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Analyse : La Tunisie du milieu III : quel système économique pour quelle économie sociale ?
Publié dans La Presse de Tunisie le 20 - 11 - 2019

Le libéralisme de Manchester était caractérisé par l'injustice sociale, par des salaires réels très bas et une concurrence qui n'était pas «régulée» par l'Etat.
D'un autre côté, les raisons du mal-fonctionnement des économies à planification centralisée apparaissent logiques: l'Etat, et non le marché, détermine le niveau de production et les prix d'offre. Les prix fonctionnent seulement comme unités de compte. Par conséquent ces prix —comparés avec les prix des marchés internationaux – sont des faux prix en termes absolus et en termes relatifs: ils ne révèlent pas les degrés de pénurie des biens et services. Ce qui conduit à la mauvaise allocation des ressources. «Ce qui manque aux planificateurs est la connaissance des données du marché».
Il y a plusieurs obstacles à la concurrence: l'administration des prix, le contrôle à l'accès aux marchés, les barrières douanières … Les entreprises publiques constituent aussi un obstacle à la concurrence.
Fondamentalement, dans une économie de marché, l'intérêt général est constitué par la somme des intérêts de toutes les entreprises. Chaque entreprise cherchant son propre profit, et partant, adopte une stratégie pour une allocation optimale des ressources.
L'entreprise publique, ne cherchant pas le profit, biaise la concurrence. Elle maintient des prix artificiellement bas, dans le but illusoire de participer à la maîtrise de l'inflation. L'administration des prix des entreprises publiques à des niveaux bas est souvent motivée par des raisons sociales distributives. Mais les effets sont normalement désavantageux, parce qu'en profitent aussi les agents à hauts revenus. Alors que, d'autre part, les salariés contribuent par l'imposition à la couverture du déficit public, qui résulte en partie du déficit des entreprises publiques.
Par ailleurs, plus le nombre des entreprises publiques est élevé, moins les mécanismes du marché fonctionnent. Le manque de flexibilité, leur incapacité à innover et à trouver des créneaux, fait que le processus de «la destruction créatrice» de la concurrence dynamique dans les marchés est atténué.
Par ailleurs, l'argument de la stabilisation du cycle conjoncturel ne peut pas être prouvé. Dans la plupart des cycles conjoncturels, dans divers pays, il semble que les investissements des entreprises publiques soient pro-cycliques plutôt que contra-cycliques. De sorte qu'en définitive, leur comportement en la matière contribue à accroître les fluctuations conjoncturelles. La stratégie de privatisation diffère d'un pays à l'autre, mais les buts sont toujours les mêmes :
la diminution du déficit budgétaire par les ventes des entreprises publiques,
plus de concurrence sur les marchés,
plus de marché et d'initiative privée et moins d'Etat (une diminution de la quote-part de l'Etat du PNB),
une plus haute efficacité économique (par rationalisation et innovation),
un «capitalisme du peuple» par la vente des actions d'entreprises privatisées aux individus,
restituer la propriété privée des moyens de production comme une part intégrale de l'ordre économique de l'économie de marché,
En principe, les différences résultent seulement de la résistance politique des groupes organisés (p.ex. de la part des syndicats), du degré de la privatisation (des secteurs et le pourcentage du capital d'apport retenu par l'Etat) et de la période de la privatisation.
En tout état de cause, l'Etat ne doit posséder des participations dans des entreprises économiques que si le but poursuivi ne peut pas être atteint d'une autre manière plus efficace.
En Tunisie, l'émergence d'entreprises publiques ne s'est pas faite dans le cadre d'une nationalisation classique: «elle résulte d'une défaillance du secteur privé au lendemain de l'indépendance, et, l'Etat s'est trouvé amené à investir pour pallier cette insuffisance». Le choix fondamental d'ouverture de l'économie impose aux entreprises la compétitivité. La question est de savoir comment atteindre cette compétitivité. La condition fondamentale se situe au niveau de la concurrence qui conditionne la restructuration.
L'inefficience qui caractérise en général les entreprises publiques trouve son origine dans les contraintes caractéristiques qui pèsent sur le secteur public :
Les dirigeants des entreprises publiques ne sont pas libres dans leurs décisions,
Les entreprises publiques sont délocalisées dans les régions,
Les contrôles, même a posteriori, sont stérilisants,
La rémunération du personnel est administrée.
Au niveau social, la privatisation a un coût. Mais il est immédiat et temporaire. En effet, à terme, l'objectif est le gain de productivité et la création de richesses et d'emplois effectivement productifs.
En termes d'opportunité et de coût sociaux, c'est l'inefficience qui a un coût social.. et non pas la privatisation qui réduit cette inefficience. Et s'il est question de «sécurité» de l'emploi, elle réside dans l'efficience. A court terme, au niveau de l'approche humaine, les pouvoirs publics ont fait du critère de la reprise des salariés, un critère prioritaire lors du dépouillement des offres d'achat, pour départager les soumissionnaires.
Les entreprises qui échappent à la privatisation? C'est le noyau dur du secteur public qui se compose d'entreprises opérant dans trois domaines: les ressources naturelles importantes tels que les minerais, le pétrole …, les monopoles naturels, les domaines à caractère capitalistique, qui exigent des capitaux dépassant les capacités du secteur privé. Pour l'ensemble de ces entreprises, l'Etat pratique la politique de l'assainissement.
Pour maximiser les avantages de la politique de privatisation pour le pays, il y a des préalables :
Créer un environnement politique de nature à encourager l'efficacité du secteur privé,
Renforcer le marché financier pour permettre la vente des entreprises publiques et le développement du capitalisme populaire,
Prendre en charge les conséquences négatives, (indemnités de licenciement, recyclage et réinsertion, crédits spéciaux..),
Organiser un débat public sur la vente d'actifs de l'Etat, et expliquer l'objectif des ventes.
La privatisation n'est pas un phénomène politique passager destiné à «s'estomper quand ses avocats les plus en vue quitteront la scène». C'est une étape nécessaire dans la recherche de l'efficience économique et la justice sociale.
A suivre : La Tunisie du milieu IV : quelle économie sociale pour quelle cohésion sociale ?


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