ali, paix à leurs âmes. Zied Laâdhari est francophone et on a horreur de la France et de ce qu'elle représente. Le monsieur est progressiste et on a horreur de ce mot, en bons conservateurs rétrogrades qu'ils sont. Le monsieur a grandi dans un quartier chic (Menzah IX) et on a horreur de tout ce qui n'est pas populaire. Surtout, surtout, le monsieur a été parachuté par le cheikh au poste de Secrétaire général. Il n'a pas vécu les années de braise comme eux, il n'est pas passé par la case prison comme eux, il n'est pas passé par la case « réfugié à l'étranger » comme eux. Zied Laâdhari est un pur produit du système Bourguiba-Ben Ali, il n'est pas un produit des Frères musulmans. Pour résumer, Zied Laâdhari n'est pas « terroriste » comme eux. Zied Laâdhari veut le « vivre-ensemble » et rêve d'un Etat fort. Ses camarades veulent « nous les islamistes et les autres » et rêvent d'un califat. Zied Laâdhari veut la paix et la croissance, les autres veulent la guerre et la division. Zied Laâdhari veut enrichir les Tunisiens, les autres veulent enrichir les islamistes. Zied Laâdhari veut satisfaire les occidentaux, les autres veulent satisfaire la Turquie et le Qatar. Zied Laâdhari veut satisfaire les humains, les autres veulent satisfaire le bon Dieu. Zied Laâdhari veut la patrie avant le parti, les autres veulent le parti avant la patrie et la Umma avant tout le reste.

Voilà les raisons qui ont fait que Zied Laâdhari n'ait pas été sélectionné. Aux yeux des faucons d'Ennahdha, Zied Laâdhari n'est pas des leurs, point. Comme le fonctionnement du Majlis Choura est démocratique, c'est la dictature de la majorité qui a prévalu. Exactement comme à l'échelle du pays.

« C'est ça la démocratie », vous disent-ils fièrement. Sauf que la démocratie, le moins mauvais des systèmes, n'a pas à s'appliquer à l'échelle d'un parti quand son avenir et celui du pays sont en jeu. Tout comme elle ne s'applique pas à l'échelle d'une entreprise.

A la fin, je ne sais pas si l'on doit nous réjouir ou nous désoler de ce choix du Majlis Choura. Un choix qui va mener Ennahdha droit au mur et c'est tant mieux quelque part, comme ça on se débarrasse définitivement des islamistes politiques. Sauf que l'avenir du pays est également en jeu et leur choix risque de nous mener à la banqueroute et de nous faire perdre un temps précieux très difficilement rattrapable. Si la facture pour faire disparaitre les islamistes politiques de la Tunisie est à ce prix, eh ben tant pis ! Que sont cinq ou dix ans dans l'Histoire d'un peuple ! On paie très cher le prix de la démocratie, on paiera donc très cher le prix pour faire disparaitre les terroristes blanchis et les commerçants religieux.


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