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Qui a tort, qui a raison?
Réforme de l'enseignement supérieur
Publié dans La Presse de Tunisie le 16 - 08 - 2015

La réforme de l'enseignement supérieur, telle que conçue par le ministre de tutelle, provoque la colère des responsables des universités privées
Entre le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et la Chambre syndicale des institutions de l'enseignement supérieur privé (relevant de l'Utica), le torchon brûle et le dialogue capote au point que les responsables de la chambre en appellent à l'arbitrage de Habib Essid, chef du gouvernement.
Chiheb Bouden, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, une fois n'est pas coutume, appuyé par le Syndicat général de l'enseignement supérieur (relevant de l'Ugtt), cherche à imposer son approche en matière de réforme de l'enseignement supérieur privé, plus particulièrement dans les sections formant les ingénieurs du futur. Son argument est simple : les universités privées manquent d'enseignants qualifiés répondant aux normes exigées, ce qui met en cause la qualité de la formation dispensée aux étudiants dont les parents consentent de grands sacrifices financiers en payant les études qu'ils poursuivent dans les établissements d'enseignement supérieur privé.
Et c'est la raison pour laquelle le ministère de l'Enseignement supérieur veut que l'admission d'étudiants en ingéniorat choisissant les universités privées se passe sous sa supervision.
En plus clair, les étudiants-ingénieurs optant pour l'enseignement supérieur privé doivent déposer leurs dossiers auprès du ministère de l'Enseignement supérieur. Et c'est ce dernier qui les dispatche auprès des établissements de l'enseignement supérieur privé en fonction des critères qu'il a déjà fixés.
Mardi dernier, Chiheb Bouden a présenté, lors d'un Conseil ministériel, son approche en mettant l'accent sur les principaux problèmes dont souffre le secteur de l'enseignement supérieur privé.
440 enseignants permanents
Il apparaît, d'après le document sur lequel Chiheb Bouden fonde ses propositions, que le nombre des enseignants permanents dans le secteur s'élève à 440, soit 15% de l'ensemble des enseignants.
Sur les enseignants permanents, 15% seulement sont des docteurs, alors que le reste ont des diplômes de magistère ou de maîtrise.
D'autre part, le nombre des enseignants vacataires s'élève à 2.598 dont la majorité exerce dans l'enseignement supérieur public.
Il en résulte, selon le document en question, que l'encadrement a besoin d'être révisé et que le rendement scientifique et pédagogique est faible.
Et les explications montrent qu'il «n'existe pas de système d'évaluation de la qualité de la formation au sein des établissements de l'enseignement privé. En outre, les conditions d'admission dans ces établissements ne sont pas conformes à ce qui est pratiqué dans le secteur public (concours, orientation, niveau minimum)».
Dans le même document, on découvre que «la plupart de ces établissements ne fournissent pas les équipements nécessaires aux travaux pratiques, que leurs espaces ne répondent pas aux exigences de la formation, en particulier dans le domaine des sciences d'ingéniorat».
Le document pointe un doigt accusateur vers les pratiques clientélistes auxquelles s'adonnent ces institutions. «Des notes exagérées, plusieurs sessions de rattrapage et des moyennes gonflées, ce qui défavorise les étudiants du secteur public lors du recrutement».
On y découvre également que «la capacité d'accueil est largement dépassée (spécialités médicales) et que les étudiants ayant de basses moyennes y sont inscrits».
Autrement dit, les établissements privés d'enseignement supérieur cherchent en priorité le gain facile et n'accordent aucune importance à l'adaptation de la formation aux besoins du marché de l'emploi».
Des attaques gratuites
Mais que répondent les institutions de l'enseignement privé aux dispositions contenues dans le rapport du ministre?
Selon un document de trois pages dont une copie est parvenue à La Presse, les promoteurs de l'enseignement supérieur privé expriment leur étonnement de voir «le ministre épouser certains thèses répercutées par les syndicalistes opposés à l'enseignement supérieur privé qui se sont juré publiquement de le faire tomber».
Ils réfutent les accusations qui leur sont portées de «courir derrière le gain facile, de ne pas respecter les conditions relatives aux équipements éducatifs nécessaires et de fermer l'œil sur la faiblesse en matière de formation».
«Ces accusations sont extrêmement graves. Il est inadmissible que le ministère prenne la décision d'imposer sa vision sans que les établissements privés de l'enseignement supérieur n'aient l'opportunité de faire valoir leur point de vue. Ces accusations sont adressées pêle-mêle aux 63 institutions exerçant dans le secteur.
Malheureusement, on oublie les acquis réalisés par nos institutions dans le domaine scientifique bien que ces acquis soient reconnus par des institutions universitaires de renommée dans le monde».
«Le ministère cherche à ce que les institutions privées de l'enseignement supérieur se transforment en institutions à but non lucratif, ce qui veut dire que les 63 institutions privées actuelles vont déclarer faillite tôt ou tard et que près de 500 enseignants universitaires permanents ainsi que des milliers d'agents administratifs vont se retrouver à la rue, outre les 30.000 étudiants inscrits qui vont perdre leur statut d'étudiants», rétorquent encore les promoteurs des universités privées.
Comment sortir de la crise et trouver les compromis qu'il faut ?
«Nous trouvons qu'il est positif que le rapport du ministre reconnaisse que le cadre juridique régissant l'enseignement supérieur privé doit être profondément révisé. Nous souscrivons à cette démarche. Seulement, nous exigeons que la réforme soit le résultat d'une action commune et à la suite d'une consultation à laquelle participent toutes les parties concernées.
Pour nous, s'il y a une réforme à entreprendre, elle doit concerner l'enseignement supérieur public et privé. Nous appelons, d'autre part, à la création d'une instance indépendante ayant le pouvoir décisionnel qui aura pour charge d'évaluer le système de l'enseignement supérieur dans sa totalité (public et privé)», précisent les responsables des universités privées.
Il est prévu qu'un nouveau conseil ministériel se tienne, mardi prochain, en vue de poursuivre l'examen de la note d'orientation présentée par le ministre de l'Enseignement supérieur.


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